La thématique des menstruations, toujours relativement taboue, fait enfin son entrée fracassante dans l’univers familial de Disney. Une évolution inédite, qui pourrait bien permettre à des générations d’ados de mieux vivre leurs premières règles.

Elles débarquent enfin sur vos écrans après des années dans l’ombre : les boîtes de tampons et de serviettes ont désormais leur heure de gloire dans le monde coloré de Disney et Pixar. On le doit à deux excellentes sorties de ce début d’année, directement mises en ligne sur la plateforme Disney+ : le film Alerte Rouge et la série d’animation Baymax, tirée du personnage iconique des Nouveaux héros.

Une petite révolution rouge qui fait son chemin dans l’une des entreprises les plus familiales et parfois puritaines de l’audiovisuel actuel. Si Disney rechigne encore à offrir une place digne de ce nom à la communauté LGBTQIA+ notamment (malgré des efforts notables dans Buzz L’éclair), il se pourrait bien que la thématique des règles, de son côté, puisse enfin être abordée comme il se doit.

Montrer des protections périodiques, c’est historique

Dans Alerte Rouge, disponible sur Disney+, c’est bien simple, tout est déjà dans le titre. Mei Lee a d’ailleurs tout d’une jeune fille ordinaire : elle collecte les bonnes notes à l’école, adore dessiner et passe son temps à chanter les derniers tubes des 4 Town, avec son trio de copines. Un seul, léger, tout petit détail, lui pose soudainement problème : lorsqu’elle est submergée par ses émotions, elle se transforme en panda roux géant, tout doux.

Avec cette histoire de bouleversements hormonaux, Pixar traite de questionnements adolescents qui étaient jusque-là largement mis de côté. Même l’excellent Vice-Versa, qui abordait pourtant déjà la question du passage à l’âge adulte d’une petite fille, n’avait osé s’y frotter. Alerte Rouge change enfin la donne et met totalement les pieds dans le plat. Pixar n’y va pas de main morte et construit l’intégralité du film autour des premières menstruations de Mei Lee. Le panda roux sert ainsi de métaphore, pas toujours très subtile, certes.

Alerte rouge
Alerte rouge aborde frontalement la question des règles // Source : Disney+

Difficile donc de ne pas se reconnaître dans cette scène où l’ado tente de cacher son apparence de panda roux (coucou les règles), tandis que sa mère lui donne des conseils pour gérer les chutes du Niagara à travers le rideau de douche. Le simple fait de montrer des protections périodiques à l’écran est alors historique. Et on aurait tellement aimé avoir un dessin animé aussi rassurant et adorable dans notre adolescence, pour passer ce cap avec une plus grande sérénité.

« Bonjour, je suis Baymax, votre assistant médical personnalisé »

Fin juin, c’est une autre petite bombe qui a lancé un code rouge sur la plateforme de SVOD : Baymax, une petite série d’animation toute mignonne en six épisodes. Si vous aviez aimé Les Nouveaux héros, sorti en 2014 et également disponible sur Disney+, alors vous devriez adorer ces mini-missions de Baymax, l’assistant médical personnalisé.

Un épisode de dix minutes en particulier a agité toute la fachosphère pendant quelques jours : le troisième de la saison, centré sur Sofia et l’arrivée inattendue de ses premières règles dans les toilettes du collège. Une mission idéale pour le robot médical à la bienveillance légendaire, qui tente de rassurer l’adolescente sur la signification de ce changement hormonal et le fait qu’elle ne devrait pas avoir honte d’un simple élément biologique.

Baymax
Les deux secondes fatidiques dans Baymax // Source : Disney+

Mais une séquence précise, pourtant historique, a fait réagir les haineux du « wokisme ». Alors que Baymax hésite sur les protections hygiéniques à choisir dans un supermarché, pour venir en aide à la jeune fille, il demande conseil à d’autres clients du rayon. Parmi eux, se trouve un homme transgenre, qui tend à Baymax une boîte de serviettes avec des ailettes sur les côtés, « ses préférées ». Il n’en fallait pas plus pour agiter les puritains américains, criant au scandale et dénonçant l’idéologie soi-disant néfaste de Disney, qui affecterait les enfants.

Au-delà de l’affreux débat transphobe, il semble que la simple mention des règles dans un épisode entier de 10 minutes ait dérangé nombre de spectateurs. Preuve que le sujet reste tabou, mais essentiel à amener sur la place publique, pour que les nouvelles générations d’ados puissent enfin vivre leurs premières règles avec davantage de tranquillité, et surtout moins de honte.

Source : Montage Numerama

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