Sur cette myriade de boutons ont été calibrées les pistes légendaires des Pink Floyd. Nichée au coeur du studio 2 d'Abbey Road, la console d'enregistrement conçue par EMI et Gibson rejoindra à la fin du mois le banc des enchères.

Nous sommes en 1971 lorsque cette console aux allures de poste de commande de vaisseau spatial rejoint le studio 2 d’Abbey Road. Dans les chambres de l’institution anglaise du rock sont déjà enregistrés les plus grands titres des années 1960, notamment grâce aux Beatles.

Mais après Sergent Pepper et l’émergence d’un rock prog, Bryan Gibson, encore ingénieur son de l’alcôve sacrée du rock anglais, sent que la prochaine bataille se jouera sur la technique. Et ainsi est conçue la EMI TG12345 MK IV, fruit du perfectionnement des ingénieurs EMI et toute vouée à accueillir le son qui bouleversera la prochaine décennie. La console est toujours selon Gibson « la meilleure console jamais créée ». Forcément.

Toujours en état de fonctionnement, malgré la pléiade d’artistes qui s’est penchée sur ses boutons et ses moniteurs, la console sera mise aux enchères dès la fin du mois. Le 27 mars, à New York (chez Bonhams), cet objet non-identifié du rock sera vendu au plus offrant.

Alan Parsons, aux commandes de la créature

Mise hors-service en 1983, la TG12345 aura été une pierre angulaire du renouveau des sonorités provenant de l’archipel britannique. Sur ses excentriques leviers ont été conçus les reverbs, les échos et les quadriphonies de Dark Side of The Moon, mais la belle machine a également été mise dans les mains de la grande Kate Bush, et bien évidemment des Beatles, de Mc Cartney à Starr.

Aujourd’hui, elle pourrait encore être utilisée par des artistes pour produire à nouveau dans la pure tradition progressive, où l’on tentait de jouer avec le son et ses parasites, sur bande magnétique et sur vinyle, des années avant l’arrivée massive et radicale de la musique numérisée.

Partager sur les réseaux sociaux