Les plans sur l’avenir de la Station spatiale internationale sont toujours incertains. L’ISS est censée partir à la retraite d’ici 2030 et finir dans l’océan Pacifique. Mais une telle opération pourrait avoir des conséquences sur l’écosystème marin. Alors, comment faire ?

Inexorablement, la fin de la Station spatiale internationale (ISS) approche. Malgré quelques incertitudes sur la date exacte, le début de la décennie 2030 devrait voir la disparition de ce laboratoire qui orbite autour de la Terre depuis des décennies et qui a vu passer des centaines d’astronautes entre ses différents modules.

Vieillissante, coûteuse, subissant des baisses de performance et même des fuites à répétition, l’ISS sera bientôt détruite, et sans doute remplacée, au moins en partie, par des stations privées multiples. Mais comment se déroulera exactement cette « exécution » ?

Des préoccupations environnementales survolées par le spatial

Dans les plans actuels de la Nasa, il s’agit de commencer à faire perdre de l’altitude à l’ISS à partir de 2028, puis d’ici 2029 au plus tôt, commencer à la faire descendre davantage jusqu’à ce qu’elle tombe dans l’océan, en grande partie détruite dans l’atmosphère terrestre. Mais comme le raconte le site Space, cette solution ne plaît pas aux associations environnementales chargées de la protection de l’océan.

C’est notamment le cas de l’Ocean Foundation qui explique que le plan actuel « soulève de nombreuses préoccupations sur la santé des océans, ce que la communauté du spatial n’a pas suffisamment abordé. »

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Illustration du Point Nemo. Source : Wikipédia

Il faut dire que pour ce qui est de la fin de l’ISS, la Nasa s’est avant tout focalisée sur d’autres questions, comme la manière dont se jouera la transition avec les stations privées, et pas sur l’aspect environnemental qui va avec. Si des préoccupations environnementales ont été prises en compte, elles sont davantage en rapport avec les humains qu’avec les océans.

Il a ainsi été décidé de faire tomber l’ISS de manière contrôlée dans le Pacifique Sud. Elle commencerait à se désagréger en entrant dans l’atmosphère, et certains de ses composants seraient carbonisés, tandis que le reste de l’engin finirait au Point Nemo, une zone connue pour être la plus éloignée de toute terre émergée.

Un plan moins mauvais que d’autres

Ici, à 2 688 kilomètres de l’Île de Pâques, des îles Pitcairn et de l’Antarctique, même si des morceaux de l’ISS sont déviés de la trajectoire, il n’y a aucun risque qu’ils atteignent des habitations. C’est ce qui a poussé à faire tomber la station ici.

Et c’est justement ce que déplore l’Ocean Foundation : les océans ne bénéficient pas d’un système de protection comparable, et si la Nasa a choisi cet endroit, c’est parce qu’elle n’a pas d’obligation légale de nettoyer derrière elle. La fondation ajoute : « L’océan et les créatures qui y vivent méritent la même protection que le droit international accorde aux territoires nationaux. »

La fondation demande donc un plan prévisionnel d’impact environnemental, pour ce qui sera la plus grande réentrée atmosphérique jamais réalisée dans l’histoire. En attendant, la Nasa se retrouve un peu dans l’impasse car il existe peu de solutions de rechange.

iss station spatiale internationale
Source : NASA Johnson

Étant donné que l’ISS s’est bâtie petit à petit, avec des ajouts successifs, elle n’est pas conçue pour être démantelée, ce qui aurait pour effet de libérer de nombreux débris et de potentiellement détruire prématurément la station. Au vu de son poids et de sa taille, il est également impossible de la relever pour la laisser sur une orbite cimetière plus en altitude. 

Enfin, une disparition totale dans l’atmosphère paraît improbable tant les différents segments sont massifs. Certains seraient carbonisés, mais une grosse partie retomberait sur Terre dans tous les cas. Dans ces conditions, le Point Nemo peut apparaître comme la solution la plus raisonnable car il évite tout risque de voir des dégâts sur des zones habitées, mais on ignore à quel point les océans seront affectés par cet événement.

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