La rencontre entre Donald Trump et les plus grands dirigeants de la tech américaine (Facebook, Amazon, Google...), s'est tenue hier à New York. Le président élu s'est montré particulièrement chaleureux avec ces entreprises, qui figuraient pourtant parmi ses cibles préférées de campagne.

La rencontre était particulièrement attendue : mercredi 14 décembre, Donald Trump a reçu les plus grands dirigeants de la tech américaine au 24e étage de son fameux gratte-ciel, après avoir vivement critiqué plusieurs de ces entreprises pendant sa campagne présidentielle.

Jeff Bezos (Amazon), Tim Cook (Apple), Larry Page et Eric Schmidt (Alphabet, maison-mère de Google), Satya Nadella (Microsoft), Sheryl Sandberg (Facebook), Elon Musk (Tesla)… Les grands groupes étaient tous présents aux côtés de Trump et de son équipe de transition, menée notamment par Peter Thiel, membre du conseil d’administration de Facebook et conseiller tech du président élu.

La rencontre a duré plus d’une heure et demie

Donald Trump, qui avait appelé au boycott d’Apple après l’affaire de San Bernardino, et critiqué Amazon sur sa fiscalité, s’est voulu conciliant dès les premières minutes, ouvertes aux médias : « Les personnes présentes aujourd’hui sont géniales. Je suis là pour vous aider. Vous êtes uniques au monde. Au monde ! Nous ferons [tout ce dont le gouvernement est capable] pour vous venir en aide. »

La réunion s’est ensuite tenue à huis clos pendant un peu plus d’une heure et demie, soit plus longuement que prévu. D’après des sources anonymes interviewées par le New York Times, Trump et les leaders de la tech auraient évoqué le besoin de renforcer l’enseignement professionnel mais aussi abordé la question des relations économiques parfois compliquées avec la Chine, et de l’immigration. Autant de sujets sur lesquels Trump s’est fait particulièrement remarquer ces derniers mois.

Le président élu aurait par ailleurs manifesté son intérêt pour l’expertise de ces entreprises en matière d’analyse de données, afin de réduire les dépenses inutiles du gouvernement. Les leaders de la tech se sont bien gardés de commenter la réunion à leur sortie de la Trump Tower.

Seul Jeff Bezos, patron d’Amazon s’est fendu d’un communiqué sur cette rencontre « très productive », en expliquant :  « Je partage l’idée que l’innovation devienne l’un des piliers de cette administration. Cela permettrait de créer énormément d’emplois à travers le pays, dans tous les secteurs et pas seulement dans la tech : l’agriculture, les infrastructures, la production industrielle. »

Twitter, le grand absent de cette rencontre

Si certains médias américains ont tenté de tirer un enseignement de la disposition à table des participants — Peter Thiel était notamment assis juste à côté de Trump, à l’instar de son futur vice-président Mike Pence –, l’absence de Jack Dorsey, le patron de Twitter, n’est pas passée inaperçue. D’autant que Donald Trump est un utilisateur particulièrement féru du réseau social.

Un porte-parole du parti Républicain s’en est d’abord justifié par une explication peu convaincante : « La table n’était pas assez grande ».

Elle accueillait pourtant 25 personnes, dont trois des enfants Trump, membres de son équipe de transition. Un représentant de cette dernière s’est ensuite fendu d’une autre justification : « Ils n’ont pas été invités car ils ne sont pas assez importants [financièrement]. »

Avec une valeur financière estimée à  13,85 milliards, Twitter aurait en effet été l’invité le plus modeste, loin derrière le constructeur de voitures électriques Tesla, estimé à 31,9 milliards. Mais, selon une source citée par Reuters, cette décision tiendrait en réalité à un désaccord entre le réseau social et Donald Trump survenu au mois d’octobre. Une allégation niée par le porte-parole de l’équipe de transition.

En pleine campagne présidentielle, Twitter avait refusé une campagne publicitaire demandée par l’équipe du candidat. Elle consistait à intégrer un emoji à chaque tweet portant la mention « #CrookedHilary » (« #Hillarycorrompue », l’un de ses slogans préférés) pendant le second débat entre les deux candidats. Le réseau social avait opposé son veto, de peur que les utilisateurs l’accusent de prendre position sans réaliser qu’il s’agissait d’une campagne payée par l’équipe de Trump.

Des rencontres en comité plus réduit sont prévues à un rythme trimestriel

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