Développé par le studio français Passtech Games, Curse of the Dead Gods ressemble un peu à l'excellent Hades, la maîtrise narrative en moins.

Si vous avez lu Numerama ces derniers mois, vous savez ô combien nous avons apprécié Hades, petite pépite imaginée par Supergiant Games. À nos yeux, il ne serait pas un jeu de l’année 2020 illégitime. Après y avoir passé des heures et des heures et comme nous ne nourrissons pas l’envie de le terminer avec une grenade (le fruit), nous recherchons désormais la prochaine expérience qui saura nous rendre aussi accros. Et peut-être l’avons-nous trouvée en Curse of the Dead Gods, développé par le studio français Passtech Games et édité par Focus Home Interactive.

Curse of the Dead Gods ressemble beaucoup à Hades pour plusieurs raisons. Déjà, les deux jeux s’inscrivent dans le même genre : celui des rogue-like, qui demandent aux joueuses et aux joueurs de parcourir des donjons générés de manière aléatoire, avec une progression basée sur l’apprentissage par l’échec. C’est aussi une question de destin : comme Hades avant lui, Curse of the Dead Gods est passé par la case accès anticipé jusqu’au lancement de la version finale le 23 février 2021, disponible sur Xbox One, PS4, PC et Switch. De quoi promettre une production bien pensée, avec un contenu à la hauteur des attentes.

Curse of the Dead Gods // Source : Focus Home Interactive

Contrairement à Hades, Curse of the Dead Gods ne mise pas du tout sur la narration. L’histoire peut être résumée ainsi : un aventurier moustachu doit traverser divers temples à l’empreinte visuelle rappelant les Mayas, les Aztèques ou encore les Incas. L’idée n’est pas d’assommer la joueuse ou le joueur avec une histoire et des dialogues, plutôt de la ou le mettre en face de ses responsabilités. Le jeu, rien que le jeu, en somme. On comprend que Passtech Games n’entend pas détourner l’attention du défi posé par Curse of the Dead Gods, dont l’exigence assumée ne sera pas à la portée de tout le monde.

Le jeu, rien que le jeu

Dans la structure, Curse of the Dead Gods reprend logiquement à son compte beaucoup d’éléments du genre dans lequel il s’inscrit. Il va falloir encaisser quelques revers avant de triompher, en gardant à l’esprit que les tentatives, même vite expédiées, ne seront jamais pour rien. Car si la mort est perçue comme un éternel recommencement, certaines récompenses ne seront pas perdues, ce qui permettra d’avoir accès à des améliorations pour se faciliter la vie plus tard. Il y a toujours cette forme d’injustice dans la génération aléatoire, mais force est de reconnaître que la mécanique d’ensemble fonctionne bien : on a envie d’avancer, car il n’y a jamais cette impression d’être puni à 100 %.

Curse of the Dead Gods // Source : Focus Home Interactive

Un jeu qui ne pardonne pas la gourmandise

Pour se distinguer des autres, Curse of the Dead Gods intègre une notion d’endurance, ce qui rend les combats plus techniques qu’il n’y paraît. Limité dans ses mouvements, le héros ne peut pas enchaîner à l’envi. Et on a vite fait de se retrouver à court de souffle parce qu’on aurait fait l’attaque ou l’esquive de trop, jusqu’à se faire encercler par les ennemis et les pièges qui jonchent les décors. Maîtriser la parade ne sera pas une sinécure non plus, tant le timing d’exécution est parfois un peu étrange. Sur ce point, on n’est pas aidé par la visibilité. Les environnements sont sombres et on ne pourra pas garder sa torche et brandir une arme en même temps. Il paraît d’ailleurs judicieux de prendre le temps d’allumer les braseros avant de nettoyer une salle.

Curse of the Dead Gods se différencie aussi grâce à ses malédictions. Concrètement, à chaque fois que l’on entre dans une nouvelle salle, que l’on prend certains coups, que l’on se soigne ou que l’on achète un objet avec son sang, on fait monter une barre. Tous les 100 points, on écope d’un gage aléatoire pouvant pénaliser plus ou moins le héros (certaines malédictions peuvent être vues comme des bonus). Pour ne pas accumuler les malus, l’astuce consiste parfois à ne pas se montrer trop gourmand et à mesurer le risque de certaines actions. Je veux absolument acquérir cette épée qui a l’air bien trop puissante ? Peut-être vais-je le regretter après avoir hérité d’une malédiction trop handicapante (on déteste par exemple celle qui oblige à payer 300 pièces d’or à chaque porte).

Curse of the Dead Gods // Source : Focus Home Interactive

Si les temples et les malédictions de Curse of the Dead Gods sont difficiles à anticiper, il est quand même possible d’influencer le parcours en choisissant le chemin que l’on veut prendre et le type de butin que l’on souhaite obtenir à la fin d’une salle (une relique, de l’or, une arme, un boost des statistiques…). En y ajoutant les améliorations permanentes que l’on peut débloquer à l’issue de chaque succès — ou défaite –, on obtient vite les clés pour combattre, sinon amoindrir, le facteur aléatoire. C’est précisément ce qui donne envie d’avancer dans Curse of the Dead Gods, chaque petit pas supplémentaire ayant le goût d’une victoire.

En bref

Curse of the Dead Gods

Note indicative : 4/5

Si on n’a d’yeux que pour Hades, on a quand même envie de donner sa chance à Curse of the Dead Gods, dont les mécaniques similaires permettent de retrouver cet argument addictif. Moins léché, que ce soit dans le contenu ou la réalisation, ce rogue-like développé par un studio français a quelques éléments bien à lui qui font mouche, dans le sillage des malédictions bien pensées.

On aurait néanmoins aimé que la narration ne se contente pas du strict minimum. Sans réelle histoire, Curse of the Dead Gods ne s’appuie que sur le courage de la joueuse ou du joueur pour tracer sa route au sein de temples à la visibilité volontairement problématique. Il était de toute façon écrit que l’après Hades ne serait pas une ascension vers l’Olympe, plutôt un retour à la vie normale. Avec ses qualités, et ses défauts.

Top

  • La mécanique des malédictions
  • Des combats techniques
  • Une ambiance sympa malgré tout

Bof

  • Parfois un poil trop sombre
  • Narration absente
  • Gare à votre gourmandise

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