« Nous ne voulons pas maximiser le profit ni le prix de vente, mais je veux rendre l'entreprise Moderna pérenne », a expliqué le PDG de l'entreprise au sujet du vaccin contre le coronavirus.

Plusieurs vaccins contre le coronavirus SARS-CoV-2 sont en circulation. Celui de Pfizer a été le premier validé au Royaume-Uni, aux États-Unis, ou encore en Europe, rapidement suivi par Moderna et AstraZeneca en fonction des régions du monde. D’autres vaccins sont encore dans leur phase 3 des essais cliniques, ce qui n’empêche pas une sécurisation des doses par les États, comme pour celui de J&J Janssen. Ces achats massifs de doses ont évidemment un coût.

Ce coût financier est théoriquement confidentiel, car âprement négocié lors des contrats en fonction, notamment, du volume de commandes. On connaît malgré tout globalement la grille tarifaire moyenne pour tous ces vaccins. Celui d’AstraZeneca est le moins cher, autour de 2 à 3 euros par dose, quand celui de Pfizer coûte une douzaine d’euros par dose.

L’Union européenne a commandé deux fois moins de doses à Moderna qu’à Pfizer ou AstraZeneca, ce qui peut s’expliquer par la chronologie de disponibilité, mais aussi par le prix. // Source : Via Flickr/CC/Marco Verch (photo recadrée)

Le vaccin à ARN messager de Moderna est le plus cher du marché. Il coûte une vingtaine d’euros. Ce tarif élevé pourrait expliquer pourquoi les commandes passées par l’Union européenne sont bien moins importantes envers Moderna : 160 millions de commandes confirmées, contre 300 millions pour Pfizer ; 300 millions de prévues également pour AstraZeneca.

Le coût est assumé

Dès l’été 2020, l’entreprise basée aux États-Unis avait annoncé la couleur en suggérant que sa formule serait probablement l’une des plus chères lors de sa commercialisation. Cette position se confirme, et elle est assumée par le PDG de l’entreprise, le français Stéphane Bancel. Dans un entretien accordé au journal L’Express le 6 janvier 2021, il confirme que 18 euros se situe bien dans « l’ordre de grandeur » du prix réel par dose, ainsi que Moderna est « plus [cher] que Pfizer ».

D’après lui, il s’agit d’une tarification nécessaire à la survie et au développement de l’entreprise. La création de Moderna remonte aux années 2010 seulement, et ce vaccin est sa première formule qui arrive sur le marché. Stéphane Bancel indique à L’Express que 3 milliards de dollars ont été injectés ces dernières années dans l’entreprise pour les recherches scientifiques sur l’ARNm. Il s’agit maintenant de rentabiliser : « Il était important de générer du cash pour continuer à investir et à développer d’autres vaccins, d’autres traitements. Nous avons voulu être responsables dans notre politique de prix. Nous ne voulons pas maximiser le profit ni le prix de vente, mais je veux rendre l’entreprise Moderna pérenne. »

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