Les yeux sont rivés sur l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe ce 24 février 2022. Face à la guerre informationnelle qui fait rage, voici comment réussir à suivre l’évolution du conflit.

Dans la nuit du 23 au 24 février 2022, la Russie a finalement lancé son offensive contre l’Ukraine sous le regard médusé de la communauté internationale. La situation évolue rapidement et, comme dans toute guerre, il risque d’être très difficile de suivre le développement de ce conflit, déjà noyé sous la désinformation. Voici donc quelques clés et sources considérées comme fiables pour s’informer sur la guerre en Ukraine.

Une guerre ouverte de l’information

Trouver des informations fiables sur le conflit s’avère particulièrement compliqué, car la Russie mène depuis 2014 une guerre informationnelle contre l’Ukraine. Celle-ci s’est encore intensifiée ces derniers jours avec une quantité impressionnante d’informations fausses ou partiellement fausses partagées par l’environnement informationnel pro-Kremlin. Des fausses vidéos aux affirmations invérifiables, tous les moyens sont utilisés.

Il convient donc d’être très vigilant sur à l’origine des différentes assertions qui circulent et de toujours prendre de la distance face aux médias qui circulent sur les réseaux sociaux, par exemple en se demandant d’où provient telle ou telle vidéo avant de la partager. Il est souhaitable aussi d’identifier le compte dont on reprend les informations (est-ce un journaliste, un officiel, un chercheur, un analyste ? Ou rien de tout cela ?) et de s’interroger sur sa fiabilité

Rien de mieux qu’un exemple parmi tant d’autres. Bellingcat est une ONG spécialisée dans l’investigation journalistique, à travers des enquêtes et du fact-cheking en sources ouvertes, c’est à dire à partir des données et informations librement accessibles en ligne. Son équipe a démontré, preuves à l’appui, que la vidéo, partagée par des canaux prorusses, qui prétendait montrer le 18 février 2022 une tentative ukrainienne de sabotage de réservoir de chlore utilisait l’audio d’une autre vidéo qui n’a rien à voir. Les dates contenues dans les métadonnées contredisaient également la version des supporters du Kremlin.

Il faut donc sans aucune hésitation éviter les canaux d’informations directs ou indirects de la Russie sur cette thématique. Que ce soit Russia Today, Ruptly ou Sputnik, sans oublier bien sûr la myriade de canaux de la plateforme Telegram et de comptes Twitter qui reprennent ces allégations. Au minimum, leurs assertions doivent systématiquement être confrontées à d’autres sources.

Les journalistes sur place et les sources fiables

Il est évidemment conseillé de suivre des médias journalistiques considérés comme fiables pour s’informer sur la guerre en Ukraine, comme il en existe beaucoup en France. Ces derniers ne la couvrent pas forcément de la même manière, ils ne sont ni omniscients ni parfaits, mais ils recensent les différentes annonces officielles et disposent d’équipes sur place ou de correspondants pour constater ce qui se passe sur le terrain.

Des journalistes francophones sont présents sur place permettent de suivre l’évolution du conflit. Paul Gogo, Clara Marchaud, Loup Bureau et Stéphane Siohan sont présents sur place, et couvrent en temps réel le déroulement de la guerre, du Donbass séparatiste à l’ouest du pays. Plusieurs correspondants à Moscou comme Benoît Vitkine suivent également les affrontements.

Pour les anglophones, de nombreux analystes et journalistes vérifient les différentes vidéos et informations partagées en ligne ou par des canaux officiels. Christopher Miller est par exemple correspondant dans le pays depuis plusieurs années. Ou encore Kevin Rothrock, un des journalistes du média russe indépendant et renommé Meduza (disponible là aussi en anglais).

Enfin, comme évoqué précédemment, les membres de l’équipe de Bellingcat comme Eliot Higgins, Nick Waters, Christo Grozev ou Aric Toler sont incontournables pour leur travail réalisé en sources ouvertes. Cette liste est bien évidemment non exhaustive.

Les canaux diplomatiques pour les Français en Ukraine

Les autorités françaises ont demandé aux ressortissants français de quitter le pays sans délai. Si vous êtes encore sur place, plusieurs canaux d’informations et de contact sont disponibles sur le site du Quai d’Orsay. L’ambassadeur français en Ukraine, encore à Kiev, demande pour l’instant de rester à l’abri quel que soit votre lieu de résidence.