Sauvée de justesse par Netflix pour une saison 4, qui sera la dernière, Manifest s’avère être une série surnaturelle simple, à l’ancienne, mais captivante.

Buffy, Kyle XY, Charmed, Les 4400 et tant d’autres séries entre SF et fantastique ont marqué la trilogie du samedi, émission culte de M6 au début d’années 2000. Alors que Manifest cartonne depuis plusieurs semaines sur Netflix, on ne peut pas s’empêcher de ressentir un soupçon de nostalgie : c’est une série construite à l’ancienne et, si cela amène quelques défauts, cela lui donne aussi tout son charme.

Manifest repose sur l’étrange vol 828. Lorsqu’il quitte la Jamaïque, en 2013 (retenez ce détail), en direction de New York, l’avion connaît de brèves, mais brutales, turbulences. Mais finalement, tout se rétablit vite jusqu’à destination. À l’atterrissage, cependant, les passagers sont accueillis par la NSA. Et pour cause : on est alors… en 2019. Pendant cinq ans, le vol 828 était porté disparu, les passagers présumés morts, leurs familles en deuil.

Ils vont devoir de réinsérer dans la société, sous les feux des projecteurs et non sans quelques complications humaines : que faire lorsque votre petit copain s’est mis en couple avec votre meilleure amie, car ils vous pensaient morte ? Mais il y a pire. Les passagers ont des hallucinations et entendent des voix, qui les intiment de se rendre à certains endroits, d’effectuer certaines actions.

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Saanvi, à bord du vol 828, dans Manifest. // Source : NBC/Netflix

Une enquête mystérieuse qui n’en finit pas et c’est génial

Le succès de Manifest s’explique facilement : un immense mystère, qui semble quasiment insoluble, a bouleversé la vie des personnages. Ces derniers n’ont pas la moindre idée de ce qu’il se passe et nous non plus — un contexte qui n’est pas sans faire écho à Lost mais dans une configuration urbaine. S’ajoutent des manifestations surnaturelles, que nos passagers doivent suivre, là encore, à l’aveugle.

Les deux premières saisons fonctionnent ainsi tambour battant en nous plongeant au beau milieu d’une incertitude totale, donc captivante. D’autant que Manifest reprend la narration du serial : un peu comme Smallville ou Alias, elle lâche une potentielle révélation à la fin de chaque épisode.

Si Manifest ne tenait que sur cela, elle pourrait peut-être s’avérer lassante. Heureusement, il y a une deuxième piste de lecture à l’histoire : l’adaptation des personnages à un monde qui a avancé pendant 5 ans sans eux. Ces enjeux humains, imbriqués aux enjeux surnaturels, sont la cerise sur le gâteau pour nous faire dévorer les aventures des personnages. La série a par ailleurs le bon goût de ne pas nous laisser éternellement dans le flou, puisque la saison 3 apporte de véritables réponses.

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Ben et Michael, frère et sœur, dans Manifest. // Source : NBC/Netflix

Manifest bénéficie finalement d’une structure « à l’ancienne », étirée sur de nombreux épisodes de 40 minutes, procéduriers — à chaque épisode une enquête liée aux phénomènes étranges ou au mystère de l’avion. Cette configuration simple et captivante à la fois, l’omniprésence du surnaturel, nous rappellent bien volontiers le plaisir feuilletonnant de la trilogie du samedi. Même si les 3 saisons sont déjà visionnables, on a envie de faire durer, de grappiller un épisode par soir.

D’ailleurs, Netflix l’a bien compris : après l’annulation de la série par NBC, le service SVOD a racheté les droits et commandé une saison 4 d’un nombre devenu peu habituel : 20 épisodes. Il y aura donc une vraie fin à Manifest et d’ici là, on aura tout le temps de ne pas bouder notre plaisir dans cette série qui ne paye pas de mine, mais s’avère redoutablement efficace. Le genre de bonbon à regarder les longues soirées chaudes d’été ou sous un plaid en plein hiver.