La méga franchise Assassin's Creed d'Ubisoft va, à son tour, épouser le format du jeu-service. Cela veut dire que le futur épisode prendra la forme d'une plateforme élaborée pour durer dans le temps.

Parfois contre vents et marées, la saga Assassin’s Creed a beaucoup évolué : d’une série de jeux d’action/aventure orientés infiltration à une épopée de RPG, rappelant The Witcher 3 : Wild Hunt dans la forme. Elle s’apprête, à nouveau, à connaître un grand changement. Sans doute le plus important depuis sa création. Dans un communiqué publié le 7 juillet, Ubisoft a officialisé le développement d’Assassin’s Creed Infinity. Il s’agira d’un jeu-service, soit une plateforme connectée qui recevra du contenu pendant très longtemps.

En somme, Assassin’s Creed Infinity va épouser la structure vertueuse de titres phares comme Fortnite, Apex Legends ou encore Destiny 2. Ubisoft n’a pas donné énormément de détails, contrairement à Jason Schreier. Le journaliste réputé de Bloomberg a vendu la mèche, forçant Ubisoft a dévoiler ses plans.

Assassin’s Creed Valhalla // Source : Ubisoft

Assassin’s Creed devient à son tour un jeu-service

La licence Assassin’s Creed pèse déjà plus de 155 millions de ventes depuis 2007 mais Ubisoft estime qu’il est temps d’en faire quelque chose d’encore plus gros. On peut comprendre les motivations qui se cachent derrière un jeu-service. Pour les joueuses et les joueurs, c’est l’assurance d’avoir du contenu pendant des années, proposé à intervalles réguliers. Pour Ubisoft, ce sera la garantie d’avoir des rentrées d’argent pendant longtemps, avec un retour sur investissement indéniable. Les meilleurs jeux-service sont capables de tenir des années. Meilleur exemple ? GTA V  : sorti en 2013, il rapporte des millions de dollars à Take-Two Interactive grâce à son mode multijoueur — constamment mis à jour.

Il est facile d’imaginer à quoi pourrait ressembler Assassin’s Creed Infinity. L’ADN de la saga s’articule autour d’une technologie capable de nous faire revivre les mémoires de nos ancêtres. Ainsi, Assassin’s Creed Infinity pourrait être composé d’un hub donnant accès à diverses époques, correspondant à autant de grosses mises à jour (qui devraient bien évidemment être payantes). En termes de narration, on s’y retrouverait beaucoup plus qu’aujourd’hui, puisque les liens entre les épisodes les plus récents sont, au mieux, anecdotiques. À l’origine, Assassin’s Creed avait été imaginé comme une vaste histoire centrée sur un seul héros — Desmond Miles — et étalée sur plusieurs jeux. Cette voie a pris fin après le troisième opus qui se concluait par la mort du personnage. Depuis cet événement, les Assassin’s Creed ont coupé le fil de la continuité narrative, se rattachant plus à la marque et à un concept qu’à un univers commun.

Explorer plusieurs époques depuis un unique point d’entrée

On peut estimer qu’Assassin’s Creed Valhalla, lancé en fin d’année dernière, a déjà épousé ce format consistant à faire vivre le jeu pendant plusieurs mois. Le blockbuster d’Ubisoft bénéficie d’un suivi poussé, grâce à la sortie de plusieurs extensions encourageant les fans à y retourner. Assassin’s Creed Infinity irait encore plus loin dans cette philosophie, en offrant l’opportunité d’explorer plusieurs époques fidèlement reconstruites — la grande force de la saga — depuis un seul point d’entrée.

Pour parvenir à ses fins, Ubisoft rassemble les forces de ses deux plus gros studios liés à Assassin’s Creed : les antennes situées à Montréal et à Québec fusionnent en vue d’une collaboration totale sur l’avenir de la marque. Auparavant, elles se passaient le flambeau, avec tout ce que cela peut impliquer en termes de compétition (et ses conséquences sur le développement). Assassin’s Creed Valhalla (2020) a été supervisé à Montréal, à l’instar d’Assassin’s Creed Origins (2017), contrairement à Assassin’s Creed Odyssey (2018), développé à Québec. Pour Ubisoft, il s’agit d’une opportunité pour « évoluer vers un projet plus intégré et plus collaboratif, moins centré sur les studios  ». L’approche jeu-service pourrait aussi devenir une aubaine pour retrouver le rythme de sortie d’avant : un opus par an. Ce rythme soutenu avait poussé Ubisoft à ralentir la cadence, après la colère légitime des joueuses et des joueurs face à la qualité en baisse. 

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