Qu’est-ce qu’un Mario 2D ? C’est assez simple : s’il n’a jamais été évident de désigner quels jeux sont considérés ou non comme des Mario, définir un jeu Super Mario en 2D est une formalité. Il doit simplement s’agir d’un jeu de plates-formes à défilement horizontal, en vue dite de côté, dont Mario est le protagoniste principal. N’attendez donc pas de Super Mario Odyssey ici, mais plutôt des titres cultes ayant marqué plusieurs générations de joueuses et de joueurs, (très) positivement pour la plupart.
Attention cependant, ce n’est pas juste une question de titre : par souci de cohérence, nous avons comptabilisé Super Mario World 2: Yoshi’s Island vu que Mario est constamment présent à l’écran sur le dos de Yoshi. En revanche, un jeu comme Super Mario Land 3: Wario Land, en dépit de son excellence pour l’époque, n’apparaîtra pas dans ce classement vu qu’on n’y incarne que Wario et que Mario n’y fait qu’une brève apparition.
Non classés : les Super Mario Maker

Le concept est certes exceptionnel, mais la qualité de ces jeux dépend finalement en grande partie de ce que les joueurs en font. En outre, il ne semble pas spécialement pertinent de proposer dans ce classement une sorte de compilation qui reprend des éléments de gameplay et de décor de précédents épisodes cultes, et ce même si l’excellent Super Mario Maker 2 offre un mode solo très sympathique qui occupe une bonne dizaine d’heures. Si on avait dû classer ce dernier, il aurait été à coup sûr dans le top 10, mais ainsi sont faites les règles.
14. New Super Mario Bros. 2

En 2012, pour sa deuxième année d’exploitation, la Nintendo 3DS ne connaît pas une popularité aussi rapide que sa grande sœur. C’est donc l’occasion de tenter de la booster avec la suite de celui qui constitua la meilleure vente de la Nintendo DS avec ses 30 millions d’unités écoulées, et la firme kyotoïte cède à la facilité d’un New Super Mario Bros. 2 absolument pas inspiré. Sorti en plein mois d’août dans un relatif anonymat, son game design est centré principalement autour de la collecte de pièces et manque du génie habituel qui caractérise les productions étiquetées Super Mario. Pas un mauvais jeu, loin de là, mais un Mario très oubliable, qui marquera quand même l’histoire en étant le premier jeu Nintendo à proposer du contenu additionnel payant (plutôt convaincant cela dit), histoire d’enfoncer le clou. Beaucoup seront d’accord : c’est d’assez loin le moins bon Mario 2D.
13. Super Mario Land

C’est l’heure d’un premier crève-cœur dans cette liste : oui, pour son époque, Super Mario Land était assez prodigieux sur Game Boy, en tant que jeu de lancement chapeauté par le regretté Gunpei Yokoi, architecte de la portable à succès de Nintendo et également concepteur des Game & Watch. Hélas, très vite, et surtout une fois sa suite dévoilée, le premier jeu à mettre en scène la princesse Daisy a pris un coup de vieux phénoménal. D’une précision pas incroyable en comparaison de ses illustres aînés sur NES/Famicom, il se boucle qui plus est en un temps record et ne propose pas vraiment de rejouabilité. En 1989 c’était génial, mais il y a des chef-d’œuvre qui ne passent pas l’épreuve du temps, c’est comme ça.
12. New Super Mario Bros. Wii

Comment peut-on oser classer aussi bas un jeu vendu à 30 millions d’exemplaires et doté d’une moyenne de 87 sur Metacritic ? En étant très subjectif bien sûr (ça tombe bien, c’est le but de ce type d’article) et en ouvrant factuellement les yeux sur deux ou trois défauts criants rendant ce jeu clairement inférieur à ses semblables. D’abord son absence quasi totale de prise de risque : conscient du carton de New Super Mario Bros. sur DS, Nintendo en propose fort logiquement une version Wii vouée à cartonner. New Super Mario Bros. Wii manque cruellement d’originalité et ce jusqu’à sa bande son, quasiment reprise intégralement de l’opus DS.
Son contenu manque également de folie, avec un post-game pas très ambitieux, mais surtout, et c’est ça le plus grave : c’est un jeu pensé pour la Wii, et pas autrement. Alors qu’il aurait pu être parfaitement jouable avec n’importe quel contrôleur, la Wiimote est imposée, et le gyroscope, entraînant régulièrement des sauts tournoyants non sollicités, ne peut jamais être désactivé. Il en résulte un jeu parfois énervant, et qui, une fois couplé à une inspiration limitée, en fait un des moins bons Mario de l’histoire. Ah, et pour finir, peut-être que vous ça vous amuse de jouer à quatre et de vous faire des crasses (ce pour quoi le jeu a clairement été pensé), moi ça m’horripile et je n’y prends aucun plaisir. Next.
11. Super Mario Run

Lorsque Shigeru Miyamoto est apparu en plein showcase Apple en 2016, la surprise fut de taille. Un événement que personne n’avait vu venir se produisait alors : Super Mario arrivait sur iPhone, avec un jeu officiel produit par son créateur. Sorti en décembre 2016 sur iOS puis 3 mois plus tard sur Android, Super Mario Run fut une petite sensation en son temps. Pensé pour être jouable avec un seul doigt, ce runner n’est pas un jeu de plates-formes comme les autres vu qu’on ne fait que guider un Mario qui court tout seul, en le faisant sauter et récupérer des pièces. Un concept qui se marie pas trop mal à l’univers de Mario, mais dont le modèle économique et la durée de vie furent pas mal critiqués à sa sortie. Cependant, la prise de risque est à saluer, surtout que Nintendo a continué de régulièrement le mettre à jour, et qu’il n’a pas vraiment d’équivalent dans son genre.
10. Super Mario Bros. 2 ‘The Lost Levels’

Moins d’un an après la sortie de la légende qui a bouleversé l’histoire du jeu vidéo (et même de la pop culture), n’y avait-il rien de plus prévisible qu’une suite ? Sobrement intitulé Super Mario Bros. 2, il n’est ni plus ni moins qu’une sorte d’extension beaucoup plus difficile de Super Mario Bros.. Nouveaux niveaux, nouveaux pièges et ennemis, challenge accru jusque dans des proportions à la limite de l’acceptable… sorti en juin 1986 au Japon sur Famicom, cette suite pensée pour les hardcore gamers ne quitte pas l’archipel, et ne se fera connaître du public occidental qu’en étant intégrée à l’exceptionnelle compilation de remakes Super Mario All-Stars sur Super Nintendo en 1993. Les fans les plus acharnés adorent, mais il faut être objectif : c’était un peu abusé de faire ça comme suite, surtout quand on voit ce qui avait été proposé comme suite à The Legend of Zelda à la même époque, et avec à peu près les mêmes délais de conception.
9. Super Mario Bros. 2 ‘USA’
En 1987, la Famicom accueille un jeu dont on aurait pu ne jamais entendre parler en Occident si Nintendo of America ne s’en était pas emparé pour l’adapter à la sauce Mario et en faire un « Super Mario Bros. 2 occidental ». Ce titre assez original et inattendu, conçu un peu en réaction à l’exclusivité japonaise du vrai Super Mario Bros. 2 très difficile et paru uniquement au pays du Soleil Levant en 1986, n’a pas grand-chose d’un Mario dans son univers, mais il va cependant instaurer tout un bestiaire qui sera repris dans d’innombrables épisodes ultérieurs. C’est aussi le premier jeu où l’on peut incarner Toad et la princesse Toadstool (pas encore baptisée Peach en Occident à l’époque), et où les quatre personnages jouables disposent chacun de leurs propres statistiques en termes de hauteur de saut et de vitesse de course (et de déterrage d’objets), ce qui en faisait une jolie prouesse d’ensemble pour l’époque. Néanmoins, sa jouabilité un peu imprécise, et son côté vilain petit canard de l’ère NES, en font un jeu moins mythique que les deux qui l’entourent dans la trilogie de légende.
8. Super Mario Land 2: 6 Golden Coins

Durant le début des années 1990, une idée folle germe dans l’esprit des concepteurs en charge des exclusivités Game Boy chez Nintendo : porter des hits de la Super Nintendo sur la petite portable, plutôt que ceux de la vieillissante NES. C’est ainsi que naît Super Mario Land 2, infiniment plus ambitieux que son aîné, et qui réutilise notamment le sprite principal de Mario exploité dans Super Mario World. Le jeu jouit également d’une map divisée en six mondes pour une trentaine de niveaux, que l’on peut explorer dans l’ordre souhaité (une première !) avec une possibilité de sauvegarder qui plus est. Bref, une vraie prouesse sur Game Boy, en dépit de quelques moments pas trop inspirés et de petits soucis techniques peu communs pour un jeu Mario. Mais il y a encore largement mieux.
7. New Super Mario Bros. U

Trois mois seulement après un New Super Mario Bros. 2 franchement médiocre (en tout cas pour du Mario) et qui semblait clairement conçu à la hâte par une équipe B, l’arc des New s’offre un point final à la sortie de la Wii U en novembre 2012, avec un New Super Mario Bros. U souvent injustement boudé en tant qu’épisode de trop. C’est pourtant probablement le plus complet de cette série du reboot, et en plus, c’est le tout premier jeu Mario en haute définition. Porté par quelques idées audacieuses et un peu de folie dans sa direction artistique (le niveau à la Van Gogh, mamma mia !), il ressortira sur Switch en 2019 accompagné de son DLC standalone mettant en scène Luigi dans des niveaux retravaillés et avec un gameplay plus exigeant. Et honnêtement, on a longtemps cru que ce serait le dernier Mario 2D de l’histoire, tant il faisait tout (très) bien, et sans perspective de potentielle évolution au vu de ce que proposait Super Mario Maker 2.
6. New Super Mario Bros.

Pour les 20 ans (plus ou moins) de Super Mario Bros., et alors qu’aucun épisode inédit en 2D n’est paru depuis une décennie entière, Nintendo a l’idée assez géniale de moderniser une formule à succès à l’occasion d’une sorte de reboot sur DS. Il s’intitule New Super Mario Bros., réhabilite le platformer 2D à une époque où plus personne n’en ose (la hype des jeux indépendants n’existe pas encore), invente de nouveaux power-up diversifiant considérablement une proposition de gameplay aux bases ultra maîtrisées… c’est assurément le plus marquant de la série des New, mais en termes de reboot inattendu de la franchise, on a vu encore plus fort.
5. Super Mario Bros. Wonder

Il ne pouvait pas éviter le top 5 : en sortant en fin de vie de la Switch, Super Mario Bros. Wonder n’avait pas constitué une surprise uniquement parce qu’il arrivait au moment où plus personne n’attendait ce type de proposition. Porté par une direction artistique fabuleuse et un grain de folie permanent dans ses idées de gameplay et d’ambiance, le dernier jeu Super Mario inédit en date a apporté un vent de fraîcheur considérable à un genre et à une licence, devenant indiscutablement un des derniers hits d’une console qui n’en a pas manqué. Seules ombres au tableau : les vieux de la vieille le trouvent trop facile et trop court.
Points forts
- Visuellement généreux
- Le savoir-faire de Nintendo
- Mario éléphant
Points faibles
- Ok, on a l’impression d’être drogué
- Les personnages jouables sont des clones
- Ça reste un Mario en 2D
4. Super Mario World

Ça y est, c’est l’heure du crève-cœur. Dans un classement pareil, il fallait un 4ème dont le positionnement allait fatalement faire rager, et même culpabiliser l’auteur de ces lignes. Il faut dire que Super Mario World, à titre purement personnel, est vraiment l’un des jeux les plus importants de mon enfance, qui a lancé une machine mythique (la Super Nintendo), introduit un personnage génial (Yoshi) et offert un monde passionnant à explorer, rempli de sorties secrètes et de raccourcis. Pourtant, dans un combat qui l’opposera éternellement à son contemporain sur NES (voir un peu plus bas), Super Mario World garde de côté « jeu de début de génération » qui n’impressionne peut-être pas autant qu’il devrait, avec le recul. Qu’on ne s’y trompe pas : cela reste un jeu d’anthologie, et il aurait pu figurer sur la troisième voire la deuxième marche du podium sans qu’on n’y trouve à redire.
3. Super Mario Bros.

Si l’on avait osé exclure The Legend of Zelda du podium des meilleurs jeux de la licence qu’il a lancée, la réflexion fut plus délicate en ce qui concerne Super Mario Bros., et pour cause : il a encore davantage révolutionné le jeu vidéo et lancé une success story sans précédent chez un constructeur de consoles. Mais surtout, il demeure encore très populaire, et même très joué : non seulement, il constitue l’un des jeux les plus importants de la scène speedrun, mais il est régulièrement inclus en tant que jeu jouable dans son intégralité dans diverses publications plus modernes chez Nintendo, ne serait-ce que l’année dernière dans Nintendo Switch 2 Welcome Tour. Longtemps auréolé du titre de jeu le plus vendu de l’histoire, Super Mario Bros. est au jeu vidéo ce que Thriller de Michael Jackson est à la pop music : une icône incontournable, indémodable, et qui s’apprécie toujours plus de quatre décennies plus tard. Ah, et puis bon, il en fallait un pour séparer les deux belligérants qu’on oppose sans cesse.
2. Super Mario Bros. 3

Comment pouvait-on faire plus fort que la révolution hors du commun que constitua Super Mario Bros. en 1985 ? En reprenant toutes les bases qui ont fait son succès et en les enrichissant considérablement. Trois ans plus tard paraît Super Mario Bros. 3, une prouesse de game design absolue dont on peine encore à comprendre comment elle peut tourner sur un hardware aussi désuet qu’une Famicom/NES déjà en fin de vie, et menacée alors par les premières consoles 16-bit, Mega Drive de SEGA en tête. Cette fois-ci, on peut revenir en arrière dans les niveaux, qui proposent davantage de verticalité vu que Mario peut désormais y voler, triplant littéralement son nombre de transformations (de 2 à 6). Super Mario Bros. 3 est la vision ultime du projet de Shigeru Miyamoto et de Takashi Tezuka, très certainement le meilleur de la NES, et… le meilleur jeu en 2D où on joue Mario (vous allez comprendre).
1. Super Mario World 2: Yoshi’s Island

Eh oui, on a osé, et on assume à 100 %. Le meilleur jeu Super Mario en 2D est un jeu où on ne joue pas vraiment Mario, même si c’est le cas durant certaines phases très spécifiques. Chant du cygne de la Super Nintendo, une console d’exception, on peut lui attribuer les mêmes louanges qu’à Super Mario Bros. 3 (voir ci-dessus), à une différence près : il s’agit d’un titre qui a pris de nombreux risques, notamment celui d’un parti pris artistique tellement gonflé que le jeu n’a pas pris une ride et demeure un immense plaisir à parcourir 30 ans après, et met à l’amende tous ses contemporains parus au début de l’ère 32-bits, sur des consoles bien plus puissantes. Monument de game design et de direction artistique, porté par une bande originale d’anthologie et rempli de secrets en tous genres, inaugurant avec brio la dimension collection désormais chère à tant de jeux Nintendo, Yoshi’s Island demeure un des plus grands jeux vidéo de tous les temps et on peine très sincèrement à lui trouver un rival dans son domaine. Il faudra attendre l’avènement de jeux en 2DHD, tel Rayman Origins, 15 ans plus tard, pour vaguement l’envisager, c’est dire l’étendue de la prouesse.
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