Les météores peuvent avoir différentes couleurs. Quels éléments déterminent s'ils apparaissent plutôt rougeâtres, orangés ou encore bleutés dans le ciel ?

Si vous avez déjà observé des étoiles filantes, comme les Orionides en octobre, vous avez pu voir ce qu’on appelle des météores. Ce mot désigne le phénomène lumineux provoqué par la chute d’un corps extraterrestre dans l’atmosphère. Ce phénomène peut prendre diverses couleurs, en fonction de plusieurs paramètres. Lesquels ?

« La couleur d’un météore témoigne des éléments présents à la surface du météroïde [ndlr : le nom donné au petit corps qui se déplace dans l’espace] mais aussi de la composition de l’atmosphère, puisque la boule de feu du météore, c’est aussi du gaz de l’atmosphère chauffé par le passage du météore », explique à Numerama Eric Chariot, président de la Société Astronomique de Bourgogne.

La couleur d’un météore, en fonction de sa composition chimique. // Source : AccuWeather

Une histoire de signature spectrale : qu’est-ce que c’est ?

La couleur des météores est liée à leur composition chimique. « Quand on chauffe un élément, quel qu’il soit, il émet de la lumière dans des couleurs qui lui sont propres », poursuit Eric Chariot. On parle de signature spectrale pour désigner ces rayonnements réfléchis. « Par exemple, si on saupoudre une pincée de sel au dessus d’une bougie, on verra les grains brûler avec une couleur orange, caractéristique du sodium (le sel est du chlorure de sodium) », indique le spécialiste.

Que se passe-t-il lorsqu’un météroïde traverse l’atmosphère ? Eric Chariot nous explique qu’« il s’échauffe à cause du frottement de l’air et ses éléments qui sont en surface se vaporisent (se transforment en gaz) et produisent de la lumière ».

La hauteur et la vitesse jouent aussi un rôle

La couleur d’un météore peut être influencée par d’autres paramètres. « La hauteur de désintégration dans l’atmosphère et la vitesse du météore jouent aussi car l’oxygène et l’azote dans l’atmosphère s’ionisent et brillent dans des couleurs vertes/rouges », complète Johan Richard, astronome à l’Observatoire de Lyon.

La couleur d’un météore dépend de plusieurs éléments. // Source : Pixabay (photo recadrée)

Les météores ne se désintègrent pas tous à la même hauteur. L’astronome nous explique que « cela dépend de leur taille, de leur vitesse mais aussi de leur inclinaison au moment de l’entrée dans l’atmosphère. Ils se désintègrent progressivement depuis les hautes altitudes et continuent de se désintégrer dans leur descente. » Une fois le matériau épuisé, la désintégration s’achève : le météore peut s’éteindre à des altitudes variées.

La couleur d’un météore ne suffit pas pour déterminer précisément sa composition, mais elle peut être une donnée utile. « La couleur même d’un météore ne donne que très approximativement sa composition, mais elle permet de distinguer les plus extrêmes », résume Johan Richard.

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