La France pourra observer une pluie d'étoiles filantes les 14 et 15 décembre 2019. Comment voir les Géminides dans le ciel et d'où vient ce phénomène ? Voici comment profiter du spectacle.

Avez-vous déjà observé une pluie d’étoiles filantes ? Les 14 et 15 décembre 2019, vous pourrez saisir une nouvelle occasion d’en voir : après les Léonides en novembre, ce sont les Géminides vont faire leur apparition dans le ciel. C’est l’un des essaims les plus beaux et fiables que l’on peut apercevoir dans l’année, selon la Nasa.

D’où vient cet essaim ? Où et quand sera-t-il visible dans le ciel ? Comment le repérer ? Voici les réponses à ces questions.

Comment les observer ?

Cette pluie d’étoiles filantes devrait être visible depuis l’hémisphère nord de la Terre, puis moins nettement en descendant vers l’hémisphère sud. La France pourra assister au spectacle des 14 et 15 décembre, à plusieurs conditions : qu’il ne soit ni obscurci par les nuages, ni trop éclairé par la Lune.

Le radiant des Géminides et la Lune, le 14 décembre 2019, vu de Paris. // Source : Capture d’écran The Sky Live, annotations Numerama&ie

Habituellement, « la principale difficulté d’observation des Géminides vient de la météo », comme nous indiquait l’année dernière Jean-Luc Dauvergne de l’Association Française d’Astronomie. Les basses températures et le risque de pluie, plus fréquents en décembre, peuvent compromettre l’observation. Cette année, la Lune est un autre élément perturbateur : la pleine lune a eu lieu le 12 décembre, ce qui signifie qu’une grande partie de sa face visible sera encore illuminée les 14 et 15 décembre. Sa luminosité risque d’éclipser l’essaim, car l’astre est juste à côté du radiant des Géminides (c’est-à-dire de l’endroit du ciel dont semble émaner l’essaim).

Heureusement, il existe des astuces pour regarder les Géminides sans que la Lune gâche le spectacle. L’une d’elles consiste à trouver dans votre environnement un élément qui pourra cacher la Lune, comme une sorte de barrière bloquant la lumière, explique Forbes. Un mur ou un arbre peut faire l’affaire. Plus cet élément cachera la lumière émise par la Lune, tout en vous laissant voir la plus grande étendue de ciel nocturne possible, mieux ce sera.

Un autre conseil est de chercher à voir les Géminides juste après le coucher du Soleil (à 16h52 ce 14 décembre) et juste avant le lever de la Lune (à 19h13). Enfin, une autre astuce peut-être de regarder dans la direction opposée à la Lune. Le radiant des Géminides est un repère mais vous pouvez espérer voir des étoiles filantes à d’autres endroits dans le ciel.

Une astuce pour trouver le radiant des Géminides (en orange). // Source : Capture d’écran Google Sky, annotations Numerama&ie

Les Géminides semblent émerger de la constellation des Gémeaux. Elle se repère en utilisant une autre constellation bien connue : la Grande Ourse. Grâce à cette « grande casserole », il est possible de trouver Castor et Pollux, les deux étoiles « jumelles » de la constellation. Il faut regarder la distance entre les étoiles Megrez et Mérak dans la Grande Ourse. Si on pouvait tracer une ligne imaginaire entre ces deux étoiles, qui continuerait du côté opposé au manche de la casserole, elle mènerait tout droit vers Castor, une étoile à la teinte orangée. Pollux se trouve juste en dessous.

Les météores observées peuvent donner l’impression de se déplacer vers l’étoile Castor, peu importe l’endroit où elles apparaissent. Les essaims de météores bougent lentement et sont longs. Au fur et à mesure que la nuit avance, les étoiles filantes sont plus rapides et courtes. Pourquoi ? La Terre se déplace pendant la nuit : elle se tourne vers la constellation des Gémeaux et les météores arrivent plus directement vers l’atmosphère terrestre. En réalité, les météores des Géminides arrivent toutes à la même vitesse : c’est notre perception qui déforme cette réalité.

D’où viennent les Géminides ?

L’origine des Géminides semble parvenir de l’astéroïde Phaéton, dont l’étrange couleur bleue passionne les scientifiques. Son nom n’est pas un hasard : il est baptisé comme le fils du dieu du soleil Hélios (dans la mythologie grecque) en raison de son orbite proche du Soleil.

Observée depuis plus de 30 ans, l’orbite de Phaéton commence à être bien connue des humains (on l’estime aujourd’hui avec une marge d’erreur de 40 km). Peu après la découverte de l’astéroïde en 1983, le lien avec la pluie annuelle des Géminides, observée depuis 1861, a été établi.

L’astéroïde Phatéon semble être à l’origine des Géminides. // Source : Capture d’écran Meteors Showers

Phaéton est un astéroïde Apollon, ce qui signifie que sa trajectoire coupe l’orbite de la Terre. Comme l’explique l’International Meteor Organization (IMO), le comportement de Phaéton semble parfois plus proche de celui d’une comète : il « éjecte de la poussière en se rapprochant du soleil. » Si nous pouvons observer l’essaim de météores que Phaéton laisse dans son sillage aux alentours du 14 décembre, c’est parce que la Terre est alors proche de l’orbite de l’astéroïde.

Autre fait notable : l’activité de l’astéroïde est asymétrique. Cela signifie que nous observons son activité croitre lentement jusqu’au 14 décembre, avant qu’elle ne chute plus rapidement ensuite. Autrement dit, mieux vaut tenter d’observer les Géminides la nuit du 14 décembre et les précédentes, plutôt que les suivantes.

Vous avez désormais toutes les clés en main pour observer les étoiles filantes le soir du 14 décembre.

Article publié initialement le 13 décembre 2018

Crédit photo de la une : Flickr/CC/Paul Balfe (photo recadrée)

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