SpaceX a procédé ce lundi 24 juin au troisième vol de son lanceur lourd, le Falcon Heavy. Décrite comme très difficile par l'entreprise américaine, elle s'est néanmoins déroulée correctement, avec un décollage survenu vers 08h30, le 25 juin (heure française).

Mise à jour  : C’est pour l’instant un sans faute de la part de SpaceX : le troisième décollage du Falcon Heavy s’est passé sans encombre. Les deux boosters latéraux ont été récupérés lors de leur retour automatique au sol et les premiers déploiements de satellites ont eu lieu, un peu avant 9h du matin, heure française. La coiffe aussi a pu être récupérée Par contre, le premier étage n’a pas été récupéré : il a fini sa course en mer.

Quelle est la mission ?

Baptisée STP-2, pour Space Test Program 2, la mission consiste à mettre en orbite des satellites scientifiques. Mais contrairement aux autres missions du même type, il n’est pas question de simplement transporter deux ou trois engins. En tout, ce sont pas moins de 24 appareils qui vont être déployés tout autour de la Terre, à différentes altitudes et selon une séquence de libération millimétrée.

Dès lors, SpaceX juge que cette mission «  sera l’un des lancements les plus difficiles » de son histoire, avec quatre allumages différents de l’étage supérieur. Et aussi accessoirement l’une des plus longues, puisque la durée annoncée est de six heures.

Une fusée Falcon Heavy en vol. // Source : SpaceX

Pour réaliser ce vol, le lanceur qui est retenu est le Falcon Heavy. Ce sera le troisième vol du lanceur lourd et sa deuxième mission commerciale, après celle menée courant avril. Grâce à ses deux boosters latéraux, l’engin est capable de produire une poussée bien plus élevée, ce qui lui permet soit d’acheminer une charge utile plus lourde en orbite, soit d’envoyer une cargaison classique beaucoup plus loin.

L’entreprise a l’intention de récupérer les deux boosters latéraux (sur terre) et le premier étage (sur mer). Si elle y parvient, ce sera une première : en effet, lors de la mission Arabsat-6A en avril, on a cru au départ que les trois boosters avaient été récupérés. Hélas, la partie centrale a finalement été perdue en mer. À noter, d’ailleurs, que les deux boosters utilisés pour STP-2 sont ceux employés pour Arabsat-6A.

Falcon Heavy SpaceX
Vue sur les moteurs-fusées du Falcon Heavy. // Source : SpaceX

Concernant les satellites, il s’agit essentiellement de conduire à des expérimentations. Le satellite DSX, par exemple, effectuera des mesures sur le rayonnement alentour au niveau de l’orbite terrestre moyenne. Cosmic-2, lui, va recueillir des données d’occultation radio en mesurant les changements dans un signal radio lorsqu’il est réfracté dans l’atmosphère, ce qui permet de déterminer sa température et son humidité.

Cinq autres satellites sont présentés par SpaceX sur une page dédiée :

  • Il y a GPIM, qui vise creuser la piste d’une alternative « verte » aux systèmes de propulsion classiques des engins spatiaux ;
  • Oculus, pour améliorer la prise d’information sur les satellites depuis le sol ;
  • OTB, qui inclut notamment un démonstrateur d’horloge atomique pour la navigation spatiale ;
  • NPSat, qui s’intéresse à la météorologie spatiale (comme les structures de densité d’électrons ionosphériques qui causent des scintillations radioélectriques ayant une incidence sur les communications et la navigation) ;
  • et Prox-1, qui se consacre aux opérations de proximité par satellite et de rendez-vous spatial.
Falcon Heavy boosters
Zone d’atterrissage des boosters latéraux du Falcon Heavy. // Source : SpaceX

Et les autres ? Ce sont des cubesats, des satellites miniatures. Ils se répartissent en cinq programmes : E-TBEx, Launch Environment Observer (LEO) & StangSat, PSAT, TEPCE et LightSail 2. Les satellites E-TBEX travailleront avec ceux du programme Cosmic-2, tandis que PSAT se veut un relais de données radioamateurs et LightSail 2 ambitionne de tester la navigation spatiale par voile solaire.

LEO & StangSat visent à mesurer les environnements thermiques et vibratoires pendant le lancement et tester la transmission de données en Wi-Fi entre 2 cubesats séparés. Quant à TEPCE, il s’agit de vérifier la faisabilité de l’utilisation de la propulsion électrodynamique en déployant un câble d’ancrage électriquement conducteur de 1 km, en effectuant des manœuvres de changement d’orbite sans consommer de carburant.

Heure du lancement

La fenêtre de tir était annoncée à 23h30 le 24 juin 2019, depuis la Floride (complexe de lancement 39 du centre spatial Kennedy). Compte tenu du décalage horaire avec la France métropolitaine, il sera 05h30 du matin à l’ouverture de la fenêtre le mardi 25 juin 2019, au moment du décompte final.

Cependant, pour ce lancement important, SpaceX préfère prendre toutes les précautions et a décalé son lancement à 8h30, heure de Paris — la fin de sa fenêtre de tir. Chance pour les Françaises et les Français qui pouvaient le voir en direct !

Comment suivre le lancement en direct

Le lancement était retransmis sur le site officiel de SpaceX et sur sa chaîne YouTube. Vous pouviez suivre l’évènement avec la vidéo intégrée ci-dessous.

Crédit photo de la une : SpaceX

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