Le ministère de l'Intérieur autorise depuis le 16 avril les déplacements exceptionnels pour aller adopter des animaux de compagnie et ainsi désengorger les refuges de la SPA. Des règles strictes doivent être respectées.

Il y a du changement pour l’attestation de déplacement dérogatoire. Depuis le 16 avril, il est possible de remplir le formulaire pour visiter un refuge de la SPA et y adopter un animal de compagnie. Le ministère de l’Intérieur a tenu compte du signal d’alarme tiré par la Société Protectrice des Animaux, qui voit avec inquiétude ses centres d’accueil se remplir à vue d’œil depuis le confinement.

Quelle case cocher pour aller adopter un animal ?

Si vous affichez la version numérique de l’attestation, ou si vous préférez la recopier ou l’imprimer, sachez que vous ne trouverez aucune case dédiée à cocher. Comme il s’agit d’une « exception » aux règles de confinement, vous devez utiliser le motif suivant : « déplacements pour motif familial impérieux ». En cas de contrôle par les forces de l’ordre, celles-ci vous demanderont probablement les raisons de votre sortie.

Dans la mesure où la crise sanitaire reste très aiguë en France, il n’est pas possible de se rendre dans un refuge sans rendez-vous, en famille et sans savoir à l’avance quelle bête vous souhaitez accueillir chez vous. Les consignes de distanciation sociale demeurent en effet en vigueur, pour limiter les risques de contamination chez les particuliers, mais aussi chez les bénévoles qui aident la SPA.

Le déplacement pour aller chercher un animal à adopter dans un refuge de la SPA requiert une attestation de déplacement dérogatoire bien remplie. Ne vous trompez pas de case.

Comment l’adoption se passe-t-elle en période confinement ?

Concrètement, le processus se déroule de cette manière :

  • Vous choisissez à l’avance votre compagnon sur le site de la SPA ;
  • Vous remplissez un premier formulaire pour décrire votre motivation et renseigner votre identité, votre expérience avec les animaux, le cadre de vie que vous comptez proposer à votre futur compagnon et divers autres renseignements ;
  • Si votre demande est validée, vous renseignez les informations supplémentaires demandées par mail ;
  • Vous vous entretenez ensuite par téléphone avec le refuge pour finaliser votre adoption et vérifier que l’animal choisi est le plus adapté à votre profil ;
  • Vous fixez avec le refuge un rendez-vous précis (jour et heure) ;
  • Vous remplissez l’attestation de déplacement dérogatoire ;
  • Vous vous rendez seul au refuge, où votre identité est vérifiée ;
  • Vous rencontrez votre compagnon pour vérifier si le contact prend ;
  • Vous laissez un chèque de caution de 150 euros en attendant la régularisation définitive de l’adoption ;
  • Vous signez un contrat d’adoption solidaire par voie électronique ;
  • Si tout se passe bien, vous repartez avec l’animal ;
  • À la fin du confinement, vous revenez au refuge pour signer définitivement le contrat d’adoption classique, régler les frais d’adoption et vous bouclez les ultimes démarches administratives et sanitaires (stérilisation, vaccination) qui n’ont pas pu être effectuées lors de la précédente visite.

Et si aucune suite n’est donnée à votre demande ?

Les circonstances étant exceptionnelles et dans la mesure où le bien-être animal passe avant tout, il est possible que votre demande d’adoption ne puisse pas aboutir. Cela ne veut pas dire que vous n’avez pas le profil, mais la situation oblige la SPA à faire preuve de prudence. Vous pourrez donc éventuellement être recontacté à l’issue de la crise sanitaire par un refuge pour relancer un processus d’adoption.

Ce que cherche surtout la SPA, c’est de réduire la pression dans ses centres d’accueil : au départ, l’État a exceptionnellement autorisé l’association à étendre ses capacités à 120 %, quitte à entasser les animaux, afin que les refuges les plus exposés puissent continuer à en recevoir. Sauf qu’au niveau national, les places ont commencé à manquer et le risque était grand d’arriver à un point de rupture.

Les animaux sont parfois les victimes collatérales des crises sanitaires. // Source : Pxhere

C’est l’avertissement que lançait le 6 avril son président, Jacques-Charles Fombonne : « On compte 5 000 animaux dans nos refuges pour une capacité de 6 800. Il nous reste 1 800 places ce qui correspond à 15 jours d’activité ». La saturation guette donc et le confinement dure : déjà en place depuis quatre semaines, il est pour l’instant prévu pour durer jusqu’au 11 mai 2020.

C’est pour éviter la saturation que la SPA a eu l’idée d’une stratégie d’adoption (appuyée par un appel et une pétition) qui mise sur les outils numériques afin de limiter au maximum les déplacements et les contacts. Il s’agit « d’un rendez-vous nominatif et individuel au refuge pour rencontrer l’animal, sans contact direct avec nos équipes de nos refuges ». Il reste maintenant à espérer que des adoptants se manifesteront.

En France, le Code rural prévoit que les animaux errants ou abandonnés sont recueillis par les fourrières. Si ses propriétaires ne les récupèrent pas sous huit jours, la loi autorise leur euthanasie. La SPA et les autres organisations du même genre agissent pour les recueillir et leur éviter la mort, mais encore faut-il que les places se libèrent au fur et à mesure pour en accueillir de nouveaux.

Les animaux sont-ils un vecteur de la propagation du virus ?

Si la pandémie de coronavirus met en difficulté la population de nombreux pays à travers le monde, elle fait aussi souffrir les animaux de compagnie. Alimentés par la peur, des comportements irresponsables et navrants ont émergé, qu’il s’agisse d’abandons en pleine nature ou dans des refuges, ou encore de mauvais traitements involontaires — comme des tentatives de « désinfection » à l’alcool ou à l’eau de javel.

S’il est établi que la transmission du virus SARS-CoV2 se transmet d’homme à homme, il n’existe aucune preuve indiquant que les animaux domestiques ou d’élevage puissent être « vecteurs » de la maladie. Le code génétique peut se retrouver chez eux, mais sans qu’ils en tombent malades ni qu’ils puissent transmettre le coronavirus.

En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) s’est penché cette éventualité sur la base des connaissances scientifiques actuelles.

Ses conclusions, publiées à la mi-mars, indiquent « qu’il n’existe aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation de la maladie » et qu’un tel scénario « semble actuellement peu probable »du fait des spécificités génétiques du virus et des récepteurs cellulaires spécifiques dont il a besoin, et de sa manière de se répliquer, qui suppose plusieurs facteurs qui lui sont favorables.

Pour autant, parce que le virus peut survivre dans certaines circonstances et quelques heures hors d’un hôte, comme sur le pelage d’un animal, il est recommandé d’appliquer simplement des mesures d’hygiène basiques : se laver les mains avant et après un contact avec un animal, éviter de se faire lécher le visage et les tenir à distance de personnes malades ou présumées malades.

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