Sony et Microsoft ont tour à tour dévoilé l'architecture de leur future console. Les deux rivaux s'accordent sur un point : la surenchère de détails techniques incompréhensibles du grand public, au détriment des informations générales sur les produits et les jeux. Un combat de coqs et de chiffres qui a le don de lasser en 2020.

Sony avait donné rendez-vous ce mercredi 18 mars pour une présentation dédiée à la PlayStation 5, dont les contours avaient été dessinées il y a déjà quelques mois — par écrit. On pourrait résumer la longue vidéo ainsi : pendant un peu plus de 50 minutes, Mark Cerny, architecte de la console, a parlé des bienfaits du SSD (en 2020, oui), des promesses de l’audio 3D ou encore des avancées en matière de GPU/CPU… En d’autres termes, il a livré des détails techniques ultra pointus, qui ne parleront pas au grand public — pourtant la principale cible des consoles. Pas l’ombre d’une vidéo de gameplay à l’horizon, ni même une esquisse de design : les informations que les gens désirent attendront et il se forge alors cette idée d’une communication étrange.

Dans la foulée, Digital Foundry s’est fendu d’une plongée dans les entrailles de la PlayStation 5, remplissant chaque case d’un tableau de caractéristiques pas franchement intéressantes pour qui souhaite profiter des consoles et non développer dessus. Cette présentation, attendue pour répondre à Microsoft, ne nous a rien appris de plus : la PS5 sera plus puissante que la PS4, pourra lire les jeux de la PS4 (une centaine au lancement, nous promet-on), bénéficiera des apports du SSD (temps de chargement ultra réduit) et sera un bonheur pour les studios de développement. Bref, Sony s’est fendu d’une retranscription vidéo de l’article paru dans Wired…  en avril 2019.

On espère que vous êtes mieux avancés en sachant ça

PS5 et Xbox Series X, même combat

On ne sait pas ce qui est passé par la tête de Sony quand il s’est dit que diffuser cette vidéo explicative auprès du grand public serait une bonne idée. D’autant que la multinationale a pris soin de faire grimper la température en passant par son PlayStation Blog, le portail de sa communauté. Le verdict est sans appel : non seulement il manque la carotte qui donne envie (le design, au hasard) mais, en prime, ces 50 minutes furent soporifiques pour qui n’y connaîtrait rien en architecture informatique (c’est-à-dire beaucoup de gens).

Comme si Sony pensait s’adresser uniquement à des férus de bande passante, de CUs ou de téraflops. Comme si Sony s’adressait, en quelque sorte, à des joueurs PC très connaisseurs. Comme si, in fine, la vue éclatée d’une console était un élément qui déclencherait l’achat. On avait l’impression de revivre une guerre à la puissance des marques de cartes graphiques ou de processeurs, qui ne passionne plus grand monde.

Car Microsoft n’a pas fait beaucoup mieux avec la Xbox Series X — si ce n’est le look, maigre consolation. À trois reprises, au moins, l’Américain a rappelé combien sa console était la plus puissante jamais conçue. Et, en début de semaine, nous avons eu droit à un article fouillé — toujours chez Digital Foundry, décidément — pour vanter ses nombreux mérites. On peine à comprendre cette communication où tout semble compliqué pour pas grand-chose. La puissance n’est jamais mieux montrée qu’avec une jolie bande-annonce.

Là, on n’a droit qu’à des chiffres et des promesses, sinon des illustrations qui ne tromperont personne. Spoiler : les temps de chargement de Spider-Man PS4 seront plus courts sur PS5 et Gears 5 sera encore plus beau sur Xbox Series X — merci pour ces informations, rendez-moi mes 50 minutes. Ce n’est pas la communication que les joueurs veulent. Les consoles sont normalement pensées pour être simples à utiliser et, par ricochet, à comprendre. Joueuses et joueurs se fichent de savoir qu’un SSD permet de charger des textures plus vite. Il veut surtout voir à quel point GTA VI sera beau et plaisant, manette en mains et qu’il chargera effectivement plus vite.

On a quand même appris quelque-chose ce soir : la PlayStation 5 sera moins puissante que la Xbox Series X (les fameux téraflops). Sauf qu’on ne sait pas dans quelle mesure cette différence aura un impact sur les jeux. Car oui, la Xbox One X était déjà la plus puissante des consoles, mais ce n’est pas ça qui en a fait la reine des salons de la génération précédente.

Bref, c’est presque devenu moins compliqué d’acheter un PC.

Partager sur les réseaux sociaux