Microsoft tiendra une conférence le 23 juillet prochain, à 18h, heure française. Après un premier loupé, et assumé, la multinationale devra prouver que la Xbox Series X sera capable de rivaliser avec la PS5 en matière de catalogue de jeux.

« Je sais que tout le monde attend avec impatience le Xbox Games Showcase de jeudi prochain. J’ai lu quelques attentes atypiques mais je peux assurer que la conférence se concentrera sur les jeux. Pas de service ni de hardware, simplement les jeux », prévient Aaron Greenberg dans un tweet publié le 16 juillet. Le 23 juillet, on devrait en prendre plein les yeux. Cela tombe bien, car Microsoft est obligé d’en mettre plein les yeux. Ces derniers mois, la multinationale a beaucoup trop soigné sa communication, centrée sur la console, ses technologies et ses services, pour trébucher dans la dernière ligne droite à cause d’un contenu décevant. 

Si les craintes sont légitimes, c’est tout simplement parce que Microsoft a vacillé en mai dernier, à l’occasion d’un Xbox Inside sur les premières phases de gameplay de la Xbox Series X. Ce fut la douche froide. Dans la foulée, Sony n’a pas manqué son premier vrai rendez-vous en offrant un design et des exclusivités de poids à la PS5. « Clairement, nous avons créé des mauvaises attentes et c’est de notre faute. », concédait le même Aaron Greenberg, en voyant les retours des joueurs déçus par cette approche. 

Retours du Xbox Inside // Source : Capture YouTube

The Show Must Go On

Au fond, ce qui est terrible pour Microsoft, c’est que Sony n’a pas nécessairement besoin de faire grand-chose pour soulever les foules. Même une simple boîte de jeu, pourtant pas une information essentielle, a connu un succès médiatique notable : plus de 110 000 mentions « J’aime » et plus de 26 000 retweets. Et quand on voit qu’un logo simpliste peut rassembler plus de 5 millions de « J’aime » sur Instagram, il y a de quoi se poser des questions du coté de Microsoft. Le géant américain paie cette génération Xbox One pendant laquelle il n’a pas su rivaliser, en termes de catalogue, avec les blockbusters de la PS4. Grâce à son statut de leader sur le marché, Sony a moins besoin de rassurer et, pour lui, le silence fut souvent roi.

La génération Xbox One aura au moins permis à Microsoft d’apprendre. Après un départ manqué, matérialisé par l’achat obligatoire de Kinect, un boulet qui a fini par être abandonné, la multinationale a peu à peu placé ses pions. Aujourd’hui, le puzzle se met en place : la Xbox Series X n’aura aucun équivalent en matière de rétrocompatibilité et de transition d’une génération à l’autre (grâce au Smart Delivery), tandis que la fusion entre le Xbox Game Pass Ultimate et Project xCloud est un argument massue. Malheureusement pour Microsoft, ces forces sur lesquelles il a su communiquer ne valent pas un Marvel’s Spider-Man : Miles Morales, un Horizon : Forbidden West, un Ratchet & Clank : Rift Apart ou un Demon’s Souls. Aux yeux des joueurs, ce seront toujours les jeux qui feront le socle d’une console, pas sa puissance supérieure ou ses services associés — si pertinents soient-ils.

Comment faire briller la Xbox Series X avec des jeux qui sortiront également sur la génération d’aujourd’hui ?

Microsoft doit donc aborder ce rendez-vous du 23 juillet avec beaucoup de pression sur les épaules. Il va falloir mettre en avant un catalogue d’exclusivités attractives, dont Halo Infinite sera la tête d’affiche. Il ne faudra pas négliger la donnée historique du jeu de tir à la première personne, puisque la Xbox originale avait impressionné tout le monde avec Halo : Combat Evolved — premier opus de la saga. Microsoft espère sans doute réitérer l’exploit avec une vitrine technologique qui fera préférer une Xbox Series X plutôt qu’une PS5, quand bien même elle sera aussi disponible sur Xbox One S (en moins belle). La transition en douceur voulue par l’entreprise, qui ne veut mettre personne de côté pendant deux ans, est autant un avantage qu’un inconvénient : comment faire briller la Xbox Series X avec des jeux qui sortiront également sur la génération d’aujourd’hui ?

L’ère Xbox One a également permis à Microsoft d’affûter ses armes en rachetant des studios, qui devront porter le futur catalogue Xbox avec des productions de qualité. Depuis 2018, il a fait l’acquisition de Ninja Theory, Playground Games, Undead Labs, Compulsion Games, Obsidian Entertainment, InXile Entertainment ou encore Double Fine Productions. Aujourd’hui, son label Xbox Game Studios compte une dizaine de structures et il pourrait passer à la vitesse supérieure si le rachat des studios de la division gaming de Warner Bros. se concrétise. Avec une telle force de frappe, il n’y aura plus aucune excuse à trouver à Microsoft, qui doit ajouter de nouvelles marques à son portfolio — au-delà de Gears of War et Halo.

Avec ce focus sur les jeux, on peut déjà faire une croix sur l’officialisation de la Xbox Series S, console moins puissante qui devrait accompagner la Xbox Series X au lancement avec un prix plancher plus bas. Elle ne sera pas un sujet la semaine prochaine, et c’est tant mieux.

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