SpaceX entend procéder début décembre à un vol expérimental de son prototype de fusée Starship. Ce sera une première pour ce modèle de lanceur.

À vos agendas : SpaceX compte franchir un nouveau palier symbolique avec Starship en lui faisant réaliser un vol d’essai beaucoup plus ambitieux au début du mois de décembre. En effet, la prochaine fusée de l’entreprise américaine — qui est encore à l’état de prototype — doit réussir à atteindre l’altitude de 15 kilomètres la semaine prochaine. Jamais elle n’est allée aussi haut dans le ciel.

Ce mercredi 25 novembre, il a été annoncé que la mise à feu statique du prototype SN8 (pour Serial Number 8) s’est correctement déroulée. Cette étape permet de vérifier le bon comportement de la fusée avant un vrai tir. À cette occasion, Elon Musk, le fondateur de SpaceX, a partagé sur Twitter les quelques objectifs qui sont visés lors de ce vol — car il n’y a pas que l’altitude qui est en jeu.

Quatre points en particulier seront scrutés : le fonctionnement de trois moteurs pendant le vol ascensionnel, les ailerons sur la carlingue, la bascule entre les réservoirs et la manœuvre pour assurer un atterrissage contrôlé. Comme à son habitude, SpaceX prévoit en effet de faire revenir automatiquement sa fusée sur Terre, dans le cadre de sa stratégie de réemploi pour limiter les coûts d’exploitation.

Le modèle Starship le plus abouti à l’heure actuelle

Par rapport aux prototypes précédents, le SN8 est l’exemplaire qui se rapproche le plus de Starship, et même tout simplement d’une fusée normale, grâce à l’installation du « nez » de l’appareil à son sommet, c’est-à-dire un cône qui donne un profil aérodynamique à l’engin, et à l’ajout des ailerons latéraux, qui servent à stabiliser la trajectoire pendant la traversée des premiers kilomètres de l’atmosphère.

C’est aussi l’exemplaire qui ira le plus loin en altitude, car les précédents tests ont été bien plus modestes : le plafond n’a jamais excédé 150 mètres — trois vols sont recensés à cette hauteur : le premier en 2019, puis deux autres en août et septembre 2020, avec les SN5 et SN6. Le SN7 n’a pas volé : il servait à évaluer la résistance du réservoir face à une pression interne croissante, jusqu’à ses limites structurelles.

Starship. // Source : SpaceX

Ce « bond » à très haute altitude (même s’il ne permet pas de franchir la première couche de l’atmosphère, à savoir la troposphère, dont le plafond est à environ 50 km) était prévu depuis longtemps. Il était évoqué dès février, et régulièrement par la suite, mais la crise du coronavirus a évidemment contrarié les plans de SpaceX — sans parler des quelques ratés qui surviennent parfois lors d’essais.

À long terme, Starship est censé remplacer les fusées de SpaceX. Les performances de ce lanceur annoncent l’envoi de plus de 100 tonnes de charge utile en orbite terrestre basse ou 21 tonnes en orbite de transfert géostationnaire. SpaceX imagine s’en servir pour déployer des satellites, transporter des astronautes, faire du transport terrestre via des spatioports ou même viser la Lune et Mars.

Évidemment, on en est encore loin : Starship doit pour l’instant démontrer qu’il peut déjà se rapprocher d’un cinquième de la distance qui sépare le plancher des vaches de l’espace. En effet, il est considéré par convention que la zone extra-atmosphérique démarre à 100 km d’altitude, même si les Américains, pour des raisons historiques, la fixe plutôt à 80 km. Mais il y a un début à tout.

Article publié initialement le 25 novembre 2020 et mis à jour le 08 septembre 2021

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