Jean Castex et Olivier Véran se sont exprimés ce jeudi 22 octobre 2020 au sujet de la situation sanitaire en France. La plus grande nouvelle : 38 nouveaux départements passent en « couvre-feu » à partir vendredi à minuit, et ce, au moins jusqu’au 1er décembre 2020. 46 millions de Français sont désormais concernés par ces restrictions.

« En France, comme partout en Europe, la deuxième vague est là » : le Premier ministre Jean Castex a pris la parole ce jeudi 22 octobre 2020 à 17h, pour faire le point sur la situation sur l’épidémie de coronavirus en France. La conférence de presse était tenue en présence du ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, et du secrétaire d’État chargé de la Transition numérique Cédric O.

« Disons les choses clairement : la situation est grave en Europe, elle est grave en France », a déclaré le Premier Ministre. Son intervention a eu lieu une semaine après l’interview du président de la République Emmanuel Macron, qui s’était tenue le mercredi 14 octobre. Il avait alors annoncé l’instauration d’un couvre-feu, appliqué de 21h à 6h, en île-de-France et dans 8 métropoles (Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne et Toulouse). Le 15 octobre, soit il y a une semaine, Jean Castex s’était exprimé pour préciser les modalités d’application du couvre-feu dans les zones concernées. Entamé le 17 octobre, ce couvre-feu devrait doit durer au minimum 4 semaines. Il n’était pas exclu qu’il se prolonge jusqu’au 1er décembre, soit une durée totale de 6 semaines.

Jean Castex et Olivier Véran le 22 octobre 2020. // Source : Gouvernement

Le constat

Dans son point de situation du 21 octobre, Santé Publique France a précisé que la circulation du virus continue de progresser. À cette date, 91 département sont en situation de vulnérabilité élevée. Le taux de positivité des tests est estimé à 13,7 % (contre 12,2 % au 15 octobre) et 957 421 cas sont confirmés.

Où en est-on aujourd’hui ?

  • Incidence : 251 cas Covid pour 100 000 personnes,
  • R = 1,35,
  • Taux d’occupation des lits de réanimation par des patients Covid en France : 44 %,
  • 1,6 million de tests sont réalisés par semaine.

« Toutes les tranches d’âge sont touchées : le nombre de cas a triplé en 4 semaines chez les plus de 65 ans  », selon Jean Castex.

« Les semaines qui viennent seront dures », a prévenu le Premier ministre.

Quelles zones adoptent le couvre-feu ?

Avant la prise de parole de Jean Castex, la rumeur selon laquelle un couvre-feu pourrait être instauré dans de nouvelles villes avait commencé à poindre (pour Strasbourg ou Nice, par exemple). « Un certain nombre de département vont basculer en alerte maximale », avait prévenu le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal le 21 octobre, après un Conseil des ministres.

38 nouveaux départements sont concernés. Voici les nouvelles zones qui passent en couvre-feu à compter de vendredi à minuit.

  • Ain,
  • Alpes-Maritimes,
  • Ardèche,
  • Ardennes,
  • Ariège,
  • Aube,
  • Aveyron,
  • Bas-Rhin,
  • Calvados,
  • Corse-du-Sud,
  • Côte-d’Or,
  • Drôme,
  • Gard,
  • Hautes-Alpes,
  • Haute-Corse,
  • Haute-Loire,
  • Hautes-Pyrénées,
  • Haute-Savoie,
  • Haute-Vienne,
  • Ille-et-Villaine,
  • Indre-et-Loire,
  • Jura,
  • Loiret,
  • Lozère,
  • Maine-et-Loire,
  • Marne,
  • Meurthe-et-Moselle,
  • Oise,
  • Pas-de-Calais,
  • Puy-de-Dôme,
  • Pyrénées-Atlantiques,
  • Pyrénées-Orientales,
  • Saône-et-Loire,
  • Savoie,
  • Tarn,
  • Tarn-et-Garonne,
  • Var,
  • Vaucluse,
  • Polynésie Française.
Territoires concernés par le couvre feu au 22 octobre 2020 // Source : Gouvernement

Tous les départements des villes qui avaient déjà été mises en couvre-feu sont désormais aussi soumis au couvre-feu. 54 départements seront donc dès à présent soumis à la règle du couvre-feu, au total. Cela représente 46 millions de Français.

Carte des départements concernés par le couvre-feu au 22 octobre 2020. // Source : Gouvernement

 

L’instauration d’un couvre-feu dans ces nouvelles zones suppose désormais, pour les personnes concernées, de télécharger une attestation en cas de sortie pendant les heures de couvre-feu. Le document est valable s’il est imprimé, recopié à la main sur du papier libre ou présenté rempli par un générateur accessible sur les sites du gouvernement et celui du ministère de l’Intérieur.

Les lieux accueillant du public étant fermés en raison du couvre-feu, seules des exceptions peuvent justifier une sortie et la présentation de l’attestation en cas de contrôle (par exemple, un train ou un avion arrivant avant ou après 21h, un proche en situation de dépendance, l’achat de médicaments dans une pharmacie).

La nouvelle application TousAntiCovid

Dans son interview la semaine passée, Emmanuel Macron avait bien du reconnaître que StopCovid « n’a pas marché ». Le président de la République avait annoncé le lancement d’une nouvelle application, baptisée TousAntiCovid. Ce 22 octobre, l’application StopCovid a d’ailleurs été officiellement renommée TousAntiCovid. Ses évolutions par rapport à StopCovid semblaient alors plutôt mineures. À première vue, le fonctionnement technique de TousAntiCovid est similaire, reposant sur un système centralisé (un « contact » est enregistré si deux personnes ont activé l’application, ont allumé le Bluetooth et sont restées à moins d’un mètre pendant plus de 15 minutes). « Je vous invite à tous la télécharger comme je l’ai fait moi-même », a déclaré Jean Castex.

Le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique Cédric O a admis que « l’application n’a pas été suffisamment téléchargée pour être un outil dans la lutte contre le coronavirus », au sujet de StopCovid. Il a ajouté que, pour que TousAntiCovid soit véritablement efficace, plusieurs millions d’individus devaient la télécharger. « TousAntiCovid nous permet de gagner du temps », selon Cédric O.

Il a indiqué que l’application serait  « enrichie toutes les deux semaines », avec une alternative au carnet de rappel. Le générateur de l’attestation sera intégré à TousAntiCovid.

« Toutes les garanties ont été prises », a affirmé Cédric O, assurant que la CNIL a étudié en détail TousAntiCovid. L’application présente les chiffres d’adoption, dans « une  logique de transparence », a indiqué le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique. Un site, mesconseilscovid.fr, permet également d’avoir des informations personnalisées, a précisé Cédric O.

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