En 2025, le CHU de Toulouse a révélé la découverte archéologique d’une fenêtre médiévale murée, lors de la restauration des façades de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques. Elle présente des volets en bois datant peut-être du 12ᵉ siècle, ce qui rendrait la découverte exceptionnelle.

Depuis 2023, les façades de l’Hôtel-Dieu à Toulouse sont en train d’être restaurées. Ce bâtiment du CHU de Toulouse abrite en particulier le siège administratif de l’hôpital.

Les équipes du CHU de Toulouse ont annoncé le 31 décembre 2025, dans un communiqué, avoir mis au jour une « découverte archéologique sans précédent ». Une information qui a ensuite été repérée et relayée par le site d’information Actu Toulouse, le 4 janvier 2026.

Une fenêtre de 900 ans bien conservée ?

Accolée à la Cour d’Honneur de l’Hôtel-Dieu, une petite cour est encadrée par plusieurs façades. Et, sur l’une de ces façades, une fenêtre. Ou plutôt une baie géminée, soit :

  • une ouverture dans un mur pour y mettre une fenêtre (baie),
  • séparée en deux par un élément vertical, souvent en pierre (géminée).

La façade dans laquelle se retrouve cette baie géminée date du 12ᵉ siècle du bâtiment et concorde avec l’endroit où se trouvait la chapelle médiévale. La fenêtre en question, elle, « aurait été bouchée au moment de la construction de l’aile perpendiculaire à partir de 1674 », comme l’indique le communiqué de presse.

La baie géminée, avant les travaux // Source : CHU de Toulouse
La baie géminée, avant les travaux. // Source : CHU de Toulouse

Lors des travaux, une colonne sculptée au niveau de la base et du chapiteau a été découverte au niveau de la baie géminée (l’élément qui sépare les deux trous de fenêtre, c’est cette colonne). Mais, ce qui est réellement surprenant et vraiment inattendu, ce sont les deux volets en bois, mesurant 2,20 mètres de hauteur pour environ 0,90 mètre de largeur, mis au jour.

à droite : la baie géminée, partie basse, après débouchage / à gauche : baie géminée avec les deux volets en bois, vue du centre  // Source : image droite : Étude archéologique - Hadès / image gauche : CHU Toulouse
À gauche : baie géminée avec les volets en bois, vue du centre. À droite : la baie géminée, partie basse, après débouchage. // Source : image droite : Étude archéologique – Hadès / image gauche : CHU de Toulouse

Puisque la fenêtre a été bouchée au 17ᵉ siècle, les volets datent forcément d’il y a plus de 350 ans et remontent peut-être au 12ᵉ siècle. « Si une telle datation était vérifiée, la découverte – déjà majeure – serait exceptionnelle », déclare le communiqué du CHU. Exceptionnelle, parce qu’il n’est pas habituel de retrouver de grands panneaux de bois conservés depuis presque 900 ans.

Que révèlent les prélèvements scientifiques ?

Des prélèvements du bois ont été réalisés pour établir de quelle essence il s’agit, ainsi qu’une analyse au radiocarbone pour en déterminer la date. Pour préserver un maximum le bois et éviter une dégradation brutale du matériau, la baie géminée a été rebouchée avec des éléments spéciaux conçus pour stabiliser les éléments fragiles.

Zoom sur la partie murée à l'arrière de la baie  // Source : CHU Toulouse
Zoom sur la partie murée à l’arrière de la baie. // Source : CHU Toulouse

Derrière les volets, rien de transcendant malheureusement. « La baie géminée a été murée sur l’arrière à l’époque de la construction de la seconde chapelle mise en service en 1863 sur laquelle elle donne directement », explique le communiqué.

La traversée du temps par le bois est un exploit

Le bois se conserve mal dans le temps et seule une toute petite partie du matériel construit à partir du bois nous est parvenu du passé. On peut en retrouver des traces sous forme :

  • de « négatifs »,
  • de fines traces poudreuses,
  • ou encore, des fragments de bois carbonisés.

Souvent, les principaux vestiges de bois étudiés seront ceux gorgés d’eau, car ils auront été conservés sans que la nature (champignons, insectes) ne puisse s’y attaquer, mais également parce que c’est un milieu privé d’oxygène (un milieu anaérobie).

La conservation du bois sec est rare et plutôt cantonnée aux milieux secs et arides où le bois se conserve grâce à la perte de toute son eau. La découverte faite à Toulouse est donc d’autant plus remarquable.

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