Le FBI souhaiterait accéder aux données chiffrées contenues dans l'iPhone de Dahir Adan, un étudiant en informatique d'origine somalienne qui a poignardé 10 personnes dans un centre commercial du Minnesota.

L’affaire de l’iPhone de San Bernardino s’était finie en eau de boudin sans qu’une jurisprudence ne puisse s’écrire sur l’obligation ou non qu’aurait un constructeur de téléphones à tenter de pirater les smartphones de ses propres clients, lorsque les autorités ont besoin d’y avoir accès. Mais le conflit entre Apple et le FBI pourrait reprendre.

Le magazine Wired rapporte en effet que lors d’une conférence de presse jeudi, un agent du FBI a déclaré que l’agence fédérale essayait de gagner l’accès au contenu de l’iPhone de Dahir Adan, un étudiant en informatique d’origine somalienne qui a poignardé 10 personnes dans un centre commercial du Minnesota, avant d’être abattu par la police. L’État islamique avait revendiqué cette attaque, mais les autorités américaines restent très prudentes sur le caractère terroriste de son acte, et cherchent toujours à comprendre ses motivations. Elles ont déjà analysé plus de 780 Go de données récupérées sur divers ordinateurs et appareils, ainsi que son activité sur les réseaux sociaux.

Mais comme dans l’affaire de San Bernardino, Dahir Adan avait aussi un iPhone verrouillé par un code PIN, dont le contenu ne peut pas être déchiffré sans connaître le mot de passe. Or après 10 tentatives infructueuses, le contenu du téléphone est effacé et tout espoir d’accéder aux données est vain.

Nous étudions actuellement les options légales et techniques

Dans la précédente affaire, le FBI avait finalement pu accéder aux données de l’iPhone en achetant une méthode de piratage auprès de la société israélienne Cellebrite, qui fonctionnait pour les iPhone 5c sous iOS 9. On ignore de quelle version de l’iPhone disposait Dahir Adan mais il est probable que la méthode ne fonctionne pas sur son modèle, ce qui pourrait inciter le FBI à déposer une nouvelle demande judiciaire d’assistance auprès d’Apple.

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« Nous étudions actuellement les options légales et techniques pour obtenir l’accès à cet appareil et aux données qu’il pourrait contenir », a expliqué le FBI. Si la méthode de Cellebrite ne fonctionne pas, d’autres hackers pourraient proposer leurs services. Le mois dernier, le chercheur en sécurité informatique Sergei Skorobogatov, de l’Université de Cambridge, a démontré qu’il était possible de copier à l’infini le contenu de la mémoire de l’iPhone 5c, pour ne pas craindre la réinitialisation après 10 échecs. Mais il avait expliqué que les versions ultérieures de l’iPhone posaient davantage de difficulté en raison d’une sécurité matérielle supplémentaire ajoutée par Apple sur les iPhone 6 et suivants.

Si le FBI se résout à demander en justice qu’Apple apporte son concours au piratage de son produit, la firme de Cupertino devra à nouveau expliquer pourquoi elle refuse d’aider à débloquer les iPhone de suspects de terrorisme, au nom d’intérêts supérieurs de protection de la vie privée de tous ses clients à travers le monde.

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