Après des années d’analyse, les scientifiques ont confirmé la détection de molécules organiques dans un échantillon de Curiosity sur Mars. Ce ne sont (toujours) pas des preuves de vie martienne, mais la Nasa estime que cette découverte est importante.

Jamais encore de telles molécules n’avaient été détectées sur Mars. Le 21 avril 2026, la Nasa a annoncé que son rover Curiosity a trouvé des molécules sur la planète rouge. Pas n’importe quelles molécules : des molécules organiques, c’est-à-dire dont au moins un des éléments chimiques constitutifs est le carbone.

Au total, 21 molécules ont été identifiées dans l’échantillon collecté par le rover. Cet échantillon, nommé en référence à Mary Anning, pionnière britannique de la paléontologie, a été prélevé sur le mont Sharp. Cette montagne se situe au centre du cratère d’impact Gale, qui est la zone d’exploration de Curiosity depuis son arrivée sur Mars en 2012. On pense que cette partie de la montagne aurait été couverte d’eau il y a des milliards d’années.

7 molécules organiques détectées pour la première fois sur Mars

La Nasa décrit cela comme « l’ensemble de molécules organiques le plus diversifié jamais découvert sur la planète rouge » dans son communiqué. Et ajoute que « 7 d’entre elles ont été détectées pour la première fois sur Mars ».

Forages du rover Curiosity pris en photo en octobre 2020. // Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS ; annotation Numerama
Forages du rover Curiosity pris en photo en octobre 2020. Les molécules ont été trouvées dans l’échantillon « Mary Anning 3 ». // Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS ; annotation Numerama

La trouvaille est également documentée dans la revue Nature Communications. « Ces résultats viennent enrichir le répertoire des molécules organiques confirmées et présumées, qui se sont conservées au cours de longues périodes géologiques dans les couches profondes de la surface martienne, et confirment la présence de carbone macromoléculaire sur Mars », y concluent les auteurs de l’étude.

Quelle est la portée de cette découverte de Curiosity ?

Ce n’est pas la première fois que Curiosity découvre des molécules organiques sur Mars. Mais, si les molécules organiques intéressent tant la Nasa, c’est parce qu’elles sont les briques de base de la vie telle qu’on la connaît sur Terre. Les détecter sur Mars peut aider à évaluer si cette planète a pu avoir des conditions favorables à l’émergence de la vie.

Des molécules organiques détectées sur Mars ne sont donc pas, à elles seules, des biosignatures. Il est tout à fait possible que ces molécules se soient formées lors d’autres processus, comme des réactions chimiques, ou des impacts de météorites. Et qu’elles n’aient donc pas nécessairement une origine biologique.

C’est ce que dit d’ailleurs la Nasa dans son communiqué : « Les scientifiques n’ont aucun moyen de savoir si ces molécules organiques ont été créées par des processus biologiques ou géologiques — les deux sont possibles. » Cette découverte montre cependant que Mars a pu posséder des conditions chimiques propices à la vie. Cela veut dire aussi que ces molécules sont restées préservées dans les roches martiennes, alors qu’elles ont été exposées pendant des milliards d’années aux rayonnements, susceptibles de les décomposer.

La Nasa a mis 6 ans à vérifier cette trouvaille

Il a fallu des années de travail en laboratoire pour parvenir à ces conclusions : les forages réalisés par Curiosity à cet endroit remontent à 2020. Le rover a mené des expériences sur son échantillon pour déterminer sa chimie, à l’aide de son laboratoire embarqué dans son ventre, « SAM » (Sample Analysis at Mars). En résumé : ce laboratoire martien a réchauffé la matière collectée, pour en libérer des gaz, qui ont ensuite été analysés. Une analyse plus poussée a aussi été réalisée en utilisant un solvant embarqué par le rover, qui peut être utilisé pour décomposer de grosses molécules. Ce solvant est utilisé avec parcimonie par les responsables de la mission, qui le réservent aux échantillons les plus précieux. Cela a été le cas ici.

Il a également fallu que les scientifiques fassent des tests équivalents sur Terre. Ainsi, un fragment de la météorite de Murchison a été exposé au même solvant. On sait que cette météorite, très étudiée, « contient des molécules organiques qui ont été disséminées dans tout le système solaire primitif », résume la Nasa. Or, les scientifiques ont bien constaté que ce fragment, exposé au solvant, décomposait des grosses molécules en d’autres molécules, dont certaines étaient les mêmes que celles observées dans l’échantillon de Curiosity.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !