Le directeur de production des épisodes 3, 4 et 5 de The Last of Us s’est confié sur la particularité du cinquième épisode. La scène de nuit fut un défi tout particulier.

La gestion des lumières, dans une œuvre cinématographique, n’est pas un détail. Cela change l’atmosphère. Cela peut aussi compliquer l’expérience des spectateurs et des spectatrices — ayons une pensée émue pour certaines scènes de la saison 8 de Game of Thrones que nous n’avons vu qu’à moitié, même en les regardant entièrement.

Il se trouve justement que toute une séquence assez spectaculaire de l’épisode 5 de The Last of Us se déroule de nuit… en extérieur. Et ce ne fut pas une mince affaire, comme le narre Eben Bolter, directeur de production, sur son compte Twitter et dans une interview pour Slashfilms datée du 11 février. Il a fallu inventer une « nouvelle solution d’éclairage ».

Le système d'éclairage de la scène de nuit dans l'épisode 5 de The Last of Us. // Source : Eben Bolter/HBO
Le système d’éclairage de la scène de nuit dans l’épisode 5 de The Last of Us. // Source : Eben Bolter/HBO

Un système d’éclairage conçu rien que pour cet épisode 5

Le quartier dans lequel se déroule cette partie de l’épisode, la nuit tombée, est un cul-de-sac créé de toute pièce par HBO. Tout est donc parti… d’un terrain vague de 600 mètres carré. La production a entièrement construit 16 maisons factices, « totalement contrôlables de nuit ».

Mais il y avait un autre obstacle majeur à gérer pour Eben Bolter et son équipe : dans un monde post-apocalyptique, il n’y a pas d’électricité. La seule source lumineuse diffuse, en plus des coups de feu, des loupiotes des armes, et des phares de voitures, est : la Lune. « Notre esthétique étant ancrée dans la réalité, nous avons dû concevoir un clair de lune naturel à grande échelle, tout en permettant au public de voir », explique Bolter.

Mais ce n’est pas tout : la météo de Calgary, ville canadienne du tournage, ne facilitait rien. Elle est « réputée pour ses vents violents, sa pluie et sa neige, nous avions donc besoin d’une solution de clair de lune qui puisse y résister ».

16 maisons factices et un clair de Lune créé par un filet creux de 400 LED. // Source : Eben Bolter/HBO
16 maisons factices et un clair de Lune créé par un filet creux de 400 LED. // Source : Eben Bolter/HBO

La solution, innovante, a été créée spécialement pour la séquence : un gigantesque « ‘filet’ d’éclairage » mais sans tissu, capable de laisser passer le vent, faisait tout le tour du faux quartier. Ainsi, lorsque le vent se levait, parfois jusqu’à plus de 80 km/h, il passait au travers et le tournage pouvait continuer. Le filet était disposé en grilles portées par quatre grues, portant au total 400 tubes LED bicolores de 2,5 mètres de long.

Eben Bolter a ajouté, dans son thread, les photos impressionnantes du dispositif :

Au total, le tournage de cette seule séquence de nuit dans le Kansas City post-apocalyptique de The Last of Us a pris quatre semaines. Bolter confie même à Slashfilms que ce fut « probablement la chose la plus difficile que j’ai eue à éclairer dans ma vie ».

« Probablement la chose la plus difficile que j’ai eue à éclairer dans ma vie »

Eben Bolter

Les 16 maisons étant factices, leur intérieur n’a pas été construit physiquement. Sauf pour une : celle où se situait le sniper. « Un autre élément clé pour donner au cul-de-sac l’impression d’être un lieu réel a été de construire physiquement l’intérieur de la maison du sniper, afin de pouvoir relier le point de vue de Joel à ce qui se passe en bas sans avoir à tricher et à utiliser le fond bleu », explique Bolter (le fond bleu permettant d’insérer, grâce à des effets spéciaux, de faux décors.)

Et, en plus de l’éclairage et des perspectives, il faut songer à tout ce qui s’y ajoute, comme l’impressionnante scène du colosse. Pour concevoir le monstre, HBO a fait appel au prostethics designer Barrie Gower, qui a par exemple travaillé sur Vecna dans Stranger Things auparavant. En plus de la conception préalable, lors du tournage, il a fallu mobiliser 65 artistes spécialisés en prothèses, pendant cinq heures d’affilée, pour parachever le maquillage avant de filmer. Sans compter la fabrication d’un faux gouffre, et le déploiement de son effondrement, au sein du fameux cul-de-sac.


Si vous avez aimé cet article, vous aimerez les suivants : ne les manquez pas en vous abonnant à Numerama sur Google News.