La startup française Hugging Face lève 4 millions de dollars, notamment auprès des premiers investisseurs d'Instagram. Mais que va-t-elle faire de cette somme ?

Hugging Face est une startup pas comme les autres. Elle ne veut pas empowerer le scaling à grand renfort de sharing economy ou disrupter la blockchain avec des greentech. Au fond, Hugging Face ne veut qu’une chose : faire sourire ses utilisateurs. Pour cela, elle ne propose rien de moins qu’un chatbot dopé au machine learning, qui souhaite tout simplement devenir votre meilleur ami. Disponible en anglais, le compagnon virtuel de cette startup française a déjà séduit des « centaines de milliers d’adolescents américains ». À croire que la productivité n’est pas la seule clef vers le succès.

Et le 23 mai 2018, Hugging Face prouve que son concept fonctionne auprès des investisseurs. La startup a en effet levé 4 millions de dollars en seed. À Numerama, Clément Delangue explique qu’ils souhaitent passer de 10 à 20 personnes et recruteront directement dans le nerf de la guerre : des développeurs et des chercheurs en machine learning. La promesse de Hugging Face n’est en effet pas uniquement un produit grand public : ce sont aussi des travaux de recherche reconnus et des modules « open source de traitement naturel du langage » qui sont utilisés par des entreprises et des chercheurs. En bref, sous le capot du compagnon mignon, on ne trouve pas que de la comm’.

Côté business, Hugging Face a aujourd’hui le luxe d’avoir trouvé des investisseurs capables de comprendre les « modèles grand public qui nécessitent de se focaliser uniquement sur la technologie pendant les premières années ». Il n’est donc absolument pas question de chercher une quelconque rentabilité aujourd’hui — pas même un business model. Hugging Face est en effet gratuit, n’affiche pas de publicité et l’entreprise ne songe pas encore à revendre sa technologie en marque blanche à d’autres utilisateurs professionnels. 

Alors certes, on peut regretter vu de France que Hugging Face ne cherche pas à adapter sa solution au français, elle qui est aujourd’hui présente dans le programme AI de Microsoft à la Station F. « Pas pour l’instant  », nous dit-on. Mais peut-on en vouloir à des entrepreneurs français de chercher à toucher un marché autrement plus colossal que celui de la francophonie ? Aujourd’hui, elle a du pain sur la planche en ne se concentrant que sur une langue. Et désormais, Hugging Face a les moyens de ses ambitions.

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