Uber a décidé de mettre en pause le développement des camions sans conducteur, afin de concentrer ses ressources sur la conception de la voiture autonome.

Courir deux lièvres à la fois est le meilleur moyen de n’en attraper aucun. Voilà peut-être la conclusion à laquelle est parvenue la direction d’Uber au cours des dernières semaines, puisque celle-ci a décidé de mettre en pause le développement d’un camion autonome. À la place, l’entreprise spécialisée dans le transport de particuliers va concentrer ses efforts dans la voiture sans conducteur.

« Plutôt que d’avoir deux groupes de travaillant œuvrant côte à côte, concentrés sur différentes plateformes de véhicules, je veux que nous collaborions comme une seule équipe. […] Nous croyons que le meilleur moyen d’aller de l’avant est d’abord d’assurer la conduite autonome pour le transport de passagers », a expliqué Eric Meyhofer, le responsable chez Uber de ces technologies.

« Nous croyons que le meilleur moyen d’aller de l’avant est d’abord d’assurer la conduite autonome pour le transport de passagers »

Mais la société américaine de VTC ne renonce pas pour autant à la perspective des camions autonomes. Dans le mail qu’Eric Meyhofer a envoyé à ses employés, et que TechCrunch a pu consulter, il est expliqué que si la priorité est donnée aux automobiles, il arrivera un jour où Uber relancera la conduite autonome pour le transport de marchandises.

La décision d’Uber survient dans un contexte délicat pour Uber, puisque le groupe a été impliqué dans un accident de circulation mortel en mars. Pendant un test de conduite autonome, un véhicule expérimental a heurté une piétonne qui traversait la route ; ni les capteurs ni la conductrice de sécurité au volant n’ont permis d’éviter la collision, qui a eu lieu de nuit, dans une zone mal éclairée et hors d’un passage piéton.

Après plusieurs mois d’arrêt, le programme d’Uber a repris fin juillet, avec des évolutions matérielles et logicielles au niveau du véhicule et du système de bord afin de limiter encore plus fortement l’éventualité d’un accrochage. Par ailleurs, chaque sortie sur la route se fera sous la vigilance de deux opérateurs au lieu d’un seul, avec de nouveaux protocoles, l’un se concentrant sur la conduite et l’autre notant tout fait inhabituel.

Le camion d’Otto. // Source : Otto

Les mesures additionnelles prises dans le cadre des expérimentations sur la voiture autonome ainsi que la décision de suspendre le développement d’un camion capable de se déplacer sans assistance humaine traduisent de fait une volonté de prudence plus forte que par le passé. On se souvient qu’il y a deux ans, le groupe n’avait pas hésité à lancer ses véhicules de test en Californie sans le feu vert des autorités locales.

L’arrivée, entretemps, de Dara Khosrowshahi à la tête d’Uber a été déterminante dans ce réajustement.

Les camions eux-mêmes se trouvaient dans une situation irrégulière. Les projets d’Uber dans l’automatisation du transport de marchandises sur toute ont éclaté au grand jour en 2016, lorsque la société a racheté la startup Otto. La même année, une première livraison autonome s’est déroulée aux États-Unis, après un parcours de plus de 200 kilomètres.

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