Sorti il y a quelques semaines, le jeu vidéo Babylon’s Fall fait parler de lui à cause de ses statistiques ridicules. Il y a quelques jours, il n’y avait qu’un seul joueur connecté. Oui, un.

Peut-on se sentir seul dans un jeu vidéo ? La réponse est oui, à en croire cet article publié le 7 mai par Video Games Chronicles. Où l’on apprend que Babylon’s Fall, jeu vidéo édité par Square Enix, a connu un pic de fréquentation à un unique joueur le mercredi 4 mai. Un fait tellement unique qu’on connait l’identité du passionné : « Ce n’est pas une blague, il s’agit de moi », s’est attristé le journaliste Dashiell Wood, dans un tweet publié le 7 mai

L’intéressé a pris cette terrible situation avec humour, partageant quelques mèmes et modifiant temporairement sa biographie visible sur le réseau social. « Le seul joueur au monde de Babylon’s Fall, 04/05/22, minuit », avait-il écrit. Mais derrière cette statistique se cache surtout une immense désillusion pour un projet ambitieux, développé par PlatinumGames. Avec des titres comme Bayonetta ou encore Nier: Automata, le studio possède une aura certaine. Mais, avec Babylon’s Fall, il est en train de connaître l’un des pires échecs de l’histoire.

Un seul joueur connecté à Babylon’s Fall
Un seul joueur connecté à Babylon’s Fall // Source : SteamCharts

Pourquoi tout le monde fuit Babylon’s Fall ?

L’échec de Babylon’s Fall s’est en réalité très, très vite dessiné. Lancé le 3 mars 2022, il n’a jamais attiré les foules, selon les statistiques fournies par SteamCharts. En mars, il n’a réuni, en moyenne, que 267 utilisateurs. Un volume qui est tombé à 85 en avril, puis à 60 ces 30 derniers jours. Sur Metacritic, le jeu affiche un piètre score de 46 sur 100 et une note de 1,3 sur 10 attribuée par les rares personnes qui s’y sont essayées. Les défauts cités semblent nombreux, à commencer par des graphismes indignes des standards actuels et des combats trop basiques, le tout à un prix exorbitant (69,99 € !).

Pire, Babylon’s Fall s’appuie sur la gourmandise de Square Enix, en témoignent les nombreuses microtransactions pensées pour générer toujours plus de revenus. Sur Steam, on peut constater qu’il est possible de dépenser jusqu’à 89,99 € pour acheter de la monnaie virtuelle, un passe de combat et des costumes très onéreux.

L’éditeur japonais rêvait d’un nouveau jeu service capable de remplir ses comptes en banque pendant des années (comme un certain Marvel’s Avengers, lui-aussi un échec), c’est raté.

Ces dernières semaines, PlatinumGames a pourtant tout fait pour séduire les joueuses et les joueurs. Le 25 mars, le studio a lancé une démo jouable sur Steam. Le 14 avril, soit un mois et demi après le lancement, Babylon’s Fall était déjà en promotion, avec un rabais de 30 % sur toutes les plateformes (il est également disponible sur PS4 et PS5).

Étrangement, alors que l’avenir ne s’annonce pas radieux pour le jeu, PlatinumGames s’est montré rassurant dans un communiqué publié le 18 mars. Les premiers mauvais chiffres n’ont visiblement pas refroidi les développeurs, qui continuent de naïvement y croire. « Non, il n’est pas prévu de réduire les développements du projet […]. Nous allons continuer de proposer des nouveaux contenus pour le jeu et des améliorations basées sur les retours des joueurs », indique l’entreprise, qui espère garder les premiers joueurs. Sa stratégie ne fonctionne pas du tout, puisque la fréquentation ne fait que baisser. Tout porte à croire que Babylon’s Fall rejoindra bientôt le cimetière composé de projets de grande envergure vite abandonné. Comme Anthem.