Pendant la gamescom 2023, Numerama a rencontré Rod Fergusson, en charge de la saga Diablo pour Blizzard. Il est revenu sur le lancement houleux de la première saison de Diablo IV. Le studio en a tiré des leçons bénéfiques.

« C’est le ton sombre du premier, la progression du deuxième et les combats du troisième », voilà comment Diablo IV est résumé par Rod Fergusson, en charge de la saga culte pour Blizzard. Numerama a pu s’entretenir avec lui lors d’une rencontre organisée dans le cadre de la gamescom 2023. On a surtout parlé de la manière dont le studio gère les attentes des joueuses et des joueurs, à une époque où le moindre petit changement peut créer un séisme sur les réseaux sociaux.

Rod Fergusson voit un jeu-service comme une discussion continuelle avec la communauté. Et il n’a pas peur de revenir sur la saison 1 de Diablo IV, lancée avec une mise à jour qui a copieusement déçu. « C’est là où on apprend le plus. Par exemple, pour la saison 1, on aurait dû faire mieux. On avait des idées en tête, mais on ne voulait pas retirer le fun des gens non plus. Néanmoins, on aurait pu faire un meilleur travail de communication sur la philosophie derrière nos changements. On ne voulait pas décevoir les gens, mais il fallait qu’on évolue. Il n’y a pas qu’une seule façon de jouer. » Ce n’est pas un exercice facile, dans le sens où une seule mise à jour ne peut pas contenter tout le monde.

Source : Blizzard
Blizzard a connu quelques difficultés avec la saison une de Diablo IV. // Source : Blizzard

« Nous devons être meilleurs sur la gestion des attentes »

Ce méaculpa de Rod Fergusson est matérialisé par un désir de communiquer davantage — « On a compris qu’il fallait qu’on communique plus, qu’on partage les changements bien avant. » Blizzard en a déjà pris acte, en témoignent la publication bien en amont des notes de patch ou encore les feux de camp, ces points ponctuels qui permettent d’annoncer les grands chantiers.

L’idée directrice est de répondre au mieux aux demandes, point qui rend fier Rod Fergusson. : « C’est l’enseignement que nous avons tiré de la saison 1 : nous devons être meilleurs sur la gestion des attentes (…). Nous estimons avoir fait ce qu’il fallait pour le bien du jeu. On ne pense pas avoir fait une erreur. Mais avec une meilleure gestion, nous continuerons d’embarquer les gens », dit-il.

Il ne faut pas occulter le fait que Diablo IV, dans son évolution, reste un travail d’équilibriste et, parfois, un terrain d’expérimentations. « La saison 1 a été un challenge en termes d’ambitions, car nous l’avons développée en même temps que le jeu. On la voit plus comme des fondations pour la suite », justifie Rod Fergusson. En ce sens, les quelques échecs essuyés ne sont pas dramatiques, à partir du moment où des leçons en sont tirées dans le but d’offrir la meilleure expérience possible.

On peut déjà percevoir une évolution dans l’approche de la saison 2, avec un casting notamment composé de l’actrice Gemma Chan (vue dans le film Les Éternels). Le recrutement d’une star souligne une emphase sur l’histoire, au point de brouiller les pistes avec une extension pure et dure. Sur ce point, Rod Fergusson précise : « On essaie de bâtir les saisons pour plaire à nos deux catégories de joueurs : ceux qui préfèrent la narration, et ceux qui préfèrent les mathématiques [tester différentes builds]. »

Au final, on sent que Rod Fergusson reste satisfait du travail accompli jusque-là, estimant que Diablo IV a répondu aux attentes initiales, « Entre Diablo III et Diablo IV, il y a eu 11 ans et les gens ont eu le temps de les nourrir ». Il voit le jeu comme « un hommage au passé » pour l’héritage, doublé d’un « monde ouvert partagé » pour l’innovation. L’avenir dira si Diablo IV saura, ou non, tenir dans le temps, à une époque où on peut passer de gloire à cancre en un rien de temps. Le pire ennemi de Diablo IV est peut-être bien Diablo IV lui-même.

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