Une pluie d'étoiles filantes est à observer en ce moment : le pic d'activité des Géminides est prévu dans la nuit du 13 au 14 décembre 2020. Comment voir cet essaim météoritique ? D'où vient-il ? Voici comment profiter du spectacle.

Cette année, les conditions devraient être idéales pour observer un bel essaim d’étoiles filantes : après les Léonides en novembre, ce sont les Géminides qui vont faire leur apparition dans le ciel. Elles sont généralement actives du 4 au 17 décembre, avec un pic d’activité en milieu de mois.

D’où vient cet essaim ? Où et quand sera-t-il visible dans le ciel ? Comment le repérer ? Voici les réponses à ces questions.

Comment les observer ?

Cette pluie d’étoiles filantes devrait être visible depuis l’hémisphère nord de la Terre, puis moins nettement en descendant vers l’hémisphère sud. Dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 décembre 2020, c’est dans un ciel sans Lune que les Géminides seront observables (si la météo le permet, évidemment), indique la Nasa.

Radiant des Géminides, vu de Paris, dans la nuit du 13 au 14 décembre 2020. // Source : Capture d’écran The Sky Live, annotations Numerama

Habituellement, « la principale difficulté d’observation des Géminides vient de la météo », selon les indications de Jean-Luc Dauvergne de l’Association Française d’Astronomie. Les basses températures et le risque de pluie, plus fréquents en décembre, peuvent compromettre l’observation. Cette année, la Lune ne fait pas partie des éléments perturbateurs, puisque la nouvelle Lune a lieu le 14 décembre. Ainsi, l’astre devrait assez peu gêner la visibilité des météores les moins brillants.

Comme d’habitude avec les étoiles filantes, le radiant des Géminides (le point de la sphère céleste d’où l’essaim semble émerger) est un repère pour les observer, mais vous pouvez espérer voir des étoiles filantes à d’autres endroits dans le ciel.

Une astuce pour trouver le radiant des Géminides (en orange). // Source : Capture d’écran Google Sky, annotations Numerama&ie

Les Géminides semblent émerger de la constellation des Gémeaux. Elle se repère en utilisant une autre constellation bien connue : la Grande Ourse. Grâce à cette « grande casserole », il est possible de trouver Castor et Pollux, les deux étoiles « jumelles » de la constellation. Il faut regarder la distance entre les étoiles Megrez et Mérak dans la Grande Ourse. Si l’on pouvait tracer une ligne imaginaire entre ces deux étoiles, qui continuerait du côté opposé au manche de la casserole, elle mènerait tout droit vers Castor, une étoile à la teinte orangée. Pollux se trouve juste en dessous.

Les Géminides évoluent à une vitesse de 35 kilomètres par seconde, précise la Nasa. Les météores observées peuvent donner l’impression de se déplacer vers l’étoile Castor, peu importe l’endroit où elles apparaissent. Au fur et à mesure que la nuit avance, les étoiles filantes deviennent plus rapides et courtes. Pourquoi ? La Terre se déplace pendant la nuit : elle se tourne vers la constellation des Gémeaux et les météores arrivent plus directement vers l’atmosphère terrestre. En réalité, les météores des Géminides arrivent tous à la même vitesse : c’est notre perception qui déforme cette réalité.

D’où viennent les Géminides ?

L’origine des Géminides semble provenir de l’astéroïde Phaéton, dont l’étrange couleur bleue passionne les scientifiques. Son nom n’est pas un hasard : il est baptisé comme le fils du dieu du soleil Hélios (dans la mythologie grecque) en raison de son orbite proche du Soleil.

Observée depuis plus de 30 ans, l’orbite de Phaéton commence à être bien connue des humains (on l’estime aujourd’hui avec une marge d’erreur de 40 kilomètres). Peu après la découverte de l’astéroïde en 1983, le lien avec la pluie annuelle des Géminides, observée depuis 1861, a été établi.

L’astéroïde Phaéton semble être à l’origine des Géminides. // Source : Capture d’écran Meteors Showers

Phaéton est un astéroïde Apollon, ce qui signifie que sa trajectoire coupe l’orbite de la Terre. Comme l’explique l’International Meteor Organization (IMO), le comportement de Phaéton semble parfois plus proche de celui d’une comète : il « éjecte de la poussière en se rapprochant du soleil. » Si nous pouvons observer l’essaim de météores que Phaéton laisse dans son sillage aux alentours du 14 décembre, c’est parce que la Terre est alors proche de l’orbite de l’astéroïde.

Autre fait notable : l’activité de l’astéroïde est asymétrique. Cela signifie que nous observons son activité croitre lentement jusqu’au 14 décembre, avant qu’elle ne chute plus rapidement ensuite. Autrement dit, mieux vaut tenter d’observer les Géminides la nuit du 14 décembre et les précédentes, plutôt que les suivantes.

Vous avez désormais toutes les clés en main pour voir les Géminides en décembre 2020. Bonne observation !

Article publié initialement le 13 décembre 2018 et mis à jour le 12 décembre 2020

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