Le premier clip du nouvel opus de Nick Cave et ses Bad Seeds dévoile un extrait du film documentaire qui sortait ce mercredi sur le chanteur dans les salles obscures. Skeleton Tree, est un album exclusif à Apple Music.

I Need You  est un titre sombre et langoureux. Nick Cave & The Bad Seeds n’a pas tant changé dans le style depuis le magnifique dernier album de 2013, Push The Sky Away.  Et pourtant.

Depuis cet album, la vie du chanteur a été jalonnée de terribles événements dans sa vie privée, dont la disparition tragique de son fils de 15 ans en 2015. Nick Cave revient sur cet événement dans le long métrage One More Time With Feeling exploité en salles obscures pendant une seule journée, le 8 septembre. Un événement qui a plongé le chanteur dans le silence, qu’il rompt enfin à travers la musique, à sa manière.

Nick lance d’ailleurs dans le film qui retrace des enregistrements et des interviews des membres du groupe la chose suivante : « Ce qui se passe, lorsqu’un événement si catastrophique arrive, c’est qu’on change. On change, on devient quelqu’un que l’on ne connaît pas. À tel point que lorsqu’on se regarde dans le miroir, on ne reconnaît pas la personne qu’on était, la personne à l’intérieur de nous même est une personne différente.  »

Le film, tourné en 3D en studio, révèle un disque intimiste et difficile, qui brille par ses mille histoires personnelles qui toucheront assurément. En jouant de sa propre histoire pour la dépasser, Nick Cave atteint une certaine universalité dans son deuil et livre à nouveau un sublime album. Plus dur encore que le précédent mais également plus écrit. Une étrange maturité se dégage du projet, que ce soit du film documentaire qui montre un groupe minutieux et aspiré par leur travail, que l’album qui en découle. Une forme aboutie de métamorphose.

Malgré la mort de son fils qui a fait les grands titres de la presse et qui est évoquée, naturellement, dans l’œuvre, le groupe ne tombe pas dans un voyeurisme morbide et offre au contraire un hymne vital. Sans éviter ses propres fantômes, Cave s’écrit avec mesure et précision. Et foudroyant, il lâche à la fin de son documentaire : « Susie et moi, nous avons décidé d’être heureux.  »

Le documentaire évite la lumière qu’avait projeté le drame sur la vie du chanteur, et pointe vers une intimité subtile, mûre et totale. Est-ce un hasard si le noir est aussi omniprésent dans le documentaire ? Une simple lumière éclaire les scènes, comme la musique estompe le silence après le deuil.

 

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