La démarche de cette anthologie est de rendre hommage aux pulps du 20e siècle, où tout un pan de la SF est né.

La science-fiction doit beaucoup aux pulps, à travers lesquels elle s’est en grande partie forgée. De grands auteurs de l’âge d’or de la SF (années 1930-1950) ont débuté en publiant dans cet ancien format de magazine très populaire dans la première partie du 20e siècle. Des revues comme Amazing Stories, Galaxy ou Astounding Stories ont publié les premières nouvelles d’écrivains comme Isaac Asimov ou Arthur C. Clarke et Poul Anderson, et des textes de Jules Verne, H.G Wells, H.P. Lovecraft.

L’anthologie Aventures sidérantes, coordonnée par Martin Lessard et portée par Xavier Dollo, vient d’être publiée en juin 2020 pour rendre hommage à ces pulps. L’ouvrage rassemble 16 nouvelles provenant de 16 auteurs et autrices francophones. C’est là, aussi, où Aventures sidérantes trouve son intérêt : si les pulps relèvent plutôt de la culture américaine, l’anthologie met en avant la littérature de l’imaginaire française. Voilà qui permet de rappeler que la France est — et a toujours été — un vivier de SF, contribuant aussi à en faire un genre aux multiples facettes.

« L’utlime dépaysement »

Depuis l’âge des pulps, la SF a évolué. Elle mène aujourd’hui à d’autres voies littéraires, d’autres explorations de l’imaginaire, d’autres futurs possibles. Alors, pourquoi faire revivre les pulps à notre époque à travers une anthologie ? C’est Martin Lessard qui, dans la préface, y répond : les pulps apportaient, explique-t-il, « l’ultime dépaysement ». Ils sont un genre à eux-mêmes qui « englobe un filon de thèmes anciens propres aux aventures les plus folles, à l’étonnement, au merveilleux scientifique ». Et il est vrai que, dans les pulps, vous avez de fortes chances de croiser des « savants fous, des envahisseurs extraterrestres, machines de toutes sortes ».

Des couvertures issues d’Amazing Stories, célèbre pulp de SF.

L’anthologie Aventures sidérantes (dont rien que le titre rappelle bien celui des pulps) fait revivre cette partie-là de la science-fiction, sur laquelle le genre s’est construit. En 2020, à un moment où la SF connaît de grands renouvellements, de nouveaux genres (hopepunk) et de nouvelles pièces maîtresses, ce retour aux origines est un voyage aussi culotté que fascinant. La démarche permet de percevoir les évolutions et, inversement, les constantes de cette littérature. Il s’agit presque d’un travail encyclopédique, mais réalisé par la fiction, par la plume d’auteurs et d’autrices.

D’ailleurs, l’ouvrage piloté par Martin Lessard ne cherche pas à ressusciter les pulps. Les nouvelles présentées ont tendance à moderniser le genre, en actualisant la science, et en le débarrassant de ses traits sexistes par exemple (notons par ailleurs que c’était un milieu très masculin, peu de femmes écrivaient dans les pulps — heureusement, c’est loin d’être le cas dans Aventures sidérantes). La proposition n’est pas celle d’un retour en arrière dans l’histoire de la SF mais plutôt de créer un pont temporel entre deux approches SF séparées dans le temps.

Crédit photo de la une : Xavier Collette

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