Boeing n'a toujours aucune visibilité sur le retour au service actif du 737 Max. En attendant, le constructeur aéronautique américain annonce une aide de 100 millions de dollars aux familles des victimes.

L’annonce est tombée le 3 juillet : Boeing va mobiliser 100 millions de dollars pour aider les familles qui ont perdu des proches lors de la double catastrophe aérienne survenue le 28 octobre 2018 (avec le crash du Vol 610 Lion Air) et le 10 mars 2019 (disparition du vol 302 Ethiopian Airlines). Cette annonce survient quelques jours après la découverte d’une autre vulnérabilité potentielle dans le 737 MAX.

Avion Boeing 737 MAX
Avion Boeing 737 MAX. // Source : Liam Allport

Un fonds pour aider les familles des victimes

Boeing explique que cette somme servira à l’éducation, à couvrir les dépenses des familles, à soutenir des programmes communautaires et à accompagner le développement économique des collectivités touchées. L’entreprise, qui déploiera cette somme sur plusieurs, entend travailler en partenariat avec les autorités locales et les organismes sans but lucratif pour apporter la meilleure aide possible.

Des détails sur l’utilisation de cette somme seront communiqués plus tard par la société. Les employés du groupe pourront aussi, s’ils le souhaitent, participer à titre individuel à ce fonds. Une possibilité qui est en réalité anecdotique : l’effort sera surtout porté par Boeing, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 101 milliards de dollars en 2018 et un résultat net de 10,5 milliards de dollars.

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Un moteur CFM International LEAP. // Source : Engineering at Cambridge

Selon le constructeur aéronautique américain, cette aide financière n’est aucunement liée aux plaintes individuelles ou collectives qui sont apparues après les deux accidents. « Nous avons évalué diverses façons d’aider les familles et les collectivités touchées et nous avons déterminé qu’il s’agit d’une mesure constructive », déclare un porte-parole à Business Insder.

Cloué au sol depuis mars, l’avion s’est avéré être le révélateur de graves défaillances dans l’aviation civile : procédure de certification bancale (elle a été en partie déléguée à Boeing qui s’est retrouvé juge et partie) et incomplète, formation insuffisante des pilotes (une seule heure sur tablette), absence de simulateur, présence d’un logiciel anti-décrochage (ajouté à cause des caractéristiques aérodynamiques particulières de l’avion) qui n’a pas été documenté aux pilotes et qui pouvait aller à l’encontre des manœuvres de l’équipage, prestataires sous-payés pour développer ce logiciel, défaillance des sondes, signaux d’alerte manquants

Reprise des vols toujours incertaine

Étonnement longue, la liste des errements est tout autant alarmante. Alors, depuis le second crash, Boeing s’efforce de redresser la barre. Dans les jours qui ont suivi, il a été annoncé un correctif logiciel (qui a été finalisé en mai, après le rejet d’une première version jugée pas à la hauteur) et une formation pour les pilotes. Cependant, la date de remise en service du 737 Max demeure incertaine. Aucun calendrier ferme de ré-autorisation de vol n’est pour l’instant fixé.

Rien d’étonnant : le 3 juillet, le PDG de Boeing a fait comprendre que la résolution de la nouvelle vulnérabilité va retarder le retour opérationnel de l’avion. « Il est important de prendre le temps nécessaire pour faire ces mises à jour », a déclaré Dennis Muilenburg. Aucune échéance n’est donnée, mais il faudra bien compter au moins quelques semaines de plus entre le développement d’un correctif, son test et sa validation par les autorités compétentes.

Crédit photo de la une : Liam Allport

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