La France pourra observer une pluie d'étoiles filantes les 13 et 14 décembre 2018. Comment voir les Géminides dans le ciel et d'où vient ce phénomène ? Voici comment profiter du spectacle.

Avez-vous déjà observé une pluie d’étoiles filantes ? Les 13 et 14 décembre prochain, vous pourrez saisir une nouvelle occasion d’en voir : comme chaque année, les Géminides vont faire leur apparition dans le ciel.

De quoi s’agit-il exactement ? D’où vient cet essaim de météores ? Où et quand sera-t-il visible dans le ciel ? Comment le repérer ? Voici les réponses à ces questions.

Une visualisation des Géminides. // Source : Capture d’écran Meteor Showers

Comment les observer ?

Cette pluie d’étoiles filantes sera particulièrement visible depuis l’hémisphère nord de la Terre, puis moins nettement en descendant vers l’hémisphère sud. La France pourra assister au spectacle des 13 et 14 décembre, à une condition : qu’il ne soit pas obscurci par les nuages.

« La principale difficulté d’observation des Géminides viendra de la météo », nous confirme Jean-Luc Dauvergne de l’Association Française d’Astronomie. Les basses températures et le risque de pluie, plus fréquents en décembre, risquent également de déranger.

Une pluie d’une quinzaine de minutes

Pourtant, c’est en décembre que cette pluie d’étoiles filantes est la plus saisissante : elles sont visibles toute la nuit (depuis l’hémisphère nord). « Vous pouvez commencer l’observation en première partie de nuit, mais les Géminides seront encore plus visibles en deuxième partie de nuit », nous précise Jean-Luc Dauvergne.

Vous pourrez ranger ce télescope en cas de nuages ou de pluie. // Source : Flickr/CC/Jose Camoes Silva (photo recadrée)

Une fois que vous aurez levé les yeux, vous pourrez regarder le ciel dans son intégralité. Essayez de vous installer dos à la Lune si vous le pouvez : cela permettra à vos yeux de s’habituer à l’obscurité. Soyez patient.e.s : certaines périodes seront creuses, mais d’autres pourront vous permettre de voir des étoiles filantes tomber pendant une quinzaine de minutes d’affilée, si l’on en croit l’IMO.

Vous pouvez aussi chercher la constellation des Gémeaux pour observer les Géminides. Pour la repérer, il est conseillé de se servir d’une autre constellation bien connue : la Grande Ourse. Commencez par chercher cette « grande casserole » : grâce à elle, vous allez pouvoir repérer Castor et Pollux, les deux étoiles « jumelles » de la constellation.

Comment chercher la constellation des Gémeaux

Pour cela, vous devrez regarder la distance entre les étoiles Megrez et Mérak dans la Grande Ourse, en vous aidant par exemple du schéma ci-contre. Tracez une ligne imaginaire entre ces deux étoiles et imaginez qu’elle se poursuit du côté opposé au manche de la casserole. Prolongez la distance entre les 2 étoiles 5 fois, et vous devriez tomber sur Castor, une étoile à la teinte orangée. Pollux se trouve juste en dessous. Vous avez trouvé la constellation des Gémeaux.

La position des constellations de la Grande Ourse et des Gémeaux. // Source : Capture d’écran Google Sky

Vous verrez alors que les météores observées se déplaceront en direction de l’étoile Castor, peu importe l’endroit où vous les voyez apparaitre. Lors de votre observation, vous constaterez enfin que les essaims de météores bougent lentement et sont longs. Au fur et à mesure que la nuit avancera, vous devriez voir que les étoiles filantes sont plus rapides et courtes.

Ce phénomène s’explique par le fait que la Terre se déplace pendant la nuit : elle se tourne vers la constellation des Gémeaux et les météores arrivent plus directement vers l’atmosphère terrestre. En réalité, les météores des Géminides arrivent toutes à la même vitesse : c’est notre perception qui déforme cette réalité.

D’où viennent les Géminides ?

L’origine des Géminides semble parvenir de l’astéroïde Phaéton, dont l’étrange couleur bleue passionne les scientifiques. Son nom n’est pas un hasard : il est baptisé comme le fils du dieu du soleil Hélios (dans la mythologie grecque) en raison de son orbite proche du Soleil.

Observée depuis plus de 30 ans, l’orbite de Phaéton commence à être bien connue des humains (on l’estime aujourd’hui avec une marge d’erreur de 40 km). Peu après la découverte de l’astéroïde en 1983, le lien avec la pluie annuelle des Géminides, observée depuis 1861, a été établi.

L’étrange astéroïde bleu Phaethon. // Source : University of Arizona / Heather Roper

Phaéton est un astéroïde Apollon, ce qui signifie que sa trajectoire coupe l’orbite de la Terre. Comme l’explique l’International Meteor Organization (IMO), le comportement de Phaéton semble parfois plus proche de celui d’une comète : il « éjecte de la poussière en se rapprochant du soleil. »

Si nous pouvons observer l’essaim de météores que Phaéton laisse dans son sillage aux alentours du 14 décembre, c’est parce que la Terre est alors proche de l’orbite de l’astéroïde.

Un astéroïde à l’activité asymétrique

Autre fait notable : l’activité de l’astéroïde est asymétrique. Cela signifie que nous observons son activité croitre lentement jusqu’au 14 décembre, avant qu’elle ne chute plus rapidement ensuite. Autrement dit, mieux vaut tenter d’observer les Géminides la nuit du 14 décembre et les précédentes, plutôt que les suivantes.

Pour mieux vous représenter la position des Géminides dans le système solaire ou depuis la Terre, vous pouvez utiliser cette visualisation en 3 dimensions de Meteor Showers (fondée sur les données de la Nasa).

Vous avez désormais toutes les clés en main pour observer les étoiles filantes le 14 décembre — et le soir précédent pour les plus motivé.e.s.

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