Alors que la Nasa tente pour la troisième fois de lancer Artémis I vers la Lune, une nouvelle fuite d’hydrogène est survenue au niveau de la fusée. Il a fallu envoyer une équipe pour la réparer sur place.

Mise à jour du 16 novembre à 8h15 : Enfin, la fusée d’Artémis I a décollé vers la Lune, au terme de longs mois d’attente et de difficultés.

Article original : C’est le jour J pour Artémis I : le lancement de l’imposante fusée de la Nasa vers la Lune est prévu ce mercredi 16 novembre 2022. Pour la troisième fois, l’agence spatiale tente d’envoyer autour de la Lune la première mission de son programme Artémis. La fenêtre de tir devait ouvrir à 7h04 (heure de Paris). Mais, aux alentours de 3h du matin, le mot que personne ne voulait entendre a été dit : il y a encore eu une fuite d’hydrogène liquide, le carburant de la fusée Space Launch System (SLS).

Encore une fuite d’hydrogène sur la fusée d’Artémis I

« Nous avons arrêté le flux d’hydrogène liquide vers l’étage central en raison d’une fuite intermittente sur la vanne de remplissage », a alors informé l’agence spatiale via Twitter. Vers 4h, il a été décidé d’envoyer une « red team » sur place. Les experts se sont directement rendus sur l’aire de lancement du centre spatial Kennedy, où se trouve le SLS, « afin de serrer les boulons d’une valve du lanceur mobile ». On peut voir l’arrivée de cette équipe d’experts sur place dans la vidéo suivante.

Il était environ 5h30 lorsque la Nasa a indiqué que l’équipe quittait le pas de tir, et que le réapprovisionnement de la fusée en hydrogène liquide reprenait. Puis, on a appris vers 6h que la fuite avait été réparée. Ce n’est pas la première fois qu’une équipe doit ainsi être envoyée directement auprès d’une fusée pour résoudre un problème de fuite. Un exemple est célèbre : en 1969, une fuite d’hydrogène liquide était survenue alors que la Nasa s’apprêtait à lancer l’emblématique mission Apollo 11 dans l’espace. Une équipe de 4 personnes avait été envoyée sur place pour réparer le souci.

En plus de la fuite d’hydrogène, un autre problème a été constaté sur le SLS. Il concernait un radar de suivi de la SLS. La Nasa a finalement indiqué que ce souci aussi avait été résolu. Il a cependant fallu procéder à des tests pour vérifier que tout était en ordre. Le compte à rebours du lancement a été temporairement mis à l’arrêt.

Intervention de l'équipe sur le pas de tir du SLS. // Source : Flickr/CC/NASA/Joel Kowsky (photo recadrée)
Intervention de l’équipe sur le pas de tir du SLS. // Source : Flickr/CC/NASA/Joel Kowsky (photo recadrée)

La fenêtre de tir de 2h initialement prévue devait s’ouvrir à 7h04, mais a donc été retardée. « L’équipe de lancement détermine notre nouvelle heure de lancement », a fait savoir la Nasa vers 6h50. Le verdict a été rendu vers 7h45 : un nouveau « go » pour le lancement a été donné, avec l’ouverture de la fenêtre de tir à 7h47 (soit un retard de 43 minutes sur l’horaire initial).

Depuis août, la Nasa tente désespérément de partir vers la Lune

Ces rebondissements surviennent après des mois de difficultés, qui ont obligé la Nasa à reporter plusieurs fois le départ de la mission. À l’origine, le SLS devait décoller pour la première fois vers la Lune le 29 août, mais il y a eu un problème de moteur. Il y a aussi eu plusieurs fuites d’hydrogène récalcitrantes. Les conditions météorologiques n’ont pas non plus aidé, avec le passage de deux grosses tempêtes en Floride : or, les fusées sont très sensibles à la météo (davantage que les avions). La date de départ d’Artémis I a été repoussée sans cesse, jusqu’à ce 16 novembre.

Même si la mission Artémis I doit décoller sans astronautes à bord, c’est un moment crucial pour la Nasa. Le vaisseau Orion doit fonctionner comme s’il était habité, en faisant un aller-retour vers la Lune. Il s’agit de la première étape d’un programme ambitieux, dont l’objectif est de ramener l’humain sur la Lune à l’horizon 2027, plus de 50 ans après la fin des missions du programme Apollo.