Microsoft ferait partie des candidats au rachat de la division gaming de Warner Bros., actuellement entre les mains de AT&T. Récupérer tous les studios concernés ajouterait plus d'une corde à l'arc de la multinationale dans sa lutte contre Sony.

Il pourrait bientôt y avoir une acquisition retentissante sur le marché du jeu vidéo. Selon les informations de The Information publiées le 6 juillet, le groupe AT&T, endetté, pourrait mettre en vente la division gaming de Warner Bros.. Elle réunit plusieurs studios de renom dont : Rocksteady Studios (les excellents Batman : Arkham), NetherRealm Studios (les appréciés Mortal Kombat), TT Games (les adaptations LEGO), Monolith Productions (les jeux Le Seigneur des anneaux), WB Games Montréal (Batman : Arkham Origins) et Avalanche Software (qui travaillerait sur un jeu Harry Potter). Parmi les candidats intéressés, il y aurait Microsoft.

La somme de 4 milliards de dollars est évoquée pour s’offrir ces structures qui seraient également convoitées par Electronic Arts, Activision Blizzard et Take-Two Interactive — trois éditeurs américains à la puissance financière colossale. A priori, elle ne comprend pas les différentes licences dans lesquelles Warner Bros. Interactive Entertainment pioche pour son catalogue, exception faite de Mortal Kombat. Les marques phares — Harry Potter, DC Comics — resteraient la propriété de AT&T (via WarnerMedia).

Batman Arkham Knight
Batman Arkham Knight

Pourquoi Microsoft doit faire tapis

Ce n’est pas la première fois qu’une mise en vente de ces atouts est mentionnée puisque le média CNBC en faisait déjà écho il y a un peu moins d’un mois. À l’époque, Microsoft n’était pas cité dans la liste des multinationales intéressées. Le géant aurait pourtant tout intérêt à signer le gros chèque, si l’opportunité se présente. Quand bien même il ne récupérerait pas les licences juteuses (qu’il pourrait toujours négocier ensuite), il s’offrirait une sacrée force de frappe pour lutter contre Sony. Le rival japonais s’appuie sur des studios à lui pour affirmer sa ligne éditoriale sur PlayStation. Et cela donne des jeux plébiscités comme God of War, Marvel’s Spider-Man ou, plus récemment, The Last of Us Part II.

Ces derniers mois, Microsoft a d’ailleurs saisi plusieurs opportunités pour gonfler son nombre de talents susceptibles de donner naissance à des jeux qui marquent les esprits. Depuis 2018, il a racheté Ninja Theory, Playground Games, Undead Labs, Compulsion Games, Obsidian Entertainment, InXile Entertainment ou encore Double Fine Productions. Ils sont réunis dans la structure Xbox Game Studios. Plus Microsoft aura de studios dans son giron, plus il pourra parfaire ses ambitions dans son rôle d’éditeur — une fonction qui lui fait défaut sur la génération actuelle. Pour ne plus souffrir de la comparaison avec Sony, qui empile déjà les exclusivités attractives sur PS5, Microsoft est dans l’obligation de mettre les meilleures chances de son côté.

Néanmoins, on n’oubliera pas la jurisprudence Rare, récupéré en 2002 par Microsoft alors que l’entreprise avait enchaîné les succès critiques pour le compte de Nintendo (Donkey Kong Country, GoldenEye 007, Banjo-Kazooie, Perfect Dark…). Depuis qu’il est passé sous pavillon américain, Rare n’est plus que l’ombre de lui-même et on attend toujours la production qui justifiera l’argent mis sur la table il y a maintenant près de 20 ans. Aujourd’hui, on se dit quand même que Microsoft ne dépenserait pas 4 milliards de dollars pour rien.

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