Le vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2 développé par Moderna a été validé par l'Agence européenne du médicament, puis par la Haute Autorité de Santé. En Europe et en France, deux vaccins, basés sur l'ARN messager, sont maintenant utilisables.

Alors que le vaccin d’AstraZeneca a été validé fin 2020 au Royaume-Uni pour lutter contre la pandémie, l’Agence européenne du médicament a approuvé pour sa part le vaccin de Moderna le 6 janvier 2021. Deux jours après, c’est la Haute Autorité de Santé, en France, qui valide son usage sur le territoire français pour être «  intégré à la stratégie vaccinale actuelle ». La France dispose désormais de deux vaccins pour lutter contre le coronavirus.

« L’efficacité du vaccin est avérée pour diminuer drastiquement le nombre de cas symptomatiques de la Covid-19.  Il manque encore les données nécessaires pour conclure sur un effet sur la transmission du virus », rappelle la HAS. Comme pour celui de Pfizer-BioNTech, le vaccin de Moderna repose sur l’ARN messager. La formule est donc similaire, mais les deux vaccins se distinguent en plusieurs aspects.

Des différences logistiques

La première différence repose simplement sur sa disponibilité : l’Union européenne en a commandé 160 millions de doses (24 millions pour la France), contre 300 millions pour celui de Pfizer (45 millions pour la France). Cela s’explique sans doute par son coût, plus élevé — autour de 18/20 euros par dose contre une douzaine pour Pfizer.

160 millions de doses ont été sécurisées par l’Union européenne pour le vaccin de Moderna. // Source : Pexels

Si le vaccin de Pfizer est en partie d’origine allemande, Moderna est une entreprise basée aux États-Unis — une partie des doses seront toutefois fabriquées en France par Recipharm en Indre-et-Loire afin de fluidifier les livraisons. Dirigée depuis plusieurs années par le français Stéphane Bancel, Moderna est pionnière en matière de biotechnologies. Elle a été fondée en 2010 et toutes ses recherches sont entièrement dédiées à des formules pharmaceutiques reposant sur l’ARN messager.

Comme pour Pfizer, le vaccin contre le coronavirus de Moderna a besoin d’être stocké dans de super congélateurs. Mais ce dernier nécessite des températures moins basses que celui de Pfizer (–60 à 80 degrés Celsius) : la congélation du vaccin de Moderna se fait à –20 degrés (jusqu’à 6 mois) puis un frigo normal suffit pour le stockage décongelé, à 5 degrés (jusqu’à 1 mois). Cette petite différence dans les températures peut être difficilement expliquée, puisque cela repose sur des secrets de fabrication, à savoir la formule exacte du laboratoire pour stabiliser l’ARN messager, très fragile.

L’efficacité est similaire

Au-delà de la fabrication puis de la distribution, les vaccins de Moderna et Pfizer se rapprochent non seulement sur leur technique à base d’ARN messager, mais aussi dans leurs résultats. Ils présentent la plus haute efficacité du marché contre le coronavirus, avec respectivement 94,1 % d’efficacité pour celui de Moderna, et 95 % pour celui de Pfizer. L’innocuité est démontrée dans les deux cas lors des essais de phase 3, ce qui signifie qu’aucun effet secondaire significatif imprévu n’a été relevé durant les études sur des échantillons de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Aux États-Unis, le vaccin de Moderna a été approuvé depuis le 18 décembre 2020. Il est, depuis, utilisé aux côtés de celui de Pfizer.

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