Les astronautes américains qui seront à bord de l'ISS le jour de l'élection présidentielle américaine pourront exercer leur devoir citoyen : la NASA leur donnera un moyen de voter depuis l'espace.

C’est le 3 novembre qu’aura lieu l’élection présidentielle américaine et celle-ci paraît ne ressembler à aucune autre, tant le pays est divisé. Mais ce suffrage sera marqué aussi par une autre particularité : les astronautes américains qui se trouveront à bord de la Station spatiale internationale (ISS) lors du scrutin seront en mesure de transmettre leur vote, quand bien même ils se trouveront à 400 kilomètres d’altitude.

C’est l’astronaute américaine Shannon Walker, qui doit embarquer fin octobre dans une navette spatiale affrétée par SpaceX, qui a révélé ce projet, au cours d’une conférence de presse le 29 septembre. « Nous avons tous l’intention de voter depuis l’espace », a-t-elle indiqué. Quatre Américains seront dans l’espace le 3 novembre : Kathleen Rubins, Victor Glover, Michael Hopkins et Shannon Walker.

En effet, Kate Rubins doit rejoindre l’ISS à la mi-octobre lors de l’expédition 63/64, via la mission Soyouz MS-17. Les trois autres prendront place à bord de la capsule Crew Dragon de SpaceX, installée en haut de la fusée Falcon 9 (avec eux se trouvera aussi un astronaute japonais, Soichi Noguchi). Leur départ est planifié pour le 31 octobre. Ils seront entrés dans l’ISS début novembre, le temps de faire le voyage.

Bien que très atypique, le vote depuis l’espace n’est pas une nouveauté. Kathleen Rubins avait déjà pu accomplir son devoir civique en 2016 lors de la précédente élection. D’autres avant elle ont pu également exprimer leur choix politique. Et la NASA entend bien conserver ce dispositif pour les années à venir, y compris lorsque ses astronautes seront un jour sur la Lune, sur Mars ou ailleurs dans le Système solaire.

Juridiquement, tout a été réglé en 1997 lorsque le Texas a fait passer une loi autorisant une telle participation extra-atmosphérique. Pourquoi cet État fédéré en particulier ? Parce que c’est là que se trouve le centre spatial Lyndon B. Johnson, qui est l’une des principales emprises de la NASA. Ce centre se trouve à Houston, la plus grande ville texane. C’est dans ce centre que les astronautes s’entraînent.

NASA astronaute vote
Les astronautes américains annoncent qu’ils voteront en 2020 pour l’élection présidentielle du 3 novembre. // Source : NASA

Comment se déroule le vote depuis l’espace ?

Concrètement, comment cela se passe-t-il ? Les astronautes doivent d’abord remplir un bulletin fédéral (celui du Texas) avant leur départ dans l’espace, explique la NASA. C’est la même démarche que pour le personnel militaire et leur famille quand ils sont déployés hors du pays. Cela permet de signaler à l’administration le souhait des astronautes de prendre part au scrutin.

Bien sûr, les astronautes ont la possibilité de se déclarer résidents d’un autre État fédéré, mais en règle générale c’est le Texas qui est choisi, car la formation d’astronaute nécessite de toute façon de rester à Houston pendant un long moment — en outre, tous les comtés des autres États fédérés n’ont peut-être pas pris les dispositions adéquates pour effectuer un vote depuis l’espace.

Si le bulletin est approuvé, alors le vote par correspondance pourra être effectué. Dans les faits, il y a d’abord un essai pour voir si tout semble fonctionner. En présence du greffier du comté, un bulletin de test électronique est envoyé jusqu’au centre Lyndon B. Johnson, puis le message est ensuite transmis à un ordinateur d’entraînement à bord de l’ISS pour voir si le bulletin peut être rempli et renvoyé.

Centre de contrôle de mission
Un aperçu du centre de contrôle de mission. // Source : NASA Johnson

Sauf si un pépin survient, alors le véritable envoi peut ensuite survenir, selon la même procédure. La transmission se fait via un courrier électronique, émis par le greffier, avec à l’intérieur les références spécifiques pour chaque astronaute. Ces éléments permettent à l’intéressé d’accéder au bulletin de vote sécurisé, précise l’agence spatiale internationale, et éviter qu’un tiers ne vote à sa place.

C’est là que l’astronaute peut voter. Une fois le choix fait, le système resécurise le bulletin et le renvoie sur Terre, jusqu’au bureau du greffier, par e-mail. Celui-ci dispose alors d’un mot de passe pour pouvoir ouvrir le bulletin et savoir à qui attribuer le vote. Seule contrainte d’organisation pour les astronautes : s’ils sont enregistrés comme résidents du Texas, il leur faut renvoyer le bulletin avant 19 heures, heure locale.

Reste une question : Thomas Pesquet pourrait-il faire la même chose, pour un scrutin en France ? L’intéressé doit en effet retourner sur l’ISS en 2021, a priori pour une mission de six mois. Or en 2021 et 2022, plusieurs scrutins sont prévus : les départementales en mars, en même temps que les régionales, puis, un an plus tard, la présidentielle en avril, suivie des législatives en juin.

Pour répondre à cette question, il faudrait connaître son jour de départ et la durée exacte du séjour : car s’il décolle en juin 2021 et reste six mois dans l’ISS, il reviendrait sur Terre en décembre et ne manquerait alors aucun suffrage. Le plus simple reste toutefois le vote par procuration, d’autant que la période maximum pour une procuration est de 1 an. C’est bien suffisant pour pallier les principaux cas de figure.

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