La Nasa et son homologue russe, Roscosmos, doivent indiquer leurs plans au sujet de la capsule Soyouz MS-22, qui pourrait ne plus être apte à transporter des équipages de l’ISS.

La capsule spatiale russe Soyouz MS-22 est-elle bonne pour le service ? Autrement dit, peut-elle ramener un équipage sur Terre en toute sécurité ? Les réponses à ces deux questions seront peut-être apportées ce mercredi 11 janvier 2023, à l’occasion d’un point d’étape comprenant deux responsables des vols habités — l’un pour la Nasa, l’autre pour Roscosmos, son homologue russe.

Ce point d’étape fera participer Joel Montalbano (le responsable du programme ISS à la Nasa) et Sergueï Krikaliov (le directeur général des vols habités russes).

Il s’agit, précise le communiqué de l’agence spatiale américaine, de « discuter des résultats de l’enquête de Roscosmos au sujet de la fuite extérieure de la capsule du Soyouz MS-22 et de discuter de la stratégie à venir pour des opérations humaines ininterrompues à bord de la Station spatiale internationale ». La conférence doit débuter à 15 heures (heure de Paris).

  • Quoi ? Un point sur la situation de la capsule Soyouz MS-22 ;
  • Quand ? Le mercredi 11 janvier à 15 heures ;
  • Où ? Sur la webTV de la Nasa.

Quel avenir pour la capsule Soyouz MS-22 ?

Actuellement, plusieurs options sont sur la table tant que les agences spatiales n’ont pas dévoilé leurs intentions. Si la capsule est encore opérationnelle, elle pourra ramener sur Terre l’équipage, comme prévu dans le planning initial. Si elle ne l’est pas, il est probable qu’elle sera séparée de l’ISS — son sort devra aussi être décidée : la récupérer ? La précipiter dans l’océan ?

S’il s’avère que la capsule MS-22 est hors d’état, deux options s’ouvrent alors : soit la Russie est en mesure d’envoyer une autre capsule vers l’ISS (MS-23), soit on passe par une coopération internationale. On sait que des discussions se sont tenues entre la Nasa et SpaceX dernièrement — l’entreprise américaine a la capacité de transporter des équipages.

Des bruits de couloir suggèrent que ce serait plutôt la piste russe qui serait suivie. On parle notamment d’un départ d’une mission MS-23 le 20 février, pour gagner ensuite l’ISS dans les heures qui suivent. La conférence du 11 janvier pourrait entériner cette piste.

Rubio nasa
Frank Rubio testant une combinaison avant son départ. // Source : Bill Ingalls

La mission MS-22 est partie de la Terre en septembre 2022, avec à bord deux Russes (Sergueï Prokopiev et Dimitri Peteline) et un Américain (Francisco Rubio). L’ISS reste l’un des domaines où les États-Unis et la Russie coopèrent toujours malgré l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Ainsi, dans le cadre d’un échange de sièges, Roscosmos a fait une place à un astronaute de la Nasa.

La détection de la fuite externe au niveau du Soyouz date de la mi-décembre. Elle a été repérée juste avant une sortie extravéhiculaire de deux cosmonautes (les deux de la mission MS-22 justement), les forçant à tout arrêter au dernier moment. L’équipage n’a jamais été en danger ; la fuite est orientée vers l’extérieur et il s’agit d’un liquide de refroidissement.

Sergueï Prokopiev, Dimitri Peteline et Francisco Rubio doivent en principe rentrer sur Terre en mars 2023. Un mois plus tard, le retour d’un autre équipage est prévu : Nicole Aunapu Mann, Josh A. Cassada, Koichi Wakata et Anna Kikina. Ces quatre-là rentreront avec une capsule SpaceX. Il y a aussi plusieurs arrivées prévues, en mars et en avril.


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