Six marques ont décidé de retirer leurs publicités de jeuxvideo.com, en réaction aux vagues de harcèlement orchestrées depuis le controversé forum 18-25. La campagne #BoycottWebedia a visiblement convaincu certains annonceurs du site.

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  • Des membres du forum 18-25 de jeuxvideo.com ont lancé une campagne de cyberharcèlement sexiste à l’encontre de militants féministes et d’une journaliste.
  • Le hashtag #BoycottWebedia a été lancé sur les réseaux sociaux pour inciter les annonceurs du site à en retirer leurs publicités.

Mise à jour le 8 novembre à 12h : Une nouvelle marque vient d’annoncer le retrait de ses publicités sur le site détenu par Webedia. Dans un tweet publié le 8 novembre 2017, Sofinco — filiale du Crédit agricole — a fait connaître sa participation au boycott. « En solidarité avec les personnes harcelées, nous avons suspendu nos campagnes en cours sur le site jeuxvideo.com », écrit l’entreprise.

Article original : La campagne lancée sur Twitter le 4 novembre 2017 sous le hashtag #BoycottWebedia semble commencer à atteindre son objectif ; à savoir, que les annonceurs présents sur jeuxvideo.com — propriété du groupe de médias en ligne — retirent chacun leur tour leurs publicités du site.

Interpellées au départ par Sophie Gourion, ancienne conseillère en communication du Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, différentes entreprises ont répondu favorablement à la requête de la militante féministe en rompant leur accord publicitaire avec Webedia.

6 annonceurs boycottent le site

À l’heure où ces lignes sont écrites, six marques ont confirmé leur intention d’arrêter d’annoncer sur le site, dont certains membres sont régulièrement accusés de fomenter des campagnes de cyberharcèlement. La Française des jeux, Spotify, Odalys vacances, le groupe APICIL et le groupe Pilz ont imité le choix de Barilla, première marque à avoir annoncé le retrait de sa publicité sur jeuxvideo.com.

Trois jours après le lancement du mouvement #BalanceTonForum, la militante féministe a rappelé sur son blog que son initiative n’avait pas pour objectif de faire fermer le forum, mais de demander « une modération professionnalisée, externalisée et de qualité. » Comme le fait observer Sophie Gourion, les six community managers travaillant à la modération du forum 18-25 n’ont pas les moyens de gérer les 20 000 messages qui y sont postés chaque jour.

Ces retraits successifs ne sont pas sans rappeler le boycott de l’émission « Touche Pas à Mon Poste » en mai 2017. Alors que l’animateur Cyril Hanouna se trouvait au cœur d’une polémique après la diffusion d’une séquence homophobe dans Touche pas à mon poste, des annonceurs tels que SFR et Orange, eux aussi interpellés sur Twitter, avaient décidé de boycotter l’émission.

20 000 messages d’insultes envoyés au 06 « anti-relous »

Pour rappel, la vague d’attaques sexistes attribuée à plusieurs membres du forum 18-25 de jeuxvideo.com a commencé avec l’envoi de plus de 20 000 messages d’insultes à un numéro de téléphone « anti-relous. »

Lancé fin octobre, le service qui visait à lutter contre le harcèlement de rue avait été victime de son succès. Après l’ouverture d’une cagnotte, qui devait permettre d’assurer la pérennité du service, des membres du forum ont orchestré cette attaque conjointe du numéro, contraignant ses créateurs à le désactiver.

Le 31 octobre, la journaliste Nadia Daam a pris la parole lors d’une chronique dans laquelle elle a critiqué ce type de comportements émanant du forum. À son tour, elle a alors fait l’objet d’une vague de harcèlement et cyberharcèlement.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a interpellé Webedia et Twitter dans un courrier, dénonçant « un déferlement de commentaires haineux » en provenance du controversé forum 18-25.

De son côté, le groupe Webedia a publié le 3 novembre une déclaration pour se dire « à la disposition des autorités pour confondre les auteurs de telles attaques ou menaces. » Un outil de censure par mot-clef a été mis en place par l’entreprise, avant d’être rapidement supprimé.

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