Navya a inauguré le tout premier service (expérimental) de bus autonomes et électriques en Île-de-France. Pendant les six prochains mois, trois navettes conçues par l'entreprise française desserviront l'esplanade de la Défense, gratuitement.

Les navettes autonomes et électriques de Navya sont arrivées sur l’esplanade de La Défense. Déjà mises en circulation depuis quelques jours, elles ont été officiellement inaugurées le 3 juillet 2017, aux alentours de 10 heures, par Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. L’expérimentation, pilotée par le STIF (Syndicat des transports d’Île-de-France), est partie pour durer six mois.

Jusqu’à la fin de l’année 2017, trois véhicules desserviront chacun leur propre circuit dans le quartier d’affaires, entre 8 et 20 heures en semaine, ainsi que le week-end et les jours fériés de 10 à 18 heures.

Totalement gratuit, ce service de navettes autonomes et électriques est le fruit d’un travail commun entre l’entreprise française Navya, qui a conçu ces véhicules électriques et autonomes, et Keolis, un opérateur privé de transport public, majoritairement détenu par la SNCF, qui exploite des réseaux de transport en commun.

En finir avec les bus diesel

Lors des premiers mois d’expérimentation, des agents accueilleront les voyageurs à bord des navettes. Dans un second temps, les navettes pourront transporter leurs quinze passagers de manière totalement autonome.

« C’est une expérimentation inédite à l’échelle mondiale, a commenté Valérie Pécresse à cette occasion. Nous avions réalisé une première expérimentation sur le pont Charles-de-Gaulle entre janvier et avril. Nous lançons à présent le premier service expérimental de navette autonome d’Île-de-France, à La Défense où travaillent 160 000 salariés. D’ici la rentrée, une troisième expérimentation aura lieu dans le Bois de Vincennes. Notre objectif, c’est la fin des bus diesel en 2025. »

Améliorer la communication inter-véhicules

Avec plus de 45 navettes déployées à travers le monde, et 170 000 passagers transportés à bord de ses appareils à ce jour, Navya a profité de cette inauguration pour préciser les caractéristiques de son minibus sans conducteur, baptisé Navya Arma. « Nous travaillons sur la communication inter-véhicules et sur des protocoles permettant de repérer des véhicules de type ambulance », a ainsi précisé Christophe Sapet, PDG et fondateur de l’entreprise, aux journalistes présents.

Une combinaison de 3 technologies

La question de la sécurité, et de la manière dont le véhicule va s’adapter à son environnement, est en effet primordiale lors de cette expérimentation, réalisée dans un lieu aussi dense en circulation piétonne que La Défense. « Nous avons choisi de réaliser une combinaison de plusieurs systèmes et de fusionner les données, poursuit Christophe Sapet. Pour que le véhicule puisse mieux détecter son environnement, idéalement il faut confronter trois systèmes différents : nous l’avons fait avec des technologies recourant à des capteurs, à des satellites et des caméras. »

Capteurs Lidar, caméra stéréovision et antenne GNSS

Les capteurs Lidar, une caméra stéréovision et l’antenne GNSS du véhicule autonome permettent ainsi à la Navya Arma d’être précise à 2 centimètres près, a indiqué la startup.

Côté passagers, des messages vocaux et vidéos sont diffusés dans l’habitacle des véhicules, afin d’informer les voyageurs le long du parcours. Le voyage s’annonce plutôt paisible, le bolide ne dépassant pas la vitesse de 45 kilomètres par heure.

Vitesse de croisière maximale : 45 km/h

Rendez-vous dans six mois pour connaître les conclusions de cette expérimentation sur l’esplanade de La Défense. En attendant, Navya poursuit également son expansion à l’international : l’entreprise vient d’exporter ses bus autonomes de l’autre côté de l’Atlantique, à l’université du Michigan.

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