L'accident mortel causé par une voiture autonome de la société Uber n'est pas lié à un défaut de vision du véhicule, mais plus à un choix du système d'ignorer la victime.

D’après le média américain The Information, Uber sait désormais pourquoi une de ses voitures autonomes a eu un accident avec une piétonne traversant la route, causant sa mort. L’événement tragique n’aurait pas été lié à un défaut de vision du véhicule : les nombreux capteurs qui équipent les taxis autonomes de Uber actuellement en test sont en effet parfaitement capables de voir dans la nuit. L’association de caméras, lidars et radars est infiniment plus puissante que l’œil humain.

Dès lors, le problème viendrait de la configuration du logiciel et notamment de sa capacité à juger qu’un événement sur la route est un faux positif. En effet, les véhicules autonomes, ceux d’Uber compris, sont équipés de systèmes qui leur permettent de ne pas réagir si des formes détectées ne présentent pas de danger (pensez à des feuilles qui voleraient sur la route, un sac en plastique ou même un piéton qui attendrait immobile sur la route juste à côté du trottoir). Ces événements ne doivent pas déclencher de surréaction du véhicule qui pourrait alors mettre en danger des passants ou le conducteur.

Crédits : Uber

Un faux positif

Malheureusement, les ingénieurs d’Uber auraient été trop optimistes dans leurs réglages et le système de faux positifs s’est retrouvé à ignorer de véritables dangers. C’est ce qu’il s’est passé lors de l’accident qui a eu lieu un peu plus tôt dans l’année. La voiture a vu la piétonne poussant son vélo sur une voie rapide, mais n’a pas choisi d’ajuster sa trajectoire ou de freiner : elle a considéré ce qu’elle a vu comme un élément qui ne présentait pas de danger immédiat.

La raison évoquée par nos confrères pour cette configuration malheureuse est tragique : Uber est une entreprise de transports de passager et elle fait tout pour que la conduite autonome de ses véhicules soit confortable. Cela signifie que les paramètres de le conduite autonome sont ajustés avant toute chose pour que le transport soit agréable. Aujourd’hui, les autres entreprises qui travaillent sur des véhicules autonomes admettent que les réactions de leurs prototypes peuvent être brusques. Mais dans la phase où nous sommes, la sécurité des systèmes passe avant le confort.

L’enquête du Bureau National pour la Sécurité Routière américain aura le dernier mot pour affirmer quelles sont les responsabilités définitives d’Uber dans cet accident tragique.

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