La mission Peregrine est toujours très mal partie, et tout espoir d’un atterrissage en douceur sur la Lune s’est envolé. Cependant, Astrobotic, l’entreprise en charge de la mission, indique désormais être optimiste quant à sa durée de vie.

La mission Peregrine n’a pas vraiment bien commencé — mais les ingénieurs sont désormais de plus en plus optimistes sur sa durée de vie. C’est ce qu’a déclaré Astrobotic, l’entreprise en charge de la mission, sur son compte X (ex-Twitter), où elle publie régulièrement des nouvelles de la mission. Les derniers communiqués de presse, publiés dans la nuit entre le 12 et le 13 janvier 2024, sont ainsi bien moins pessimistes que les précédents.

« Nos ingénieurs continuent à travailler sur des solutions pour prolonger la durée de vie et l’optimisme grandit quant à la possibilité que Peregrine puisse survivre bien plus longtemps que l’estimation actuelle », a ainsi déclaré Astrobotic. « Peregrine est maintenant opérationnel dans l’espace depuis plus de 4 jours. La sonde reste stable et opérationnelle […] Le taux de fuite de Peregrine a continué à ralentir et l’on estime qu’il reste maintenant 52 heures de propergol à la sonde. »

Une durée de vie allongée

La mission Peregrine, partie le 8 janvier de la Terre, avait pour but de préparer le retour sur la Lune des astronautes du programme Artemis. Elle a à son bord de nombreux appareils précieux, dont le petit rover Iris, le détecteur de rayonnement LETS, qui devait être installé à la surface de la Lune, ou encore le spectromètre à neutrons NSS, qui avait pour but de rechercher des indices sur la présence de glace d’eau sur le sol lunaire. Pour l’instant, tous ces instruments fonctionnent, comme a pu tester Astrobotic — mais la mission n’a plus de chance d’atterrir en douceur sur la Lune.

Le vaisseau a en effet rencontré un problème critique peu de temps après son décollage. Comme l’expliquait Stéphanie Lizy-Destrez, enseignante chercheure à l’ISAE-SUPAERO à Numerama, c’est une défaillance du système de propulsion qui est à l’origine des problèmes de Peregrine. Cette défaillance a mené à une fuite de propergol dans l’espace, qui a, à son tour, créé des problèmes d’orientation de la mission. Résultat, il n’y a pas assez de réserves de carburant pour assurer un atterrissage en douceur sur la Lune.

Représentation de Peregrine. // Source : Capture d'écran YouTube Spaceflight Now
Représentation de Peregrine. // Source : Capture d’écran YouTube Spaceflight Now

En effet, se poser sur le satellite de la Terre est une opération complexe qui demande beaucoup de carburant, notamment pour réduire la vitesse de l’engin. Tout n’est cependant pas perdu : tous les équipements à bord fonctionnement et reçoivent des données à analyser. En cela, il est donc important de pouvoir rallonger la durée de vie de Peregrine — et c’est exactement ce que les scientifiques viennent d’annoncer.

Les réserves de propergol sont désormais estimées à 52h — elles n’étaient estimées qu’à 40h il y a encore quelques jours, ce qui est un signe très positif. Même si Peregrine ne pourra pas remplir sa mission, les données des instruments pourront être en partie sauvées.

Dans son dernier communiqué de presse, qui a également été publié sur X, Astrobotic a ainsi indiqué que « Peregrine reste opérationnel à environ 238 000 miles de la Terre, ce qui signifie que nous avons atteint la distance lunaire ! Comme nous l’avons indiqué dans la mise à jour n° 10, la Lune n’est pas l’endroit où se trouve actuellement le vaisseau spatial. Notre trajectoire initiale prévoyait une arrivée sur la Lune le 15e jour après le lancement. Selon nos estimations, nous manquerons de carburant avant ce délai de 15 jours, mais nos ingénieurs restent optimistes quant à l’allongement de la durée de vie de Peregrine », ont expliqué les scientifiques.

Pour l’instant, difficile d’en savoir plus sur les attentes et les espoirs des scientifiques. Astrobotic a cependant indiqué qu’une conférence de presse serait organisée le 18 janvier avec la Nasa afin de faire le point sur l’état de la mission, et sur son futur. En attendant, le laboratoire continuera de publier des mises à jour sur la mission, mais devrait « ralentir la cadence ».


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