Qui veut aller loin, ménage sa monture. Et qui veut espérer se rendre sur Mars devra sans doute compter sur un propulseur électromagnétique au lithium, afin de réduire drastiquement le temps de voyage. C’est dans cette direction que s’oriente la NASA, justement, avec des progrès significatifs qui ont été obtenus ces derniers temps.
L’agence spatiale américaine vient d’en donner une illustration notable. Le 10 août 2026, le compte officiel de son centre spatial Marshall — qui est spécialisé historiquement dans la propulsion — a partagé son enthousiasme sur X (ex-Twitter) en évoquant « un pas de géant vers Mars », avant de glisser deux photos à l’aspect très futuriste.
En l’espèce, le message met en avant l’achèvement des tests menés sur un moteur particulier (un propulseur dit magnétoplasmadynamique, MPD). Ce prototype a été testé au Jet Propulsion Laboratory, littéralement le laboratoire de recherche sur la propulsion par réaction. Cela fait déjà des mois que le JPL a cet engin entre les mains.
Du lithium transformé en plasma rouge vif
Dans cet engin expérimental, la physique pousse les matériaux jusque dans leurs retranchements. Ainsi, lors d’un allumage, l’électrode en tungstène placée au centre voit sa température grimper à des seuils infernaux, au-delà des 2 800 °C. En comparaison, la température qui sévit à la surface du Soleil est de 5 500 °C.
Mais quel intérêt de passer par un propulseur magnétoplasmadynamique ? L’idée est de rompre avec la traditionnelle combustion chimique d’ergols, qui est l’approche basique de propulsion des fusées (ergols qui sont stockés dans les étages). Ici, le système chauffe du lithium métallique jusqu’à ce qu’il se transforme en un gaz électrifié.

À ce moment-là, de puissants courants électriques interagissent avec un champ magnétique, ce qui a pour effet d’accélérer brusquement ce plasma de lithium. Il est alors expulsé à haute vitesse, ce qui engendre une poussée continue. C’est ce qu’on devine sur les images de la NASA, avec ce cône rosé qui semble jaillir de la tuyère.
Et le rendement de toute cette mécanique promet d’être redoutable — c’est d’ailleurs pour cela que la NASA s’y engage fortement. Selon l’agence, un tel moteur permet d’atteindre une puissance « cinq fois supérieure aux systèmes de propulsion électrique d’aujourd’hui ». Une puissance forcément très intéressante pour des voyages lointains dans l’espace.
Par le passé, ce prototype a réussi à atteindre la puissance de 120 kilowatts (kW). Pour donner un autre ordre de grandeur, c’est plus de 25 fois la puissance des propulseurs de la sonde Psyche, lancée en 2023 pour visiter un astéroïde dans trois ans, qui embarque pourtant la propulsion électrique la plus musclée jamais déployée par la NASA.
Le nucléaire, l’allié indispensable
Mais ce propulseur seul ne suffira pas. Pour exprimer son plein potentiel et réduire la durée d’un transit entre la Terre et Mars, le MPD a besoin d’un partenaire spécifique. Plus exactement, d’une source d’énergie. En l’espèce, il s’agit de coupler cette technologie à un mini-réacteur nucléaire embarqué, qui fera office de centrale électrique.
Voilà la théorie. En pratique, si le cap expérimental des 120 kW est tout à fait encourageant, c’est insuffisant pour propulser un vaisseau de grande taille avec son équipage et toute sa logistique. Il faudrait viser une puissance totale évaluée entre 2 et 4 mégawatts (MW) pour qu’une mission martienne devienne crédible. En tout cas, dans ce contexte.
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