Après Bouygues Télécom, c'est au tour de SFR et Orange de bénéficier du feu vert de l'ARCEP pour recycler les fréquences de la bande 1800 MHz (réservée jusqu'à présent aux réseaux 2G) afin de muscler le déploiement de la 4G.

Voilà une décision qui va donner un coup de fouet à la bataille des opérateurs sur le terrain du très haut débit mobile. Tout comme Bouygues Télécom, qui a bénéficié d'une décision similaire en mars 2013, Orange et SFR vont pouvoir dès l'an prochain recycler des fréquences dans la bande 1800 MHz (réservée jusqu'à présent aux réseaux 2G) pour accélérer le déploiement de la 4G.

Le gendarme des télécoms a en effet validé la possibilité pour les deux opérateurs de recycler les fréquences de cette bande. Officiellement, cette utilisation peut débuter le 25 mai 2016. L'ARCEP souligne toutefois qu'il est possible "de demander à tout moment une levée anticipée des restrictions technologiques dans la bande 1800 MHz, s’ils souhaitent utiliser la 4G dans cette bande avant [cette] date".

UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR BOUYGUES

Pour Bouygues, c'est évidemment une mauvaise nouvelle.

L'avance dont l'opérateur a bénéficié dans la 4G en recyclant des fréquences (plutôt que de ne compter que sur le déploiement des antennes-relais) va en effet disparaître. C'est en effet grâce à cette autorisation que l'opérateur a pu se présenter pendant quelques temps comme le leader de la couverture 4G et faire jeu égal avec Orange, qui dispose pourtant d'une puissance de feu bien supérieure.

Maintenant que les principaux rivaux de Bouygues dans la 4G vont disposer des mêmes armes que lui, on peut s'attendre à une évolution du rapport de force entre les opérateurs concernant la couverture de la population.

FREE TIRE SON ÉPINGLE DU JEU

Dans cette affaire, Free est le seul opérateur à ne pas chercher à recycler des fréquences dans la bande 1800 MHz pour muscler son réseau 4G, faute d'en avoir. Cela étant, il ne repart pas bredouille pour autant : l'ARCEP exige en effet la restitution d'une partie des fréquences en contrepartie de son feu vert. Orange et SFR vont donc devoir céder une part de leurs ressources (cette condition s'est aussi appliquée à Bouygues).

Concrètement, la bande 1800 MHz sera répartie entre les opérateurs de la façon suivante :

LE RECYCLAGE, POMME DE DISCORDE

Dès le début, SFR et Orange ont été défavorables au recyclage de la bande 1800 MHz. Lorsque Bouygues s'est lancé dans cette voie, ils ont en particulier critiqué le calendrier de ré-attribution des fréquences, qui selon eux a été mis en place beaucoup trop tôt par rapport au processus d'attribution des fréquences 4G. Pour l'opérateur historique, cette décision n'était pas équitable.

L'affaire a conduit Orange à lancer des poursuites contre Bouygues pour tenter d'entraver ses projets (Bouygues avait décidé de lancer ses offres commerciales 4G en octobre 2013, bien avant tous les autres). L'ARCEP de son côté avait rappelé aux deux opérateurs qu'ils pouvaient eux aussi faire une demande de recyclage.

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