Un épisode très sec au Texas a vidé une rivière de son eau, révélant pour la première fois aux yeux humains des traces de pas provenant de dinosaures… et vieilles de 113 millions d’années.

La sécheresse exceptionnelle de l’été 2022 n’a pas touché que la France, mais bien d’autres pays. Une immense part de l’État du Texas, aux États-Unis, subit le phénomène à des niveaux élevés, extrêmes ou exceptionnels selon les lieux, comme le rapporte CNN. Et, cela a des conséquences inattendues du côté de la Paluxy River, située au Dinosaur Valley State Park.

Le parc a publié, le 17 août, sur sa page Facebook, une vidéo montrant que la rivière a été tellement asséchée qu’elle a mis au jour des traces de dinosaures qui n’avaient jamais été découvertes jusqu’alors.

113 millions d’années et une sécheresse

Sur la vidéo partagée par le parc, on découvre essentiellement de gigantesques traces de pas, aux griffes ayant significativement enfoncé le sol. Étant donné ce que l’on sait déjà du Dinosaur Valley State Park, elles remonteraient à environ 113 millions d’années. À quel type d’animal pourraient-elles appartenir ?

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Une trace d’Acrocanthosaurus. // Source : Dinosaur Valley State Park

D’après Stephanie Salinas Garcia, paléontologue au parc et qui a donné quelques détails auprès de CNN, les pattes qui ont laissé ces empreintes appartiendraient à une espèce de dinosaures nommée Acrocanthosaurus, assez proche du T.Rex. À taille adulte, ils mesuraient plus de 4 mètres et pesaient 7 tonnes. Il s’agissait d’un théropode — il se tenait sur 2 pattes — carnivore. Une autre espèce a également été identifiée en nombre : des Sauroposéidons, c’est-à-dire des « longs cous » herbivores pesant pas loin de 60 tonnes. S’ajoutent plein d’autres traces moins significatives, provenant de dinosaures variés et d’animaux préhistoriques.

C’est la première fois que ces empreintes de pas sont vues par un être humain. Depuis que le parc a été établi, il y a une cinquantaine d’années, cette rivière a toujours été remplie d’eau. Il y a des millions d’années, ces traces ont été recouvertes par différentes couches de limon et de sédiments, avant de se transformer en calcaire, évitant leur érosion à travers les âges. La sécheresse, en vidant totalement l’eau du cours, a emporté avec elle tout ce qui recouvrait les empreintes désormais fossilisées.

Ce n’est pas la première fois qu’une sécheresse provoque des révélations archéologiques ou paléontologiques. En mai 2022, c’est toute une cité antique, vieille de 3 000 ans, qui est devenue accessible quelques heures, au sud de l’Irak, après un épisode extrêmement sec.