Orange, qui détient 44 % de Cloudwatt, pourrait racheter l'intégralité des parts détenues par la Caisse des dépôts et par Thales, et internaliser le prestataire de cloud souverain qu'avait voulu créer l'Etat.

Selon des informations de Channel News et des Echos, confirmées par Orange à Frenchweb, l'opérateur historique est en cours de négociations pour racheter l'intégralité des parts du prestataire de cloud souverain Cloudwatt, qui signerait un désengagement de Thales et de la Cour des dépôts. Il s'agit d'une forme d'enterrement en bonne et due forme de l'entreprise de Cloud française née en 2012, qui s'est faite connaître davantage grâce à ses publicités avec Teddy Riner qu'avec ses offres commerciales lancées très tardivement.

En rachetant à 100 % Cloudwatt, Orange devrait profiter de l'expertise réelle de l'entreprise dans la technologie OpenStack sur laquelle les fondateurs ont misé, et apporter sa propre force commerciale sans commune mesure, et sa capacité à développer l'offre, aussi bien techniquement que commercialement. Selon Channel News, la marque Cloudwatt pourrait disparaître derrière l'appellation "Cloud public d'Orange".

Actuellement, Orange détient 44 % des parts de Cloudwatt, aux côtés de la Caisse des Dépôts (33 %) et de Thales (22 %). L'entreprise avait été créée dans le cadre du grand emprunt, avec un plan pour le cloud souverain dans lequel l'Etat avait décidé d'investir près de 150 millions d'euros, mais en créant deux concurrents : Cloudwatt et Numergy.

L'hypothèse d'une fusion avec l'entité concurrente formée par Bull et SFR avait été envisagée, mais a finalement été écartée au profit d'une acquisition à 100 % par Orange, notamment en raison du propre changement d'actionnariat de Numergy (Bull a été racheté par Atos, et SFR par Numericable). L'avenir de ce dernier s'inscrit lui-même aujourd'hui en pointillé.

En début d'année dernière, Bercy avait décidé d'organiser un audit financier (officiellement demandé par Cloudwatt lui-même), sans doute pour préparer déjà un désengagement. "Après quelques centaines de milliers d’euros en 2013, son chiffre d’affaires ne devrait se chiffrer qu’à quelques millions en 2014, très loin des prévisions originelles", rapportent les Echos.

En parallèle, l'offre de cloud souverain d'OVH, opérationnelle et rentable, reste royalement ignorée par l'Etat, qui ne contrôle pas l'entreprise, ni par son actionnariat, ni par le placement d'hommes clés issus de ses rangs à la direction.

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