Des biologistes et informaticiens américains ont uni leurs forces pour concevoir un outil de reconnaissance faciale. Son objectif ? Identifier de façon plus efficace les lémuriens, afin de protéger ces animaux de la disparition.

La reconnaissance faciale tend désormais à faire partie des technologies utilisées pour assurer notre sécurité, à nous autres, êtres humains. Mais elle pourrait aussi contribuer à protéger les animaux, y compris ceux dont la survie est menacée. Ainsi, une équipe d’informaticiens et de biologistes américains vient d’établir un système de reconnaissance faciale capable d’identifier des lémuriens.

L’outil est capable de distinguer plus de cent frimousses différentes de ces petits primates, avec une une efficacité estimée à 98,7 %, indique un article paru dans la revue en libre accès BMC Zoologie. Nommé LemurFaceID, le logiciel pourrait donner aux chercheurs un moyen plus efficace, et moins invasif pour les animaux, de les surveiller tout au long de leur vie, et même sur plusieurs générations.

Des caractéristiques faciales uniques

« Comme les êtres humains, les lémuriens ont des caractéristiques faciales uniques, qui peuvent être reconnues par ce système, indique Anil Jain, l’expert en biométrie qui a travaillé sur le projet. Une fois optimisé, LemurFaceID pourra aider dans les recherches à long terme sur les espèces en voie de disparition, en fournissant une méthode rapide, rentable et précise d’identification.  »

BMC Zoology

Directement adapté de la technologie de reconnaissance faciale utilisée pour les humains, LemurFaceID a été conçu à l’aide de 462 photos de museau de lémuriens, choisi parmi un panel d’espèces. Une attention particulière a été portée au lémur à ventre roux. Vivant dans les forêts tropicales de Madagascar, il est menacé à cause de la destruction de son habitat naturel par les humains.

Sauver d’autres primates en danger ?

Afin d’identifier les animaux, les chercheurs avaient pris l’habitude de repérer leurs éventuelles blessures, cicatrices, leur poids et la forme de leur corps. Des marqueurs difficiles à suivre sur une longue période, puisque comme pour les êtres humains, l’apparence des lémuriens peut évoluer dans le temps. La reconnaissance faciale pourrait être un marqueur physique plus objectif des animaux.

L’équipe derrière LemurFaceID s’apprête maintenant à tester l’outil en pleine nature, afin de confirmer son véritable potentiel. Par la suite, la reconnaissance faciale des lémuriens pourrait être utilisée pour identifier d’autres primates comme les gibbons, des singes originaires d’Asie.

Par contre, on imagine mal certains animaux pouvoir bénéficier de la reconnaissance faciale, du moins dans un futur proche : pour sauver les abeilles, par exemple, l’homme devra encore utiliser ses talents de jardinier.

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