Une hygiène telle que respectée lors de cette crise pourrait aussi limiter la diffusion des autres maladies contagieuses si on garde ces bonnes habitudes.

Il ne fait plus aucun doute que la pandémie Covid-19 va avoir un impact profond. Que ce soit un changement à court terme ou une métamorphose profonde de la société, il est peut-être encore un peu tôt pour anticiper les contours exacts d’un « monde d’après ». Mais il y a des indices quant à l’avenir, entre autres, de notre rapport à la santé. Une étude scientifique japonaise récente — l’une des premières en son genre pour l’instant — constate que la pandémie a modifié l’intensité de la grippe saisonnière dans le pays.

Les scientifiques japonnais relèvent en effet que la grippe saisonnière est moins présente cet hiver 2020 à l’échelle du pays qu’à la même époque, chaque année depuis 2014. Alors qu’en temps normal 24,9 % des 15-54 ans et 11,7 % des plus de 55 ans étaient atteints de la grippe saisonnière, ce sont 23,4 % pour le premier groupe et 7,7 % pour le second qui ont été atteints par la vague 2020 de grippe saisonnière. Ce phénomène n’est pas restreint au Japon puisque le Centre européen de prévention et contrôle des maladies a relevé aussi une baisse de la détection des cas de grippe.

Il faut faire attention à ne pas surinterpréter cette baisse. Dans cette période de crise sanitaire, une bonne partie de la population évite de prendre rendez-vous chez le médecin, par crainte de déranger ou crainte de prendre un risque. De fait, il y a donc probablement et tout simplement des cas qui ne sont pas détectés alors qu’ils existent bel et bien. Cela étant, l’universitaire Harmony Otete Omeife estime dans The Conversation que le changement dans les pratiques d’hygiène a un impact sur la diffusion des autres maladies contagieuses.

Se laver les mains très régulièrement pour éviter d’être infecté. // Source : Pixabay

Une meilleure hygiène

Harmony Otete Omeife liste plusieurs changements majeurs qu’impliquent le confinement et la distanciation physique. Le plus évident est qu’il y a un accroissement des pratiques d’hygiène, et plus précisément… une meilleure hygiène. Se laver les mains plus couramment, éternuer dans le bras et laver les mains ensuite, ne pas se faire la bise à tout va… voilà autant de gestes barrière très efficaces dans le cadre de cette pandémie, mais pas seulement.

«  Comme Covid-19, la grippe est transmise à travers des gouttelettes de fluides provenant du nez ou de la bouche de quelqu’un de malade », écrit Harmony Otete Omeife. Et effectivement, des études scientifiques ont montré que les médicaments et les vaccins ne sont pas les seules « armes » contre les maladies contagieuses : les précautions physiques ont aussi un rôle à jouer.

Or, le lavage des mains n’est pas une pratique si répandue. L’autrice de l’article dans The Conversation est britannique, donc elle cite des éléments reliés au Royaume-Uni : un travail de recherche a montré que 32 % des hommes et 64 % des femmes se lavent les mains en sortant des toilettes, ce qui est peu. Le problème n’est pas que britannique, puisqu’en France, 55 % des personnes interrogées pour un sondage BVA indiquaient ne pas se laver les mains en rentrant des transports tout en ayant conscience que ces endroits sont un piège à microbes, et 12,5 ont reconnu ne pas se laver les mains en sortant des toilettes.

Au-delà de cette hygiène, il y a toutes les autres mesures de distanciation physique, comme le télétravail, des rassemblements collectifs limités, les voyages essentiels seulement. Pour Harmony Otete Omeife, mettre en place de telles mesures lors des périodes épidémiques hors-Covid-19 « pourrait réduire la transmission de maladies à grande échelle, et pourrait aussi limiter la transmission de la grippe si l’on se base sur nos connaissances en matière de diffusion des gouttelettes infectées ».

Crédit photo de la une : Pixabay

Partager sur les réseaux sociaux