Ce samedi 15 février 2020, l'astéroïde 2002 PZ39 est passé dans le voisinage de la Terre. Il ne fallait pas s'inquiéter d'un possible risque de collision avec notre planète. On vous explique pourquoi cet objet ne représentait pas un grand danger.

Un nouvel « astéroïde géant » était soi-disant sur le point de frôler la Terre en février. Cet objet était-il vraiment en train de foncer droit sur nous, comme on a pu le lire sur le web ? L’astéroïde, identifié sous le nom « 2002 PZ39 », s’est approché de notre planète ce samedi 15 février 2020 à midi (heure française). Mais il était inutile de s’inquiéter : il n’y avait en réalité pas de danger.

L’objet est classé parmi les astéroïdes géocroiseurs (« Near Earth Object ») par la Nasa. Cela signifie que son orbite autour du Soleil peut l’amener possiblement à proximité de notre planète. 2002 PZ39 a été observé pour la première fois en 1995. Selon le CNEOS, le centre spécialisé de la Nasa qui calcule les orbites futures des objets géocroiseurs, cet astéroïde s’est approché de la Terre le 15 février 2020.

En blanc, l’orbite de 2002 PZ39 dans le système solaire. // Source : Capture d’écran JPL Small-Body Database Browser

Néanmoins, il aurait été faux de dire que l’objet allait « frôler » notre planète. Il est passé en effet à une distance équivalente à 15,02 fois celle entre la Terre et la Lune (les deux astres sont séparés par 384  400 kilomètres). Cela correspond à 0,03860 unité astronomique, soit plus de 5 700 000 kilomètres.

Quand un astéroïde peut-il représenter un risque ?

« Techniquement, tant qu’il ne pénètre pas dans les hautes couches de l’atmosphère, il se contentera d’incurver sa trajectoire et continuera sa course dans l’espace », explique à Numerama Pierre Henriquet, médiateur scientifique au Planétarium de Vaulx-en-Velin, docteur en physique nucléaire et titulaire d’un diplôme universitaire en astronomie et astrophysique.

La taille ainsi que la composition d’un astéroïde sont à prendre en considération dans l’évaluation du risque qu’il peut représenter, y compris quand la trajectoire de l’objet peut laisser penser qu’une collision est possible. « Un petit astéroïde carboné dont l’essentiel va se vaporiser dans l’atmosphère ne sera pas aussi dangereux qu’un astéroïde métallique, dont seule la surface va être abrasée et dont l’essentiel de la masse va arriver au sol », poursuit le médiateur scientifique.

Peut-on vraiment classer les astéroïdes en fonction de leur dangerosité ? « Un astéroïde n’est pas ‘dangereux’ ou ‘pas dangereux’ dans l’absolu, il passe près de la Terre dans un certain couloir défini par l’incertitude de sa trajectoire. Si (tant que) la Terre est dans ce couloir d’incertitude, on garde un œil dessus et on fait de plus amples mesures pour avoir plus d’informations et réduire la taille de ces incertitudes. Une fois que la Terre n’est plus dedans, il n’est plus potentiellement dangereux », complète Pierre Henriquet. Il faut ensuite surveiller si son orbite pourrait le ramener à nouveau à proximité de la Terre (et adopter à nouveau la même approche si c’est le cas).

Une opportunité d’étudier l’histoire du système solaire

Le suivi des objets géocroiseurs est intéressant pour les scientifiques, car les comètes et astéroïdes entrant dans cette catégorie sont des résidus de la formation du système solaire. Les étudier peut donner des indices sur la manière dont le système solaire s’est formé il y a environ 4,6 milliards d’années. On peut voir le rapprochement entre ces objets et la Terre comme une opportunité d’élargir nos connaissances scientifiques.

Le passage d’astéroïdes à proximité de la Terre est un événement moins rare que ce que l’on pourrait penser. Cette simulation montre ainsi les orbites de 80 astéroïdes qui ont tous pour point commun d’être passés à moins d’une distance lunaire de la Terre en 2019.

Crédit photo de la une : Pixabay (photo recadrée)

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