Dans un sondage dévoilé à Numerama, l’immense majorité des Européens ont déclaré se sentir en sécurité sur le web, alors que la moitié des sondés a déjà été victime d’une cyberattaque. Explications.

Un sondage réalisé par OpinionWay pour le FIC (Forum international de la cybersécurité) dévoile un constat surprenant ce 28 octobre : 85 % des personnes interrogées s’estiment en sécurité sur le web, mais elles sont aussi 51 % a déjà avoir été victime d’une cyberattaque.

Dans le cadre du cybermois, les organisateurs du forum ont voulu s’intéresser à la perception des risques des internautes européens. Au total, 1 034 personnes âgées de 18 ans et plus, et résidant en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et en Pologne ont été interrogées. Le décalage entre le nombre de victimes de cyberattaques et le sentiment de sécurité saute aux yeux. Dans les détails, le phishing représente la première expérience d’attaque sur le web : 33 % des interrogés ont déjà été victimes de ce type d’escroquerie. Les attaques indirectes sont comptabilisées aussi : la fuite de données personnelles arrive ainsi en seconde position avec 21% de personnes touchées.

Les salves de mail de phishing font des victimes à travers toute l'Europe. // Source : FIC / OpinionWay
Les salves de mail de phishing font des victimes à travers toute l’Europe. // Source : FIC / OpinionWay

Or il suffit de se promener quelques secondes sur les forums de hackers ou le darknet pour assister au marché quotidien de milliards d’informations privées. La moindre fuite émanant d’une plateforme de e-commerce, voire d’un réseau social, et ce sont les données de plusieurs millions de personnes qui finissent en ligne et plus tard, entre les mains de malfaiteurs.

« Le décalage provient peut-être du manque d’éducation en cyber, nous explique Guillaume Tissier. Le grand public n’est pas toujours conscient des risques, encore moins lorsqu’il est impacté par des fuites de données massives dont il n’a pas connaissance. La prévention est de mise dans ce cas-là. On voit à travers ces sondages qu’un certain nombre de personnes ont le souvenir d’une campagne pour promouvoir la cybersécurité. À terme, elles peuvent porter leurs fruits ».

En effet, 32 % des personnes interrogées se souviennent avoir fait l’objet d’une campagne de communication promouvant la cybersécurité, principalement via Internet (57 %) ou la télévision (49 %). Le gouvernement français est à la recherche d’autres moyens pour alerter la population.

L’U.E, un garant fiable pour une majorité de la population

Ce 27 octobre, Jean-Noël Barrot, le ministre délégué au numérique, a annoncé qu’un cyberscore pour évaluer le niveau de protection des données du site que l’on consulte serait lancé à la fin de l’année 2023. Un filtre anti-arnaque devrait également voir le jour avec une version bêta pour l’été 2023. Les escroqueries en lignes seront signalées à l’internaute lorsqu’il naviguera dessus depuis le moteur de recherche.

Enfin, l’Union européenne est encore perçue comme garant des données pour 65 % des interrogés. L’instauration de RGPD ainsi que les sanctions contre les géants de la tech donnent l’impression que Bruxelles est l’une des seules institutions qui tentent encore de lutter contre les dérives des entreprises du web.

Thierry Breton, le commissaire européen responsable du marché intérieur, a d’ailleurs voulu le rappeler à Elon Musk dans un tweet après le rachat de Twitter par le sulfureux milliardaire ce 28 octobre. La question aujourd’hui est plutôt de savoir comment ces géants de la tech, chinois ou américains, vont parvenir à contourner les règles plutôt que de les appliquer.