Nintendo a décidé de redonner sa chance à Super Mario Sunshine, épisode paru sur GameCube qui a droit à une réédition sur Switch grâce à la compilation Super Mario 3D All-Stars. On l'adore, mais on le déteste aussi un peu.

Super Mario Sunshine, c’est d’abord l’histoire d’un rendez-vous manqué. Au lancement de la GameCube, le plombier moustachu, présent d’entrée sur Nintendo 64, a posé un lapin à tout le monde — une première dans sa carrière à l’époque. Il a préféré offrir le bon rôle à Luigi, chargé d’affronter des fantômes mignons dans Luigi’s Mansion. Les propriétaires de la console acquise en mai 2002 ont dû patienter jusqu’au mois d’octobre de la même année pour enfiler le costume de la mascotte. Ces quelques semaines d’attente supplémentaires ne leur auront même pas permis de se préparer à l’édifice Super Mario Sunshine, sans doute l’un des opus les plus difficiles de la saga.

Super Mario Sunshine fait son grand retour en 2020 grâce à la commercialisation de la compilation Super Mario 3D All-Stars sur Nintendo Switch (disponible en quantités limitées jusqu’au 31 mars 2021). C’est évident, Super Mario Sunshine est moins populaire que Super Mario 64, qui a déjà eu droit à un remake sur la toute première DS, et Super Mario Galaxy, pépite de la Wii encore très récente dans nos mémoires. Sur l’agrégateur Metacritic, il obtient le score de 92, contre 94 et 97 pour les deux autres.

C’est aussi pour cela que l’on a eu envie de s’intéresser à lui.

Super Mario Sunshine // Source : Nintendo

Gloire à Super Mario Sunshine

Malheureusement pour lui, Super Mario Sunshine passe après Super Mario 64, première aventure en 3D du héros et rapidement devenu une référence du genre. Pour révolutionner la formule, Nintendo a pourtant pensé à offrir à Mario un accessoire susceptible de bousculer ses habitudes : le J.E.T., une pompe à eau qui s’apparente à quatre gadgets en un seul. Grâce à cet objet, Mario peut arroser les alentours, faire appel à un jet-pack, bondir à des hauteurs fulgurantes ou encore glisser très rapidement sur le sol ou sur l’eau. Le J.E.T. est la principale innovation de Super Mario Sunshine et il faut revenir au scénario du jeu pour comprendre son intérêt.

Des décors plus atypiques

Mario débarque sur l’île Delfino en pensant pouvoir passer des vacances paisibles. C’était sans compter l’apparition d’un double maléfique ayant sali et pollué les lieux. Accusé à tort, le plombier doit rendre des comptes et redonner de sa superbe à Delfino. Voilà pourquoi il se voit confier un J.E.T., dont la fonction première est d’aider à tout nettoyer. Un peu plus tard dans le jeu, le faux Mario révèle son identité : il s’agit de Bowser Jr., fils de Bowser dont c’est la toute première apparition au sein de l’univers Mario. Dans la mythologie, Super Mario Sunshine est donc un opus qui compte puisqu’il a installé des nouvelles têtes désormais très connues. Un bon point pour lui.

L’île Delfino sert de hub vers les sept mondes découpés en niveaux, chacun correspondant à un mini-chapitre de l’histoire et à un soleil à obtenir (il y en a 120 en tout). Les objectifs sont variés mais finissent par se répéter : combat contre un boss, quête des pièces rouges, petite énigme à résoudre, course-poursuite avec le vilain… Super Mario Sunshine a quand même la bonne idée de troquer les habituels environnements croisés dans la saga (les châteaux en tête) pour des décors plus atypiques. Durant son aventure, Mario est amené à se rendre sur une plage, un port, un complexe hôtelier, un parc d’attractions… L’emphase sur les vacances est parfaitement retranscrite, même si le plombier ne doit pas chômer pour parvenir à ses fins. Le joueur non plus, par ricochet. Pour voir le bout de l’aventure, il faudra repasser par les différents mondes afin d’achever tous les épisodes et de percer l’ensemble de leurs secrets. Pour le 100 %, Super Mario Sunshine réclame beaucoup de temps.

Super Mario Sunshine // Source : Nintendo

Les nerfs à rude épreuve

Super Mario Sunshine risque de mettre vos nerfs à rude épreuve pour plusieurs raisons. Il faut d’abord apprendre à manier correctement le J.E.T., qui agit plus ou moins comme un tuyau d’arrosage (lire : pour la précision, on repassera). Ensuite, il est primordial de dompter la caméra libre, qui a tendance à mal se placer voire à se bloquer contre certaines parois. À l’époque, les joueurs n’avaient pas encore pris le coup de main.

Aujourd’hui, les aficionados maîtrisent beaucoup mieux cet art de gérer les déplacements et l’angle de vue en ajustant correctement les deux sticks analogiques. Mais dans Super Mario Sunshine, certains mouvements restent compliqués à réaliser et Nintendo ne fait rien pour aider le joueur. Pire, la firme nippone s’amuse parfois à pimenter le challenge : une fois la tâche accomplie, il prend un malin plaisir à placer le soleil à ramasser à un endroit compliqué à atteindre. Pas très sympa.

Nintendo ne fait rien pour aider le joueur

Pour ne rien arranger, certaines portions de Super Mario Sunshine prennent la forme de séquences de plateforme à l’ancienne, avec leur lot de pièges à éviter et d’obstacles à surmonter. Ces passages sont de véritables traquenards, tant ils peuvent jouer avec la patience. En plus de la caméra hasardeuse qui n’aide pas toujours à bien voir, Mario aime glisser à la réception d’un saut alors que ça se joue parfois à quelques millimètres. D’aucuns diraient que cela fait partie des qualités de Super Mario Sunshine. Derrière son habillage invitant à une séance de bronzette, le titre cache des vagues pensées pour faire trébucher inlassablement le joueur. On y prend goût, mais certains préféreront se contenter d’un simple château de sable.

Graphiquement parlant, Super Mario Sunshine a pris un petit coup de vieux. Par chance, sa palette de couleurs estivales et la bouille des personnages lui confèrent un charme indéniable. Il y a aussi le rendu de l’eau pour le sauver : les effets aquatiques sont particulièrement bien retranscrits et certains détails ne manquent pas d’attirer le regard (exemple : quand Mario se salit en passant dans la boue). En prime, Nintendo prône le réalisme dans l’utilisation du jet d’eau, qui ne fait pas disparaître les différentes tâches n’importe comment. C’est un gros plus pour l’immersion et nul doute que certains prendront du plaisir à nettoyer les environnements pendant de longues minutes. Un presque jeu — de Kärcher — dans le jeu.

En bref

Super Mario Sunshine

Note indicative : 5/5

Super Mario Sunshine est loin d’être un jeu de vacances. Originale grâce à l’intégration du J.E.T. , qui sert surtout à arroser tout et n’importe quoi, cette aventure de Mario n’est pas un long fleuve tranquille. Et c’est certainement pour ça qu’on l’adore. À sa sortie sur GameCube, il tranchait avec ce que l’on connaissait des précédentes aventures du plombier moustachu.

En parallèle, Super Mario Sunshine est un jeu détestable sur bien des points. Son gameplay d’époque, préservé, accouche parfois de situations complexes à gérer et ce portage Switch ne cherche pas à préserver le joueur des immenses défis qui l’attendent. Esthétiquement paradisiaque, Super Mario Sunshine cache un enfer dans lequel on aime se perdre — et perdre tout court. Au pire, Super Mario 3D All-Stars permet aussi de jouer à Super Mario 64 et Super Mario Galaxy.

Top

  • Un Mario vraiment atypique
  • L'apport du J.E.T. dans le gameplay
  • Un Mario (vraiment) dur

Bof

  • Caméra difficile à dompter
  • Certains passages à s'en arracher les cheveux
  • Ok, le jeu a un peu vieilli

Crédit photo de la une : Nintendo

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