Elon Musk a un rapport tout à fait personnel à l’espace et au temps. La preuve avec la chronologie du prochain vol d’essai du Starship, qui semble reculer à mesure qu’on s’en approche.

Il y a le temps normal, partagé par les humains, et puis il y a le temps d’Elon Musk. Le fameux Elon Time. Tout le monde a bien compris que le richissime entrepreneur américain n’est pas forcément très bon dans ses prédictions. Il a ainsi promis la voiture 100 % autonome chez Tesla depuis plus de dix ans ou encore le vol du Falcon Heavy dès 2013, cinq ans trop tôt.

Cette propension à fixer des échéances futures que d’aucuns jugent parfois irréalistes s’est manifestée dernièrement au sujet du douzième vol d’essai de la fusée géante Starship. Actuellement, SpaceX s’affaire à préparer le tir, qui doit marquer un changement de génération. En effet, l’engin qui sera mis sur le pas de tir sera le premier de la troisième génération à s’envoler.

Or, ces préparatifs ont incité Elon Musk à livrer un calendrier prévisionnel du décollage. Et c’est là que le continuum espace-temps se déchire. Pour comprendre cette fascinante anomalie, il suffit d’analyser ses récentes déclarations sur X (ex-Twitter). C’est un autre cas d’école de l’Elon Time, qui a quelques fois des allures de pifomètre.

Cela fait quatre mois que le lancement est une affaire de « semaines »

Reprenons donc les derniers rebondissements de ce vol 12 du Starship, qui devait avoir lieu dans quelques semaines, selon un premier message paru en janvier 2026.

Premier tweet le 26 janvier : six semaines

Elon Musk annonce que le « lancement de Starship [est] dans 6 semaines ». À cette occasion, il agrémente son tweet d’une magnifique photo montrant la séparation du booster Super Heavy et de l’étage supérieur lors d’une précédente mission. On sort les calculatrices : fin janvier + 6 semaines = mi-mars. La préparation est donc bientôt achevée.

Source : Capture d'écran
Elon Musk le 26 janvier. // Source : Capture d’écran

Deuxième tweet le 7 mars : quatre semaines de plus

Ça y est, on est quasi à la mi-mars, la date fatidique approche et l’excitation monte chez les fans. C’est alors que le patron lâche à une semaine du tir, l’air de rien : « Premier vol du Starship V3 dans environ 4 semaines ». Coup dur malgré la vidéo épique qui accompagne le tweet : tout un mois d’attente est rajouté au compteur. Nouvelle date estimée : début avril.

Source : Capture d'écran
Elon Musk le 7 mars. // Source : Capture d’écran

Troisième tweet le 3 avril : quatre semaines, ou six

Ces quatre semaines passent et, justement, rien ne se passe au début du mois d’avril. Comme à son habitude, Elon Musk tweete une nouvelle échéance : « Le prochain vol de Starship […] est dans 4 à 6 semaines ». Aucun commentaire sur les précédents rendez-vous manqués. En théorie, donc, le vol surviendrait en mai. À moins d’un quatrième report.

Source : Capture d'écran
Elon Musk le 3 avril. // Source : Capture d’écran

Ce n’est pas si drôle que cela

Si l’on fait le bilan des courses : entre la fin du mois de janvier et le début du mois d’avril, le délai avant le lancement est passé de six semaines, puis à quatre semaines de plus, pour ensuite se reprendre une fourchette de quatre à six semaines. Soit un laps de temps bien réel entre quatorze et seize semaines, soit entre trois et quatre mois.

Tout ceci pourrait prêter à sourire, mais ce n’est pas forcément si drôle que cela. Derrière la préparation de la fusée Starship se cachent d’importants enjeux pour la NASA et pour SpaceX. En effet, la société américaine doit préparer une version de son lanceur capable de transporter des astronautes à la surface de la Lune avec Artémis IV en 2028.

Précisément, l’agence spatiale américaine compte sur SpaceX et Blue Origin. Ces deux sociétés doivent en principe être prêtes en 2027, date à laquelle la mission Artémis III doit avoir lieu. Il s’agira d’un exercice autour de la Terre, au cours duquel le vaisseau Orion devra s’arrimer aux véhicules conçus par ces deux compagnies.

Pour le dire autrement, SpaceX et Blue Origin sont sous pression, car les délais sont vraiment serrés. Les décalages successifs annoncés par Elon Musk, même s’ils ne sont que de quelques semaines, sont autant de marges qui fondent pour la suite. À ce rythme, on risque fort de se retrouver à la mi-2026 sans aucun nouvel essai grandeur nature.

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