Le film de Denis Villeneuve peut être visionnée aisément sans avoir lu les romans de Frank Herbert. Mais le livre reste plus fourni et complexe. Cet article ne spoile ni le livre, ni le film.

Développée à partir du roman culte de Frank Herbert, Dune est l’adaptation SF la plus attendue de l’année au cinéma. La sortie est prévue pour le 15 septembre 2021. Denis Villeneuve signe un film aussi grandiose que poétique, une œuvre SF monumentale tout à fait fidèle à la saga littéraire.

Cette fidélité ne signifie pas que la version de Villeneuve retranscrit avec une parfaite exactitude le récit de Frank Herbert. Il y a quelques différences et, surtout, le cinéaste a décidé d’épurer la narration : si le premier roman court sur plusieurs centaines de pages, l’adaptation se révèle assez peu bavarde. Seule la substantifique moelle du récit est présente, ce qui est un choix louable, puisque cela permet de retranscrire l’essence de Dune sans se noyer dans d’interminables flux de détails. C’est aussi ce qui donne au film toute sa poésie.

Faut-il pour autant avoir lu le livre pour comprendre le film ? La réponse est non. En revanche, les œuvres sont très complémentaires, et si vous avez apprécié le film, vous apprécierez sans aucun doute les romans. Voici pourquoi.

Le film est épuré par rapport au roman d’Herbert

Premier constat : oui, la lecture du livre — même il y a bien longtemps avec un souvenir lointain — facilitera énormément l’entrée dans le film. Des personnages à l’univers lui-même, tout vous semblera « familier ». Il est certain que cela vous « divlugâchera » le déroulé des événements, le destin de certains personnages… Toutefois, cela ne gâchera pas l’expérience cinématographique : comme dans le roman, la quête initiatique se situe dans le voyage lui-même. Alors le film tire sa poésie de ce qu’il montre et suggère, au-delà de la suite factuelle d’événements. Le spoiler est en effet dans la culture-même de Dune, puisque la prophétie se situe dans l’avenir et que Paul voit certaines rencontres, par exemple, avant qu’elles ne se produisent.

Mais qui sont les Atréides ? // Source : Dune / Twitter Movies

Mais venons-en à la question la plus épineuse. Que faire si vous n’avez jamais lu Dune, que vous n’avez pas la moindre idée de ce qu’est Arrakis ou de qui est un Atréide ou un Harkonnen ? La réponse est très simple : vous pouvez aller au cinéma sans inquiétude, car vous vivrez une expérience limpide malgré tout. Incomplète, certes, puisque le film ne reprend pas tout du livre. Mais le film ne livre rien qui soit impossible à comprendre sans savoir lu les livres.

D’ailleurs, la narration de Villeneuve prend tout son temps au fil des 2h35, en n’adaptant qui plus est que la première partie du roman. Le film a une temporalité calme, en plus de sa narration épurée, ce qui aide à se laisser porter. Le long-métrage vous présentera clairement, mais pas à pas et au fil des événements, quelles sont les grandes familiales, quelle est la place de chaque personnage, quelles sont leurs motivations et, surtout, la quête spirituelle est en elle-même présente à chaque instant.

Il n’est donc pas nécessaire de vous précipiter absolument sur le roman avant de voir le film, telle une condition sine qua non à la compréhension de l’œuvre. En revanche, si le Dune de Villeneuve vous a séduit d’une quelconque façon, cela ne fait aucun doute : lisez le livre juste après, sans hésiter la moindre seconde. Vous revivrez alors tout le film (et plus encore puisqu’il ne représente que la moitié du livre), mais avec une complexité considérablement étendue — par exemple, en découvrant bien davantage sur la mystérieuse sororité du Bene Gesserit, peu approfondie dans le film. Sans compter que tous les enjeux familiaux et politiques, développés sur de nombreuses pages, ont bien davantage de rouages que ceux montrés dans l’adaptation.

Et vous ne le regretterez pas : Dune est un grand livre écologiste, qui parle également avec profondeur de notre humanité.

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