Alors que les USA considèrent toujours qu'il faut l'autorisation explicite de la personne avant de prélever ses organes, Apple a décidé de faciliter la déclaration de donneur volontaire, dans l'application Santé de son futur iOS 10.

Si la technologie peut aider à rapprocher les vivants, elle peut aussi aider à ce qu’ils le restent. Aux États-Unis, Apple a annoncé son intention de permettre aux possesseurs d’un iPhone de faire connaître grâce à iOS 10 leur souhait de faire don de leurs organes lors de leur mort, pour qu’ils puissent profiter à un malade en attente de greffe.

Concrètement, la fonctionnalité sera ajoutée à l’application Santé, en donnant aux utilisateurs la possibilité de s’enregistrer facilement auprès du Registre National des Donneurs de Vie, qui permet de faire connaître son autorisation de prélever des organes, des yeux ou du tissu corporel. La démarche ne nécessitera que « quelques taps », et devrait sensiblement augmenter le nombre de donneurs, alors que 120 000 Américains attendent actuellement un greffon, et qu’un nouveau nom est inscrit toutes les 10 minutes sur les listes d’attente.

J‘espère que certains d’entre nous pourront choisir de devenir des donneurs d’organes

Comme l’a reconnu Tim Cook, Apple a été particulièrement sensibilisé aux problèmes de dons d’organes avec le cancer de Steve Jobs, qui avait bénéficié d’une transplantation en 2009. « J’ai maintenant le foie d’une personne d’une vingtaine d’années qui est morte dans un accident de voiture et qui a été assez généreux pour donner ses organes, et je ne serais pas là pas cette générosité », avait-il expliqué publiquement à son retour. «  J’espère que certains d’entre nous pourront choisir de devenir des donneurs d’organes ».

L’année suivante, Steve Jobs avait discrètement fait du lobbying pour obtenir une modification de la législation, afin d’obliger à se déclarer ou non comme donneur au moment du renouvellement du permis de conduire. Il était parfaitement conscient que sa fortune lui avait permis de parcourir tous les hôpitaux à travers les États-Unis, et qu’il fallait faire quelque chose, rapidement.

Néanmoins, il aura fallu attendre sept ans avant qu’Apple prenne une décision concrète comme l’intégration de la déclaration de donneur d’organes dans iOS 10, qui sera déployé à l’automne. Facebook, lui, permet déjà depuis 2012 de se faire connaître en tant que donneur d’organes, au moins en Californie.

En France, l’autorisation est présumée

En France, comme l’explique l’agence  de biomédecine, il n’existe pas de registre des donneurs d’organe, pour la bonne raison que chacun est présumé accepter donner ses organes depuis 1976. Ce n’est pas l’acceptation qui doit être consignée, mais le refus de donner ses organes, qui doit être manifesté sur un registre national des refus.

Porter sur soi une carte de donneur n’a donc pas d’intérêt théorique. Néanmoins en pratique, elle évite qu’un proche qui ne serait pas d’accord avec votre choix (ou qui se tromperait de bonne foi) signale un refus qui n’a pas lieu d’être.

Espérons qu’Apple pousse la logique jusqu’à intégrer d’office l’information dans la « carte d’urgence » qui est accessible sans code de déverrouillage, lorsque l’utilisateur active l’option dans l’application Santé. De cette manière, les urgentistes sauraient précisément si le patient a accepté ou non le don de ses organes, en plus des informations utiles pour tenter auparavant de le sauver (allergies, groupe sanguin…).

donneur

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